I.A NAIIT1CA. f.lBRO
Scopronsi in ciel le più minute stelle :
Quando la grave ed importuna nebbia Ne le valli si posa , e ’ntorno al mare Giacendosene umil, laseia serene De gli alti monti le selvose cime :
Nè men lueido e chiaro il tempo adduee La figlia di Taumante , il ricco lembo D’ ardenti ornata e coloriti fregi.
Son alto indizio ancor di certa pace In mezzo a le tempeste orride e nere I due fîgli di Leda, amiche stelle;
Si cbe se quanto a te mostran cortesi La luna, il sol, le stelle, il mar e '1 cielo Contemplerai , rare fiate incerto Sarai di quel ch’ Eolo e Giunon prepari.
Felice te , se navigare allora Sapesti , o mio nocchier, cbe di Citera, D’ Amatunta e di Pafo i sacri ternpj Laseia Ciprigna , e fra le spume scende De le salsc campagne, ove pria nacque ; Perché mentre ella in aurea conca assisa Col molle avorio de la bianca mano Allenta e stringe a le colombe il morso , Lietissimo le fan plauso e corona Le vezzose del mar candide ninfe.
Ivi mentre Galene acqueta 1’ onde , Cimodoee danzando in giro mena Erato , Galatea , Primo , Pelori Di rose il volto colorite , e ’nsieme
minces étoiles se laissent apercevoir; quand l’épais et importun brouillard se fixe dans les vallées, quand il s’affaisse humblement sur la surface des eaux , et que la cime boisée des hautes montagnes se dessine dans un ciel d’azur, attendez-vous à du calme : Iris, parée de ses riches et brillantes couleurs, amène également avec elle les beaux jours; et quand, au fort d’une horrible tempête , vous pouvez distinguer les Gémeaux, soyez certain que le temps redeviendra bientôt calme et tranquille. Ainsi, en observant tous les indices officieux que vous donnent la lune, le soleil, les étoilés, et le ciel, rarement vous serez trompé sur le sort que vous réservent Éole et Junon. Heureux le navigateur qui sait profiter des moments où Cypris quitte les temples sacrés de Cythère , d’Amathonte et de Paphos, pour descendre au sein de l’onde écornante, où jadis elle prit naissance! Tandis qu’elle est assise sur sa conque dorée , et que sa main d’ivoire dirige à son gré les colombes qui la traînent, les néréides, ravissantes de grâces et de candeur, l’entourent et lui font le plus joyeux accueil. Là, pendant que Galène apaise les ondes , Cymodocée préside aux danses que forment en rond Érato, Galatée, Primno, Péloris , au
laG LA NAUTICA. I.IBRO II.
Glauco , Teti , Cidippe, Opi , e Figea ,
Cui rieca gemma il ventilante vélo Su 1’ omero sinistro in nodo accoglie.
E cos'i baldanzose, altra di loro Di coralli a la Dea vermiglio ramo Cortese porge, ed altra a piene palme Ricchezza oriental , lapilli e perle.
Folgora ella da gli occlij, e mille intorno Fiannne avventando , i pesci in mezzo l’acqu E l’acque accende, e col celeste riso Vestir fa liete in disusata foggia Di smeraldi le piagge, e ’n dolce coro Doppiar non finto a le Sirene il eanto.
Tutti vedresti allor gli uinidi numi Scherzar lascivi e lieti ; il re superbo Deposto il fasto e 1’ alterezza, in grembo Sedersi ad Anfitrite, e Melicerta Vezzeggiar dolcemente il suo Portuno.
Vedresti il vecchio Proteo in vie più vago Aspetto che non suol , regger l’ armento De’ veloei delfin', de le balene.
Forco e Glauco vedresti il verde manto Di Iimo asperso e d’ alga , e ’l lieto arringo De’ cerulei Triton’, che innanzi vanno Spargendo il suon de le canore conche,
A cui s’ acqueta si , che ne rassembra
teint de rose, ainsi que Glaucé, Téthys, Cydippe, Opis et Ligée, vêtues d’une gaze légère qui flotte au gré des vents , et qu’une agrafe de diamants tient nouée sur une de leurs épaules. Toutes s’empressent au-devant de la déesse; l’une lui présente une brandie de corail, l’autre toutes les richesses de l’Orient , des poignées de perles et de pierres précieuses. Les yeux de la déesse lancent des traits de feu ; elle enflamme tout ce qui l’entoure, elle embrase les poissons au milieu des ondes, et jusqu’aux ondes elles-mêmes. A son céleste sourire, les plages prennent un aspect enchanteur et se couvrent de milliers d’émeraudes; les voix des sirènes redoublent de douceur et de charme. Il faut voir alors tous les dieux de la mer témoigner leur allégresse et folâtrer ensemble; le superbe Neptune, déposant le faste et l’orgueil , se pencher sur le sein d’Amphitrite , et Mélicerte prodiguer de tendres caresses à Portumnus. Il faut voir le vieux Protée, prenant les formes les plus séduisantes, conduire ses troupeaux de dauphins et de baleines. Il faut voir Forcus et Glaucus , couverts de limon et d’algue, et les Tritons, hérauts de Neptune, s’avancer gaiement avec leurs conques , dont le son mélodieux donne à la mer un calme si parfait, qu'on