‹ La navigation, poeme de Bernardino Baldi, traduit de l'italienChapitre 17 sur 41 · I.A NAUT1CA. LIBRO II · texte numérisé non relu

I.A NAUT1CA. LIBRO II

Volar per 1’ aere errando. Il vento acquoso

Destasi allor elle ’l ciel lucidi lampi

Ver gli alberghi di Borea o d’ Euro o il Ostro

Subiti accende, e quando a’ lagbi intorno

Progne veloce vola , e mormorando

]je loquaci anitrelle in su le sponde

De gli stagui e de’ fiumi in strana guisa

Braman lavarsi, e van tuffando il capo

Entro le gelid' acque : in secca arena

Spazia allor la cornice , e 1’ onda chiede

Dal ciel con roea voce : i bassi fondi

Del mar lasciando il polpo in su le rive

A le rotonde e picciolette pietre

Co’ suoi tenaci piè saldo s’ attiene :

Ee pietose alcioni in su gli scogli Coi pargoletti lor distesi i vanni ,

Del sol godonsi i rai tepidi e chiari :

Mostrano ad or ad or guizzando il curvo Do rso i lievi delfîu’ ; perché presago Di tem pesta il nocchiero o fugga o s’ armi Contra il marino orgoglio. Or chi potrebbe Narrar i segni ad un ad un , cbe il cielo Ne niostra pria clie’l mar si turbi , ed anco Dopo ch’ egli è turbato, a fin cbe surga Del braniato seren ne’ petti altrui Verde la speme? Di tranquillo e piano Aver segni possiam, quando le nubi Struggendo vansi a poco a poco, e ehiare

LA NAVIGATION. LIVRE II. Iï3

et des plumes voltiger dans les airs. Le vent pluvieux s’élève alors que le ciel allume de rapides éclairs au nord, à l’est, ou au midi, alors que l’hirondelle rase la surface des lacs par un vol rapide, et les albrans (i) criards, impatients de s’élancer dans les étangs et dans les fleuves , s’agitent en murmurant sur leurs bords, et vont enfin se plonger la tète dans l’eau. La corneille *se promène sur le sable et, par ses cris aigus, appelle la pluie; le polype, quittant les bas-fonds de la mer, s’accroche avec ses pattes tenaces aux cailloux répandus sur le rivage; les touchants alcyons et leurs petits étendent leurs ailes aux rayons ardents du soleil sur le sommet des rochers; les légers dauphins, se jouant dans l’eau, montrent de temps en temps leur dos courbé.

Tout cela est un présage de tempête, et il faut que le marin s’apprête à fuir ou à combattre la colère des flots. Enfin , qui pourrait dire par combien de signes le ciel , avant et même après l’orage, annonce le temps serein et ranime l'espérance dans le cœur des matelots? Quand les nuages se dissipent petit à petit et que les plus

(i) Jeunes canards sauvages.

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