I.A NAUT1CA. LIBRO II
Volar per 1’ aere errando. Il vento acquoso
Destasi allor elle ’l ciel lucidi lampi
Ver gli alberghi di Borea o d’ Euro o il Ostro
Subiti accende, e quando a’ lagbi intorno
Progne veloce vola , e mormorando
]je loquaci anitrelle in su le sponde
De gli stagui e de’ fiumi in strana guisa
Braman lavarsi, e van tuffando il capo
Entro le gelid' acque : in secca arena
Spazia allor la cornice , e 1’ onda chiede
Dal ciel con roea voce : i bassi fondi
Del mar lasciando il polpo in su le rive
A le rotonde e picciolette pietre
Co’ suoi tenaci piè saldo s’ attiene :
Ee pietose alcioni in su gli scogli Coi pargoletti lor distesi i vanni ,
Del sol godonsi i rai tepidi e chiari :
Mostrano ad or ad or guizzando il curvo Do rso i lievi delfîu’ ; perché presago Di tem pesta il nocchiero o fugga o s’ armi Contra il marino orgoglio. Or chi potrebbe Narrar i segni ad un ad un , cbe il cielo Ne niostra pria clie’l mar si turbi , ed anco Dopo ch’ egli è turbato, a fin cbe surga Del braniato seren ne’ petti altrui Verde la speme? Di tranquillo e piano Aver segni possiam, quando le nubi Struggendo vansi a poco a poco, e ehiare
LA NAVIGATION. LIVRE II. Iï3
et des plumes voltiger dans les airs. Le vent pluvieux s’élève alors que le ciel allume de rapides éclairs au nord, à l’est, ou au midi, alors que l’hirondelle rase la surface des lacs par un vol rapide, et les albrans (i) criards, impatients de s’élancer dans les étangs et dans les fleuves , s’agitent en murmurant sur leurs bords, et vont enfin se plonger la tète dans l’eau. La corneille *se promène sur le sable et, par ses cris aigus, appelle la pluie; le polype, quittant les bas-fonds de la mer, s’accroche avec ses pattes tenaces aux cailloux répandus sur le rivage; les touchants alcyons et leurs petits étendent leurs ailes aux rayons ardents du soleil sur le sommet des rochers; les légers dauphins, se jouant dans l’eau, montrent de temps en temps leur dos courbé.
Tout cela est un présage de tempête, et il faut que le marin s’apprête à fuir ou à combattre la colère des flots. Enfin , qui pourrait dire par combien de signes le ciel , avant et même après l’orage, annonce le temps serein et ranime l'espérance dans le cœur des matelots? Quand les nuages se dissipent petit à petit et que les plus
(i) Jeunes canards sauvages.