LA NALTICA. 1.1 BRO IV
Nel ferro infonder puù, s’avvien clie’I ferro Non ingrato aniatore a lei concéda Il desiato bacio, e con gli amplessi De l'occulto poter seco si giunga.
Se poi brami saper quant’ ampio spazio Del mondo che in gran parte a voi si cela , Altri debba scoprir , preso per duce fl sasso ch’ io ti porgo, odi quel ch’ io Sentii Proteo cantar (corsa è la voce Di lui, mentre poc’anzi a l’ombra assiso Di quella grande e cavernosa pietra Che vicina vedesti, egli pascea Del Dio de 1 onde il nunieroso armento.) Udite, udite, o numi, egli dicea,
Clic del regno del mar siete consorti ,
Udite quel che indovinando spiega,
Proteo, mentre nel cupo egli s’interna De le future etati : io veggio, o parmi,
Anzi pur veggio, ancor che il veglio alato Debba, pria che tant’ opra egli riveli,
Molti lustri adunar, pura colomba,
Che ne’ Liguri monti avra suo nido,
Con intrepido core in guisa l’ ale Yeloci dispiegar per dubbio cielo ,
Che non temendo fremito di vento,
Non lunghezza di volo, o famé, o quale Più rechi altrui spavento alto periglio;
I due segni d’Alcide anguste e vil i Mete stimando , lascerassi a tergo 1/ isole che nomo l’antica etate
« le fer, en amant reconnaissant, lui donne le
« baiser qu’elle attend , et par un pouvoir secret « s’unit étroitement à elle. Si tu veux connaître , « en outre, tout le vaste espace du monde qui « se dérobe aujourd’hui aux regards des mortels « et qu’ils doivent découvrir un jour en prenant « pour guide la pierre que je te présente, écoute « ce que chantait tout à l’heure la voix de Protée, « qui , assis à l’ombre de ces cavernes spacieuses
« que tu viens de voir, faisait paître les nombreux
« troupeaux de Neptune. Ecoutez, écoutez, di- « sait-il, déesses qui participez à l’empire des mers, « écoutez la prédiction de Protée, pendant qu’il « s’enfonce dans l’abîme des âges futurs. Je vois « (peut-être n'est-ce qu’une apparence), mais non, « et bien que le vieillard ailé ne doive révéler une « si grande merveille qu’après avoir accumulé « plusieurs lustres, je vois une pure colombe qui « habitera dans les montagnes de la Ligurie, dé- « ployer ses ailes par un ciel douteux et prendre « un essor si hardi que, ne craignant ni la fureur « des vents, ni l’étendue de son vol, ni la faim, « ni les périls les plus propres à épouvanter ; dé- « daignant comme de trop étroites limites les « deux colonnes d’Alcide, elle laissera bien loin « ces îles auxquelles les anciens donnèrent le nom
LA NAUT1CA. 1.1BRO JV.
Or sacre ed or felici, or di fortnna.
Segui pur forte il glorioso volo ,
Segui, non paventar, che’n fin del volo Fortuna il tuo pensier fia clie seconde.
Già già seguir la tua fedele scorta Veggio intrepida gente, che lasciando I dolci pegni ne l’Esperia, e’1 nido Nativo, al vasto mare, a Fonda insana Coraggiosa s’espone : oh quante io scorgo Genti domar non più vedute, e quante Giuste leggi apportar costumi ed arti !
Oh quattro volte e sei felici régi,
Ch’eletti a s\ grand’ opre il ciel riserba!
Oh te felice, o fortunato a pieno D’ augusto genitore augusto figlio,
Ch’avrai dal ciel col senno e con la destra Non sol regger l’Iberia, e di più regni Far uniti e congiunti un regno solo;
Ma di tener ancor col ciglio a freno Quei popoli ch’ or sotto ignoto cielo,
Sotto incognito clima il mar circonda!
Corne oh stupide allor sarete, o ninfe,
Che le vele mirando e le dipinte Prore non viste pria ne’ vostri regni , Fender vedrete i liquidi sentieri!
Quanta avverrà che maraviglia ingombri Gli animi vostri, o semplicette genti , Quando straniero e non atteso stuolo,
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«de Fortunées. Poursuis. doue courageusement « ton vol glorieux, oui, poursuis-le sans t’effrayer : « au terme de ce vol , la fortune secondera tes « vœux. Déjà je vois ta lidèle escorte suivie d’un « peuple intrépide, qui, laissant dans l’Hespérie « les gages les plus doux de ses affections , aban- « donnant le sol natal, court avec enthousiasme « s'exposer aux flots capricieux de l’Océan, .le « vois des nations vaincues disparaître de la terre , « des lois équitables amener les mœurs et les arts. « Ah! dix fois heureux les rois à qui le ciel ré- « serve de si glorieuses destinées! Et toi , illustre « fils d’un auguste monarque, de quelle prospé- « rité la fortune ne te comblera-t-elle pas, toi, « dont la sagesse et le bras sont appelés à gou- « verner, non-seulement l’Ibérie, et à former un « seul empire de plusieurs royaumes réunis, mais « aussi à soumettre sous ton obéissance ces peu- « pies que la mer environne sous des climats au- « jourd’hui inconnus ! Quel sera alors votre éton- « nement, ô nymphes, quand pour la première « fois vous verrez dans vos domaines de magni- « fiques vaisseaux fendre les sentiers liquides! Et « vous, peuples simples et naïfs, quel saisissement « s’emparera de vos cœurs , quand des troupes «d’étrangers, couvertes et étincelantes de fer,
•xfyx l-A NAIJTICA. 1.1 BRO IV.
Cinto di tereo e lueidq métallo,
Vi turberà i riposi, e ’n vostro danno Oprerà l’arme, e'I folgore di Giove!
Clie più deggio scoprir? quel die non vide Mai per l’addietro il sol, ehe’l tutto scorge, Vedrà in quei tempi : ei vedrà, dico, audare Legno drizzar dietro al suo earro il volo Veloce si , elle misurata intorno Ne fia, stupore a quei che indi verranno,
De l’ ampia terra la rotonda mole.
Qui fini Proteo; e già 1’ au rata fronte Discopria Febo mattutino, e’I mare Da dolei aure increspato in mille guise Col tremulo splendor gli occlij ofïendea ; Quando con lieve e repentino salto Attuflowisi dentro ; onde cedendo Al grave corpo suo spuinose l’ acque Strepito diero, e si levaro in alto.
Cos'i la ninfa; e’n tanto lui, che grazie Le rendea per lo dono a lui eoncesso, Tornando a riealear le stesse vie,
Guidô di novo a riveder le stelle.
Ma troppo dal mio fin lunge m’ lia scorto, Flavio, la tua memoria, or eli’ io devrei , Giunto eol legno a la materna riva,
Spiegare al mio nocchier tutti quei pregi ,
Di ch’ ella ha copia. Ma chi fia s'i folle,
« viendront inopinément troubler la paix de vos « demeures, et porter la destruction parmi vous « avec le glaive et la foudre de Jupiter! Que me « faut-il prédire de plus? Le soleil qui voit tout « verra dans ces temps éloignés un prodige dont « jamais jusqu’alors il n’avait été témoin : il verra, «dis-je, derrière son char un navire audacieux « prendre un essor assez rapide pour permettre « de mesurer, à l’étonnement de la postérité, le « tour immense du globe terrestre. Ici s’arrêta « Protée; et déjà Phœbus, aux portes du matin, « découvrait son front doré ; déjà la mer , ridée « par un doux zéphyr, frappait la vue de son éclat «vacillant, quand, d’un saut léger, le dieu se « précipita dans les ondes qui , cédant au poids « de son corps, jaillirent en l’air avec bruit et se « couvrirent d’écume. »
La nymphe cessa de parler; et pendant que Flavio lui rendait grâces pour le don qu’elle lui avait fait, elle le reconduisait par les mêmes sentiers et le rendait à la lumière des cieux.
Mais ton souvenir, ô Flavio, m’a trop écarté de mon sujet; et maintenant que mon navire a touché aux côtesde ma patrie, il me resterait à indiquer tous les biens dont elle est comblée. Toutefois, quel serait l’homme assez insensé, assez téméraire
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Ch’ osi tentar d annoverar l’arene Di Libia, e 1’ onde elle cruccioso in vista Move il padre oceano ; o narrai' quante Frondi scuota Aquilon da balte selve Ne la stagion elle ne radduee il gelo?
Tacciansi pur di Gargaro e d’ Egitto 1 grassi campi e le feeonde piagge :
Tacciansi pur le dilettose rive,
L’aeque e 1’ ombre di Tempe e di Peneo,
Nè per l’aurate arene Ibero ed Ermo Corrano altieri, o l’ingemmato Idaspe.
Terra non sia f’ra quante illustra il sole, Traquante il vasto mar bagua ed abbraccia, Che teco, Italia mia, d’ onor eontenda.
Credasi al saggio veglio , a oui l’ impero Del mondo, de le stelle il figlio toise,
Che schivando il suo sdegno in te s’ ascose , Italia , e’ n te godendo in pace visse.
Credasi a tanti popoli , che i seggi Proprii lasciarne a gli Arcadi, a’ Pelasgi, A’Greci, a’Lidi, a’Frigi, onde tu, lloina 1/ origine traesti, e tanto in alto Il eapo ergesti già, ch a la tua gloria
pour essayer de compter les sables de la Libye et les vagues furieuses de l’Océan , ou pour rapporter combien de feuilles s’échappent des forêts à l’époque où l’aquilon ramène les frimas? Qu’011 cesse donc de nous parler des gras pâturages et des terres fécondes du Gargare (1) et de l’Égypte; qu’on cesse de nous parler des ombrages de Tempé, des rives délicieuses du fleuve Pénée : que l’Ebre, que l’Hermus, que l’Hydaspe cessent de rouler avec orgueil leurs sables d’or, leurs pierres précieuses. De toutes les contrées qu'éclaire le soleil , de toutes celles que baigne et embrasse l’Océan, il n’en est pas une seule, ù mon Italie, qui puisse rivaliser de gloire avec toi. Témoin le sage vieillard (2) à qui son fils enleva l’empire des cieux et de la terre, et qui, fuyant sa fureur, vint se réfugier dans ton sein, y goûter le repos. Témoin tant de peuples qui abandonnèrent pour toi leurs propres foyers, les Areadiens, les Pélasges, les Grecs, les Lydiens et les Phrygiens, à qui tu dus ton origine, ô Rome, toi dont la tète s’éleva si haut jadis, que ta gloire pa-
(1) Montagne de la Troade, près du mont Ida, extrêmement connue par sa fertilité.
(a) Saturne.
LA NAUT1CA. L1BKO IV.
Sembraro angusti i termini del cielo.
Ma perche più m’allungo? lte t'elici ,
Voi che ’l mio dir gradiste, ite felui,
K i miei Consigli entro la mente sculti ,
Securi ornai del mar solcate 1 onde.
Quest’ è quant’ io d’ intorno a 1’ arte audace Mostrar cantando al marinar tentai.
Quest’ è quanto ne scrissi, e’nsieme accolsi, Mentre a pena vestito anco la guancia De’ primi fior’ là sovra il patrio fiume Ne 1' o/.io de le muse i di traea.
Dunque , Nettuno , a te , poi che lo staneo fjegno ho già in porto, umilemente in voto Læ vele saero e i remi, ed a voi, dive Sorelle , il cui favor prestommi il canto,
T; eburno plettro e ’l cavo legno appendo.