REMARQUES SUR LE TRACÉ
Avant d'entrer dans d’autres détails, nous tenons à faire observer qu’il est un autre tracé offrant, s’il faut en croire les colons du lac St. Jean, beaucoup moins de difficultés sous tous rapports. Ce tracé ne serait ni plus ni moins quo celui du chemin de colonisation du lac St. Jean.
On dit qu'il présente beaucoup moins
d'obstacles que le tracé indiqué et ex-
ploré par M. Casgrain et M. Sullivan.
Entre autres avantages, il nécessiterait beaucoup moins de ponts et d'ouvrages
en charpente et, passant presque tout le temps sur l’arête d’une colline, aurait moins à souffrir de l’accumulation de la neige.
Ce tracé est au nord-est de celui de M.
Casgrain. Il en existe un autre, pré’érable à tous, au sud-ouest. En partart de Roquemont, ce tracé suit la direction ouest jusqu'anx environs du confluent de la rivière Meguik avec ia Grande Rivière Batiscan, d'où il suit en remontant, le cours de cette dernière sai a les bords
du lac Edouard et d’autres cours d’eau pour atteindre en droite ligne le lac St.
Jran entre St. Jérôme et St. Louis.
‘Ce tracé a l'immense avantage de traverser un pays beaucoup moins montagneux et beaucoup plus fertile que la région traversée par la ligne de M. Cas.
grain. Des gens qui connaissent personnellement les lieux nous assurent aussi que toute la contrée dans laquelle passerait le tracé du Lac Edouard se compose de magnifiques terres, on ne peut plus propres à l’agriculture et à la colonisation, et que toute cette région est couverte de magnifiques forêts de pin, d'épinette, de merisier et d’autres bois propres à l'exportation.
Ce tracé nous paraît donc de beaucoup le plus avantageux sous tous rapports. Il allongerait un peu le chemin, mais cela est compensé par l'égalité du sol, qui n'offre pas à la construction d’un chemin de fer. les difficultés qui se rencontrent dans les montagnes et les bas fonds sur le tracé de M. Casgrain. Nous croyons donc que le tracé du lac Edouard devrait ètre adopté de préférence et exploré immédiatement.
Si le gouvernement veut faire quelque chose pour les colons du lac St. Jean, comme nous sommes convaincu qu'il le veut, nous le prions de faire examiner ces tracés, non par un arpenteur, mais par un bon ingénieur. S'il nous était permis de proposer un nom, nous donnerions, comme représentant assurément l’homme de beaucoup mieux qualifié pour remplir cette importante mission, celui de M. le colonel Farjina. Outre que ce Monsieur est un ingénieur de la plus haute capa.
cité, il à vu fonctionner et même aidé à faire les ouvrages de génie de chemins de fer à voie étroite dans son pays, la Russie. Il a aussi vu, pendant qu'il était employé comme ingénieur sur le chemin de fer du Pacifique américain, les lignes à voie étroite de Colorado City et Golden et de Denver et Rio Grande, chemins qui sont construits, surtout le premier, en des endroits pour le moins aussi difficiles que nos Laurentides. Nous serious donc très heureux, dans l'intérêt de l’entreprise, de le voir chargé de faire un rapport sur la construction et le choix du tracé du chemin projeté et si nécessaire, de Québec au lac St. Jean,
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