Id., n
Nous classerons donc en deux catégories distinctes les sujets mythologiques et les sujets familiers ou comiques. Une troisième catégorie mérite une attention particulière : ce sont les sujets purement funéraires où l’on peut trouver quelque allusion aux rites et aux croyances des anciens.
I. Sujets mythologiques. — Nous répéterons au sujet de la collection de Myrina la remarque qui a été faite sur d’autres centres de fabrication asiatique 1 : c’est que les grandes divinités de l’Olympe ne sont pas celles qui paraissent avoir joui de la faveur populaire. Zeus, Poséidon, Arès ne s’y trouvent pas une seule fois. Héra et Athéné ne sont représentées que par deux figurines 2; Hermès n’y figure aussi qu’une fois 3. Apollon lui-même ne se rencontre que très rarement 4, bien que le sanctuaire d’Apollon Grynien, un des plus anciens et des plus renommés de l’Asie, fût tout proche de Myrina 5 et quoique la ville eût mis l’effigie du dieu sur ses monnaies; sa sœur Artémis n’est guère plus favorisée 6. Ce fait est remarquable et prouve que le travail de syncrétisme mythologique qui a suivi en Asie les conquêtes d’Alexandre, l’union des dieux de la Grèce avec les divinités orientales, avait laissé la prépondérance aux cultes d’origine asiatique, ceux d’Aphrodite et de Dionysos; les formes en sont toutes empruntées à la Grèce, mais le fond en est oriental 7. Voici d’ailleurs le relevé des figurines, dans la collection du Louvre, où nous reconnaissons des divinités et des personnages mythologiques :
Éros. .
Aphrodite
Niké
L Cf. Heuzey, Gazette des Beaux-Arts, nov. 1 876, p. 402, Les terres cuites de Tarse; v. aussi la Conclusion de M. Cartault dans la Collection Lecuyer.