Id., n
5. Le chiffre indiqué ici pour les Éros et les Sirènes, d’après la collection du Louvre, est très faible par rapport à la quantité réelle de ces monuments, dont on a trouvé plusieurs centaines dans la nécropole. On s’est contenté d’en faire un choix pour le Musée.
6. Cf. Stephani, Compte-Rendu de Saint-Pétersbourg p. 1866, p. 56 et suiv.; 1870, p. 146-155; 1880, p. 103-105; Schrader, Die Sirenen nach ihrer Bedeutung und hünstlerischen Darstellung im Alterthum, p. 86-95; Brueckner, Attische Grabstelen , p. 26-32.
instrument était un accessoire usité dans les cérémonies funéraires l. Ici elles se présentent sous un aspect particulier qui exprime encore mieux leur rôle symbolique. Leurs cheveux dénoués tombent sur leurs épaules et elles les saisissent de la main droite comme pour les arracher dans un accès de douleur 2 : c’est aussi le geste consacré dans les scènes de ^p'i0s7i; que représentent quelques vases peints ou des plaques peintes de terre cuite 3. Le sens n’en est donc pas douteux. Le type de ces divinités est toujours le même: les ailes pendent de chaque côté; le corps nu, semblable à celui de la femme, se termine en pattes d’oiseau. On a constaté dans un grand nombre de tombeaux la présence de ces figurines : quelques-uns en contenaient jusqu’à 20 ou 25 réunies. Elles proviennent évidemment des offrandes des parents au mort et symbolisent, dans la cérémonie funéraire, les regrets des assistants.
La collection comprend une série plus nombreuse encore de statuettes qu’au premier abord on prendrait simplement pour des Eros, mais qui paraissent avoir une signification plus particulière. Elles se présentent la plupart sous la forme d’un enfant drapé, la tête baissée, souvent voilée, la bouche à demi cachée sous un pli du voile dont l’extrémité retombe sur l’épaule et est retenue dans la main droite 4. L’attitude est toujours raide, les jambes nues sont jointes, les bras ne font qu’un avec le corps; le travail est souvent médiocre ou même grossier; on sent qu’il s’agit là d’ex-voto religieux qu’on fabriquait au moule en grande quantité, sans se donner la peine de les retoucher. Ce type uniforme est, en effet, représenté par des centaines d’exemplaires : certains tombeaux en contenaient jusqu’à 30 et 40 réunis, le plus souvent mêlés aux Sirènes dont nous avons montré le caractère symbolique et funéraire. Parfois le travail de ces figurines est plus soigné et l’attitude moins raide 5; la tête penchée sur l’épaule droite, les jambes détachées et écartées, elles sem-
1. On on voit des exemples sur les peintures de vases : Benndorf, Griechiiche und Sicilischc Vasenbilder, pi. 3 4; E. Poltier, Étude sur les lécythes blancs altiques , p. 63, 64 et pl. 4; Annali. dell’ Jnstiluto, 1864, pl. OP. Cependant la flûte est encore plus usitée.