‹ La nécropole de MyrinaChapitre 116 sur 488 · Id., n03 2 88 à · texte numérisé non relu

Id., n03 2 88 à

rite de main. Nous n’en citerons comme exemple qu’un petit groupe dont l'analogue existe en Grimée, sous une forme rude et grossière l; la comparaison des deux groupes est tout à l’avantage des artistes de Myrina. C’est un enfant assis et tenant dans sa main une grappe de raisin qu’un coq placé à gauclie s’efforce d’attraper. Rien de charmant comme le mouvement du petit garçon qui se retire vivement en arrière, à moitié riant, à moitié peureux, pendant que l’oiseau se précipite hardiment en avant, le bec tendu vers sa proie; c’est un petit chef-d’œuvre d’esprit et de grâce 2.

3° Reproduction des motifs célèbres de la sculpture. — Un des caractères distinctifs de l’art hellénistique, pendant les trois premiers siècles avant l’ère chrétienne et même sous l’Empire, est de créer une foule de répliques des œuvres connues de la plastique. Les artistes étaient encouragés dans cette voie par deux motifs : une certaine décadence de l’art qui produisait peu de types nouveaux, et de plus le besoin de satisfaire promptement aux exigences des princes et des riches citoyens qui voulaient décorer les édifices publics ou leurs maisons. Les cours des Attales, d’Antiochus Épiphane, de Ptolémée II, deviennent des centres de production abondante où les artistes travaillent vite pour répondre aux demandes des puissants personnages qui les protègent. Ils emploient alors leur prodigieuse habileté de main à reproduire sans frais d’imagination les œuvres antérieures de la plastique. C’est à cette mode que nous devons la plupart des copies de marbres célèbres qui enrichissent nos Musées. Le Discobole de Myron, le Diadumèno de Polyclète, l’Apollon Musagète de Scopas, l’Aphrodite nue, le Satyre et l’Apollon Sauroctone de Praxitèle, l’IIercule et l’Apoxyomène de Lysippe, pour ne citer que les plus fameux, nous sont ainsi parvenus grâce à des répliques à peu près fidèles.

Il est naturel que les coroplastes aient usé du même procédé; on le remarque aussi sur les vases peints, sur les petits bronzes et sur les monnaies. Ces quatre variétés de l’art industriel des anciens sont une mine précieuse de documents pour la connais-

1. Compte-Rendu de Saint-Pétersbourg p. 1868, Atlas, pl. ni, n° 18.

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