‹ La nécropole de MyrinaChapitre 13 sur 488 · Imhoof-Blumer, Monnaies grecques, 1883, p · texte numérisé non relu

Imhoof-Blumer, Monnaies grecques, 1883, p

tvpe de ces pièces permettait de les attribuer à une ville voisine de Cymé. « Le fleuve dont la tête figure au droit des monnaies de Tisna, écrit-il, est sans doute le TI2NAI05, qui, quelques siècles après rémission de ces petits bronzes, est mentionné avec l’orthographe T I T N A I O C sur des monnaies d’Ægae à l’effigie de L. Verus et de Trajan Dèce. » Le nom de Titanus, dans Pline, serait la corruption de Tisna ou Tisnai. M. Imhoof n’est d’ailleurs pas disposé à admettre, avec M. Ramsay et nous L l’identification du Titnaios et du Pytliicus, mais il nous semble que cette hypothèse est la seule qui se concilie avec les textes et avec l’hydrographie des environs de Cymé.

Dans le second passage relatif à Myrina, Pline, parlant des huîtres, dit qu’ « on les rencontre également dans des endroits rocheux et où les eaux douces n’arrivent pas, témoin les environs de Grynium et de Myrina 2. » Myrina était à Temhouchure d’une rivière, mais les eaux douces du Pytliicus, se répandant dans le golfe actuel d’Ali-Aga, ne pouvaient parvenir sur la côte rocheuse qui s’étend plus au nord entre Myrina et Grynium.

Le chemin que suit Strabon en se dirigeant de Smyrne vers Pergame, et en énumérant les villes intermédiaires de Larissa, Cymé, Myrina, Grynium et Élaea, a été décrit aussi par Aristide le Rhéteur, au début de son cinquième Discours Sacré. Un été, comme il souffrait de maux d’estomac et de sueurs, Aristide, qui habitait Smyrne, reçut du dieu l’ordre de partir pour Pergame. Myrina était le terme fixé pour sa première étape; il y envoya à l’avance ses bagages et ses gens et attendit dans un faubourg de Smyrne que la chaleur du jour fût passée. Vers le coucher du soleil (sept heures du soir), il atteignit l’auberge voisine du gué de l’Hermus; mais le gîte lui semblant trop incommode, il résolut, malgré l’heure avancée, de continuer sa route. Il traversa le fleuve et passa par Larissa à la fin de la soirée. Un peu après minuit, il arrive à Cymé, mais y trouve portes closes et ne s’y arrête pas. Au

1. Journal o f Hellcnic Studios, 1881, II, p. 296; Bulletin de Correspondance Hellénique, 1882, VI, p. 206.

2. Pline, Histoire naturelle, XXXII, 21 (6) : « Gaudent dulcibus aquis... gignuntur tamen et in pctrosis carcntibusque aquarum dulcium adventu, sicut circa Grynium et Myrinam. »

TOPOGRAPHIE DE MYRINA

premier chant du coq, il est à Myrina (vers trois heures et demie du matin), où il éprouve toutes les peines du monde à se faire ouvrir une maison. Voyant paraître l’étoile du matin pendant qu’il s’installait, il ne veut point dormir en plein jour, mais part immédiatement pour le temple d’Apollon à Grynium où il avait coutume de s’arrêter toutes les fois qu’il faisait le trajet de Pergame à Smyrne. De Grynium, il va le même jour à Élaea et y passe la nuit. Le lendemain enfin, il entre à Pergame h

Ce récit s’accorde en substance avec les distances directes indiquées par Strabon et les données numériques plus fortes de la Table de Peutinger, qui place Cymé et Marinna (Myrina) sur la route de Smyrne à Pergame 1 2, comptant neuf milles entre Myrina et Cymé, douze entre Myrina et Élaea, et seize entre Élaea et Pergame. La route de l’itinéraire romain ne diffère pas beaucoup de celle que l’on suit encore aujourd’hui : on passe un peu à l’est de Cymé et Ton traverse le Kodja-Tchaï à quelque distance en amont de Myrina, pour n’atteindre le bord de la mer qu’aux environs de Grynium.

Les autres textes antiques relatifs à Myrina ne nous donnent aucun renseignement nouveau sur sa position géographique 3 4. L’identification de cette ville avec Ivalabassary ne comporte d’ailleurs aucun doute, et si elle n’a pas été généralement admise jusqu’à présent, cela tient seulement à l’imperfection des cartes modernes qui, figurant cette partie de l’Eolide, font aboutir une rivière à Ali-Aga.

La partie méridionale de l’Éolide a été très rarement visitée b

1. Aristide le Rhéteur, ’lepûv ).6ywv nip-nr oç, éd. d’Oxford, t. II, p. 565; éd. Dindorl', t. I, p. 534. Cf. Ramsay, Journal of Hcllenic Studies , II, p. 44 et suiv.

2. Cette route a été construite en 129 av. J.-C. par M\ Aquillius. Cf. Pottier et ilauvette-Besnault, Bulletin de Corresp. Hellénique, 1880, îv, p. 379, et Ramsa y, Journal of Hellenic Studies, II, p. 45. Deux milliaires placés sur la route près d’Élaea ont été publiés dans le Moucreïov T/j; Eùc/.yyù.. ery'oHjç, 1875-76, p. 14.

3. Scylax, p. 37 : Msrà IIitkvvjv, ’EXodct, r pûvstov, ’A-/caûv hf r. oliç M vpiva. v.ai Kvu.n

•/.OÙ Hpjv. — Ptolémée, V, 2, 6 : Aioltcfo;, Kai vh üxpx, riiT«vvj, Katxc/v noTxpoô IxêoXai, ui -, :r,yxl r oô TzorupLoü, 'Elata, Mùpivcc, "Y S pu. a/.pa, Kvp.n, — Estiennc de Byzance s. v. : M 0otv«

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4. Leake énumérait les villes de Leucé, Cymé, Ægae, Myrina, parmi celles dont la position n’avait pas encore été fixée exactement (Asia Minor, p. 270). Cf. Ramsay, Journal of Hellenic Studies, II, p. 272.

Dans la marge de deux manuscrits de Strabon, à Florence et à Paris, on lit la note suivante de Cyriaque d’Ancône : K up».axô; S’êyw

a’jToç aevacù MupiVïi; xai Kupjç I; toc tou auTOu ’AtcoXXwvo; cspou èpslTia êv tû Û7T£:y.£ca£vcp XiOcp tïjç 7uu>.y)ç [/.eyÎGTOiç xal xaXXiG toi; ypà;auaci -a>.acoiç to§£ to otl-

ypau.pca eüpov ArTOAAflNI XPH5THPini OIAETAIP02 ATTAAOY b

Cette inscription, qui a été reproduite dans le Corpus , a disparu; Boeckk a remarqué qu’elle ne pouvait provenir de Grynium, qui n’est pas située entre Cymé et Myrina, mais au-delà de cette dernière ville 2. Toutefois, il n’est pas impossible qu’à l’époque où voyageait Cyriaque le nom de Myrina ait été donné à Tcbandarly, l’ancienne Pitane, et alors l’emplacement visité par le voyageur italien pourrait bien correspondre en effet à celui de Grynium 3. Texier se contente de dire 4 que « la ville de Myrina avait un port et un arsenal dont les vestiges ont disparu sous les alluvions. » Il prétend que les ruines de Grynium ont été dévastées au mois d’avril 1835 par les Grecs de Ménémen, qui construisaient une église; mais les renseignements qu’il donne à cet égard paraissent reposer sur une confusion entre les ruines de Grynium et celles de Cymé. Plus voisine de Ménémen, et certainement plus riche en monuments, c’est cette dernière ville qui devait attirer les ouvriers grecs en quête de marbres pour leurs constructions. Nous possédons d’ailleurs, sur ce point, le témoignage précis d’Arundell, qui passa par Ménémen en 1830 5 :

« Dans une chambre soigneusement fermée de la maison d’école, on nous montra une quantité de marbres de couleur et l’on nous parla d’une statue équestre enterrée sous le pavé de la cour. Ces fragments, ainsi que les ins-

L Tzchuke, dans une note de la traduction française de Strabon, 1814, t. IV, p. 236, note 1; Texier, Descr. de l'Asie -Mineure, II, p. 243, et Asie- Mineure , p. 224; G. Müller, dans le Strabon île Didot, p. 1026, col. 2, d’après le Mediceus plut. 28, 13 et le Parisiensis 1394.

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