‹ La nécropole de MyrinaChapitre 130 sur 488 · Id., n03 218, 230 à · texte numérisé non relu

Id., n03 218, 230 à

spécimens de femmes drapées et embéguinées qui rappellent beaucoup le motif favori des artistes de Tanagre h Mais, comme l’a remarqué M. Kékulé pour la Sicile 2, on relève aussi dans les produits de ces fabriques certaines différences de style, certaines modifications dans les accessoires, qui, en les considérant de près, atténuent beaucoup dans ces statuettes la ressemblance avec les figurines béotiennes ; elles s’en distinguent par un caractère plus personnel, par une forme plus précise et plus serrée en Sicile, par une grâce un peu plus molle en Cyrénaïque, par une lourdeur et une maladresse gauche en Italie et en Crimée. C’est, il nous semble, à Myrina que l’imitation est surtout remarquable par la fidélité de la copie et la finesse de l’exécution. Le travail do la tête et des cheveux, la souplesse des étoffes, la pose coquette de l’ensemble, permettent do placer certaines figures de femmes drapées à côté des meilleures productions de Tanagre, sans trop craindre la comparaison. On peut assimiler aussi au sujet connu des cueilleuses de fleurs ou des joueuses d’osselets une charmante composition qui figure dans une série de statuettes, toutes de style tanagréen, formant une sorte de fronton 3. C’est une jeune fille agenouillée qui verse le contenu d’un alabastre sur un petit vase à pied renfermant des herbes et des fruits : la chevelure, nouée derrière la tête, laisse échapper de longues tresses qui retombent sur les épaules ; le profil pur du visage est empreint d’une expression toute virginale ; le modelé du corps et des bras nus, l’élégante simplicité du costume, le naturel de l’attitude donnent à cette figurine une grâce vraiment attique 4. Elle forme un contraste frappant avec les oeuvres proprement asiatiques, les robustes Nikés et les turbulents Éros auxquels nous ont habitués les coroplastes de Myrina.

Notons pourtant une figure dans laquelle nous croyons saisir la transformation d’un sujet de Tanagre, adapté à un style différent et

]. Cf. Ileuzey, Figurines antiques du Musée du Louvre, pl. 41 à 55; Stephani, Compte-Rendu de Saint-Pétersbourg p.1859, Atlas, pl. 4, n°4; 1870, pl. 3, nos 2, 4; Biardot, Terres cuites grecques funèbres, Atlas, pl. 30, n° 3; pl. 31; pl. 33, n° 3; pl. 35, n°M, 3; pl. 37, n° 1; pl. 38, n° 2; Panofka, Terracotten des koniglichen Muséums zu Berlin, pl. 38 à 40 ; Kékulé, Terracotten von Sicilien, pl. 29 et suiv., etc.

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