‹ La nécropole de MyrinaChapitre 131 sur 488 · Id., n · texte numérisé non relu

Id., n

propre à la fabrique asiatique. C’est une femme qui marche la tête levée, le cou tendu comme pour faire effort, les bras ramenés derrière le dos, dans l’attitude connue des figurines de Tanagre qui représentent probablement le jeu de Yencotylé h Trois petits trous pratiqués dans le dos de la statuette montrent qu’en effet elle portait un personnage ou quelque objet pesant qui a disparu 2. Le costume n’est pas du tout tanagréen : cette statuette fait partie de la série des Nikés qu’on a trouvées dans un même tombeau 3 et elle est vêtue comme elles de la tunique dorienne ouverte sur le côté et sur la jambe droite, aux plis gonflés et traînants. C’est un sujet tanagréen, babillé à la myrinéenne.

Cette modification est jusqu’à présent unique. Partout ailleurs il semble que les coroplastes se soient attachés à reproduire avec la plus grande exactitude les statuettes béotiennes. Même la plaquette mince qui leur sert de base et qui est un trait particulier de la fabrique de Tanagre se retrouve presque partout et fait contraste avec la forme haute du socle adoptée pour les autres produits de Myrina.

La question qui se pose au sujet de ces figurines est la même que pour les vases de style grec et, en particulier, de style attique qu’on découvre dans des contrées fort éloignées d’Europe ou d’Asie. Est-ce le résultat d’une exportation? Est-ce une imitation locale des produits grecs ? Il nous semble que pour les terres cuites la solution est moins difficile que pour les vases. Après les détails que nous avons donnés sur la fabrication, on ne demandera pas si la reproduction fidèle d’une terre cuite béotienne était chose facile pour les coroplastes d’Asie. Il leur suffisait d’avoir entre les mains une seule statuette pour en prendre un moule et la reproduire à des milliers d’exemplaires. Ainsi s’explique la présence des sujets béotiens dans des régions si diverses. Mais, après le moulage et l’épreuve tirée, restait l’opération essentiellement artistique, qui est celle de la retouche. Le moule ne donnait pas la finesse des draperies, le modelé des formes, la piquante physionomie qui font le charme des produits tanagréens. C’est là

\. Sur l’interprétation de ce sujet, v. Heuzey, Gazette des Beaux- Arts, septembre 1875, p. 193 et suiv.; Rayet, Monuments de l’art antique , pl. 79; Cartault, Collection Lecuyer, notice de la pl. 1); Furtvvaengler, Collection Sabouro/f, pl. 81.

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