‹ La nécropole de MyrinaChapitre 132 sur 488 · V. plus haut, p. 93, n° 98, tombeau B · texte numérisé non relu

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qu’ont échoué en particulier les fabricants d’Italie et de Crimée ; ceux de Myrina y ont pleinement réussi.

En somme, l’imitation du style et des sujets tanagréens par les coroplastes asiatiques est instructive pour deux raisons : elle prouve d’abord l’esprit éveillé et curieux de ces artistes qui recherchaient partout des sujets nouveaux et qui, non contents de leurs œuvres locales, demandaient encore à des fabriques éloignées leurs procédés et leurs moules. Elle atteste aussi la supériorité reconnue des artistes de Tanagre et la vogue immense que leurs produits s’étaient acquise dans tous les pays grecs. Elle nous montre que, par une heureuse chance, les fouilleurs contemporains ont mis tout d’abord la main sur les produits de la fabrique la plus féconde et la plus renommée; elle justifie enfin l’intérêt et l’admiration qu’excitent ces petites figurines, si humble que soit l’art d’où elles sont nées, puisque le monde antique en avait lui-même consacré la réputation en les reproduisant partout, en Europe, en Afrique et en Asie.

IY. Les Inscriptions.

Les terres-cuites de Myrina présentent un intérêt particulier par le grand nombre d’inscriptions qu’on trouve gravées au revers ou sur les ailes et, plus rarement, sur le devant des statuettes. C’est un chapitre nouveau qui s’ajoute à l’histoire de la céramique. Assurément cet usage n’était pas entièrement inconnu ; on avait déjà remarqué la présence d’inscriptions sur quelques figurines d’Asie, des Iles et même de Grèce; mais elles étaient en nombre restreint et passaient pour de véritables raretés h A Myrina, les exemples abondent et nous permettent do rechercher quelle en était la signification.

1. Voici celles qui ont été publiées jusqu’à présent ou que nous avons pu copier dans des collections : 1° Stephani, Compte-rendu de Saint-Pétersbourg p. 1875, p. 204, 205, Atlas, pl. vu, n° 4 : statuette trouvée à Gaza (collection du comte Serge Stroganoff) avec l’inscription tracée à la pointe sur le revers : 2epcmim> ènotei. M. Stephani signale en même temps un buste de terre cuite avec l’inscription Ulpiani S[igilarii), publié par Passeri, Lucernae, t. III, pl. 84; une figure de femme trouvée à Olbia, portant sur le revers de la base le mot AlONYCIOY; une b'rre cuite du Musée de l’Ermitage ( Compte-rendu de Saint-Pétersbourg p. 1873, pl. ni, 2), avec le mot NIFIANOY gravé sur la base. — 2° Catalogue de la Collection d’ Antiquités de

LES FIGURINES DE TERRE CUITE

Ces inscriptions se divisent on quatre catégories : 1° les signatures complètes; 2° les signatures formées par les premières lettres du nom

M. O. Rayet, p. 33, n° 122. Éros ailé, volant, la clilamydc rejetée derrière le dos, le bras droit levé et tenant une balle, la main gauche posée sur la hanche et tenant une grappe de raisin. Par derrière, entre les deux ailes, inscription en caractères cursifs et négligés : MAIKTOC. Une signature identique a été trouvée à Myrina et, par conséquent, la statuette de M. Rayct doit provenir du même endroit. Le nominatif serait exceptionnel ; comme on le verra plus loin, les noms des fabricants sont presque tous au génitif. — 3° J. Martha, Catalogue des figurines en terre cuite du Musée de la Soc. arch. d’Athènes , p. 26, nos 118, 119. Deux fragments de socles quadrangulaircs, trouvés en Attique, qui portaient chacun une statuette dont il ne reste plus que les pieds. Sur la face de l’un on lit : AHNOC ; sur la face postérieure de l’autre : MHNA. — 4° Bull, de Corr. Hellén., 1879, p. 88, n° 36. Acteur comique avec masque. Xe pied droit est placé sur un degré où l’on distingue un V gravé à la pointe. Trouvé à Ivition (Larnaca) dans Pile de Chypre. — 5° Catalogue de la Collection de monuments antiques de M. de Bammeville , n° 103. Diane, vêtue de la tunique courte, portant un lièvre sur le bras droit et posant la main gauche sur la tète d’une biche; elle provient sans doute d’Asie-Mineure. Sur le dos, au-dessous du trou d’évent : ZfïTEIPA- — 6° Frochner, Terres-cuites d’Asie, pl. 1, p. 10. Terme à tête barbue. Sur le devant, M.Froehner a cru lire en lettres peu distinctes : GAA • • H I K H I . — 7° Id., p. 10. Zeus Sérapis barbu, en forme de Terme. Sur la face antérieure, qui est brisée, on distingue les lettres : OM. . . — 8° Id., pl. 14, p. 36. Fortune portant une corne d’abondance. Sur le revers, on voit un monogramme composé d’un A inscrit dans un n* M. Froehner y reconnait les premières lettres du nom d’Apollonios. Plusieurs monogrammes identiques, que nous publions plus loin, nous font penser que ce sont les initiales du nom de Papias. — 9° S. Reinach, Mélanges Graux, p. 148, note 1. Niké drapée, les bras avancés et élevés, placée debout sur un socle quadrangulaire ; la statuette et le socle sont recouverts d’un vernis jaune, vitreux et transparent. Sur le revers, on lit : OANITOT. Cette terre cuite, actuellement au Musée du Louvre, a été achetée à un marchand de Smyrne qui indiquait Cymé comme provenance. Nous ferons remarquer que nous avons trouvé à Myrina plusieurs statuettes de <1 ’avtrçç, mais aucune ne portait le vernis particulier à celle-ci. — 10° Petite femme debout, drapée, coiffée d’un bonnet pointu; trouvée à Cymé et donnée par M. Démosthènes Baltazzi au Musée de l’École française. Sur le revers on lit : AMOIAOXOY- — 11° Femme drapée, debout, chez un marchand d’antiquités à Athènes, qui indiquait comme provenance Pile d’Amorgos. On lit au revers, à gauche du trou d’évent carré : AEIIKPATOYC* — 12° Femme nue debout, ayant à sa gauche un vase et tenant sa chevelure de la main droite (Aphrodite Anadyomène), au Musée de l’École évangélique à Smyrne; la provenance indiquée par le catalogue (n° 1292) est Tralles. On lit sur le revers de la base : ANTIOXOT- — 13° Femme drapée, debout, dans la collection de M. Ilumann, à Smyrne (provenant de Pergame?). Sur le revers du socle : AMTN. Nous croirions volontiers que cette statuette est de Myrina et qu’il

faut y lire la signature du fabricant ’A/xôvr «ç, dont nous possédons plusieurs exemples.

14° Archaeologische Zeitung, 1879, p. 103. Grotesque debout, provenant d’Asie-Mineure, au Musée de Berlin. Sur le revers du socle, en deux lignes et écrit à rebours : AIONYCIOY. — 13° Id., 1880, p. 39. Femme assise, donnant le sein à un enfant, provenant d’Asie- Mineurc, au Musée de Berlin. Sur le revers : IM- — 16° Id., 1883, p. 272. Femme assise, diadéméc et richement vêtue, tenant une pomme, au Musée de Berlin; elle provient de Myrina.

Sur le revers : 6PMOKPATOYC. Nous possédons aussi des signatures de ce fabricant.

17° Revue archéologique, 1883, II, p. 123. Chien couché, trouvé par M. D. Baltazzi à Doumanli- Dagh, près de Myrina. Sur le revers du socle : OlAinüOY. — 18° Id., 1883, II, p. 64. Vénus nue avec un cygne à côté d'elle, acquise en 1883 par le Musée du Louvre comme provenant de Myrina: au revers, en caractères presque cursifs, ANTICCTIOY, et au-dessus de

ou par un monogramme; 3° les mots, les lettres isolées ou groupées qui paraissent être des marques conventionnelles; 4° les graffites à

ce nom un 17 cursif avec un tiret à droite. — 19° Id., 1883, II, p. 64. Statuette de femme trouvée à Myrina, vendue à Paris en 1883 : l€PflNOC. Cette signature est répétée plusieurs fois dans notre collection. — 20° Id., 1884, II, p. 94. Colonnette trouvée à Myrina par M. D. Baltazzi. Sur le revers : CCjüOPONOC. — 21° Id., 1884, II, p. 94. Groupe de Myrina, une femme et une jeune fille, vendu à Paris en 1884 : OElAlFinOY. — 22° Annali dell’ Instituto, 1883, p. 201. Provenance Tarente. Déesse debout, la main gauche baissée, la main droite levée et tenant le bord du voile qui remonte sur sa tète. Sur le revers, en lettres de bonne époque : XAMYE (peut-être E vy.ci%[ov] retourné?). — 23° Gazette des Beaux-Arts, 1882, p. 178. Torse de jeune homme, provenant de Tarente. Dans le dos : 0A que F. Lenormant interprète comme des lettres qui servaient de repères pour assembler la figurine dans une série ou dans un groupe ou comme abréviation du nom de Phalante, héros tarentin; mais tous les exemples que nous donnons prouvent qu’il s’agit plutôt d’une signature de fabricant. — 24° Itékulé, Terracottcn von Sicilien, p. 30, lig. 68. Sur un moule représentant une femme drapée : • • • flZIOZ ; id., p. 14, 16, 61, fig. 123, fragments provenant de Sicile avec des lettres inscrites : A ou K- — 23° Cartault, Collection Lecuyer, notice de la pl. B3. Silène portant sur ses épaules le jeune Bacchus; à ses pieds une panthère. Sur le revers du socle un A et à droite, en ligne verticale, flNH. C’est la même statuette qu’a vue M. Ilirschfeld à Ali-Aga; v. plus haut, p. 6, n° 1. — 26° P. Paris, Supplément au Catalogue des figurines en terre-cuite du Musée de la Soc. arch. d’Athènes (inédit), n° 664 (n° d’inventaire 1271). Femme debout, drapée, coiffée d’une couronne en bourrelet, la main droite pendante et tenant entre deux doigts le pli de l’himation; elle provient de Myrina. Sur le revers du socle : Al<î>IAOY. C’est la signature la plus fréquente que nous ayons trouvée à Myrina. — 27° Id., n03 6 47 et 648 (nos d’inventaire 1264 et 1263). Même provenance. Deux éphèbes drapés, debout, avec un carquois dans le dos. Chacun d’eux porte au revers : AIOI. Nous possédons plusieurs types de ce genre avec la même signature. — 28° Id., n° 669 (n° d’inventaire 1277). Même provenance. Vieille femme assise, courbée en avant avec les coudes sur les genoux; de la main droite elle fait un geste de menace. Sur le revers du socle, monogramme composé d’un A inscrit dans un TT- Nous donnons aussi ce monogramme et nous croyons y reconnaître l’abréviation du nom de Ilcarixç. Voir ci-dessus le n° 8. — 29° Collection particulière, à Paris. Probablement même provenance. Femme debout, drapée. Sur le revers du socle : MH T PA. On trouvera le même nom dans nos inscriptions. — 30° Revue archéologique, 1886, I, p. 138. Au revers d’une statuette trouvée par M. Baltazzi à Myrina : NIKOCTPATOY • — 31° Archaeologischc Zeitung, 1882, p. 280. Moule de la partie antérieure d’une statuette de femme drapée avec la signature : N I K fi N OC. — 32° Enfant demi-nu, marchant à droite, le bras droit levé, acquis en 1883 par le Louvre comme provenant de Myrina. Au revers, l€ P, reste de la signature l€PONOC qui a été coupée par le trou d’évent. — 33° Femme drapée, acquise en 1883 par le Louvre comme provenant de Myrina. Au revers, monogramme en relief composé d’un A qui paraît lié avec un P et un X (?). — 34° Éros assis sur un rocher et accoudé sur une lyre; même acquisition. Au revers, ATA- — Il faut tenir compte aussi des inscriptions latines qu'on lit sur les terres cuites gauloises et dont l’énumération serait trop longue; ce sont en général des signatures de fabricants. Nous renvoyons pour cette catégorie à l’ouvrage de M. Tudot, Figurines en argile de l’art gardois, Paris, 1860, p. 64. M. Tudot distingue trois sortes d’inscriptions : 1° Les noms gravés dans l’intérieur du moule; 2° les signatures tracées à la pointe extérieurement; 3° les noms estampillés. V. aussi la Revue des Sociétés savantes des départements, les Comptes-rendus de la Société de Numismatique, etc. — Nous n’avons pas parlé, dans l’énumération précédente, des inscriptions placées après coup, en dehors de la fabrication, par l’acquéreur de la statuette; ce sont ordinairement des dédicaces à une divinité; cf. Arch. Zeitung, 1867, p. 123. Nous négligeons aussi

LES FIGURINES DE TERRE CUITE

la pointe qui sont placés après coup, en dehors de la fabrication. Voici le relevé complot de ces différentes inscriptions 1 :

1° Signatures complètes.

Dans cette catégorie les inscriptions sont toutes tracées au revers de la statuette, sur le socle même ou bien auprès du trou d’évent, au moment do la fabrication et dans l’argile encore fraîche.

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