‹ La nécropole de MyrinaChapitre 142 sur 488 · Catalogue, n°» 180, 181 ; v. plus haut p · texte numérisé non relu

Catalogue, n°» 180, 181 ; v. plus haut p

LES FIGURINES DE TERRE CUITE

On remarquera même qu’à Myrina les statuettes imitées du style tanagréen ne portent jamais aucune signature ni aucune marque, soit qu’elles appartiennent à une époque plus voisine du ive siècle, soit que les fabricants d’Asie-Mineure aient voulu se conformer jusque dans ce détail aux procédés des ateliers béotiens.

Signatures incomplètes ; monogrammes ; lettres de repère. — Dans les inscriptions qui ne donnent pas de signature complète, nous avons pensé qu’il fallait distinguer deux catégories. Les unes peuvent être do simples abréviations qui désignent, comme les précédentes, des noms de fabricants ; les autres seraient simplement des lettres de repère. Par exemple, il est assez naturel de voir dans la marque Al (u°s tl5, HG) une abréviation du nom si souvent répété de Diphilos; de même dans le monogramme (n° 117) qui nous offre les lettres A et (J) réunies. La marque EP (n° 120) représenterait les noms d’Hermogénès ou d’Hermocratès ; MH (nos 130, 137) celui de Ménophilos; cj> A (n° 100) celui de Phanitès. Le monogramme de Papias est reconnaissable dans les nos 148 à 152; la démonstration paraît certaine pour cet artiste qui a signé en toutes lettres une figure d’Aphrodite demi-nue et accoudée (n° 74) que nous retrouvons précisément sous une forme analogue avec les monogrammes 149 et 150. Les signatures nouvelles, trouvées depuis nos fouilles, permettent de reconnaître avec quelque vraisemblance les noms d’Antistios, Nicostratos et Sophron dans les formes incomplètes des nos 107, 108, 141, 155 à 157. Nous verrions aussi volontiers des signatures dans les marques ATA (n° 103), A0H (n° 106), TAY (n° 111), 06 et OA (nos 124, 127), non (n° 153), équivalant à des noms comme Agatbarcbos, Athénodoros, Glycon, Théodoros, Poplios, ou tout autre que l'on voudra supposer ; mais comme ces noms ne figurent pas dans les signatures complètes, ce n’est là qu’une hypothèse.

Ce qui rend l’explication incertaine, c’est que, d’une part, nous constatons sur plusieurs statuettes la présence d’abréviations qui no désignent certainement pas des noms de fabricants, comme par exemple cette inscription qui donne les cinq premières lettres de l’alphabet (n° 101) ; d’autre part, nous voyons des lettres isolées qui ne paraissent pas être autre chose que des repères pris pour

l’assemblage des pièces pendant la fabrication. Nous avons dit qu’en effet plusieurs parties de la statuette étaient moulées à part et assujetties au moment de la cuisson1. Les lettres pouvaient servir de notation pour rappeler à l’ouvrier que telle pièce n’était que la partie détachée d’une figurine encore incomplète. On s’expliquerait ainsi la lettre A placée à côté de la signature de Dipbilos dans une série de petits groupes (nos 36 à 39), qui représentent une femme suivie de sa petite fille : cette dernière a été moulée séparément, puis rapprochée de la femme et soudée avec un peu de barbotine ; la marque A empêchait sans doute qu’elle ne fût confondue avec d’autres statuettes et mise au four avant cette opération.

Ce procédé a été surtout employé pour les ailes qui sont également moulées à part. La grande quantité des personnages ailés qu’on fabriquait dans les ateliers de Myrina pouvait amener une certaine confusion dans toutes les ailes qu’on préparait à l’avance pour une série de figurines différentes. Les lettres servaient de repères ou même de numéros pour les distinguer entre elles 2. Les deux ailes de la même paire recevaient la même lettre et le raccord se faisait sur la figurine qui portait aussi, mais pas toujours, cette lettre. Nous en possédons des exemples curieux dans les nos 109, 110, 118, 121, 140, et nous avons décrit un tombeau où le même fait a été observé sur deux figurines 3. Il n’y a donc pas de doute à cet égard 4. Généralement on se contentait d’une seule lettre comme marque conventionnelle ; mais nous avons aussi un certain nombre d’ailes qui portent deux et même trois ou quatre lettres (nos 167, 168, 173, 179, 183, etc) ; elles indiqueraient une numérotation plus compliquée, peut-être une seconde

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