‹ La nécropole de MyrinaChapitre 147 sur 488 · Catalogue, nos 86 à · texte numérisé non relu

Catalogue, nos 86 à

2. Cette intéressante inscription a déjà été signalée par M. Cartault dans la Collection

Lecuyer, notice de la pl. C5.

est au datif. C’est une dédicace : elle s’adresse, non pas à une divinité, mais à un mortel. On peut j voir le nom du mort auprès duquel la statuette a été déposée, soit que l’inscription ait été faite pour les funérailles et s’explique comme un hommage suprême, soit qu’elle marque un présent fait à Artémon de son vivant et mis ensuite dans son tombeau avec les objets qui lui avaient appartenu.

Les autres noms d’hommes et de femmes, ’Apiààvvj1 (n°239), ’Avn- Trarpo; (n° 238), Aïo vlriç (n° 241) et Xpuc ... (n° 242) ont sans doute une origine analogue. On peut les assimiler aux inscriptions gravées à la pointe qu’on trouve sur quelques vases et qu’on attribue à la main de l’acheteur ou du propriétaire de l’objet. Deux sont au nominatif, un seul au génitif. Ce ne sont certainement pas des signatures d’artistes; on voit qu’elles sont placées après coup, en dehors de la fabrication, alors que la figurine était terminée, cuite, coloriée et mise en vente. La place même de ces inscriptions, sur le devant du socle et en évidence , prouve qu’on a voulu affirmer en quelque sorte un droit de propriété sur l’objet. Nous ferons remarquer que cette circonstance , si elle est exacte , est fort importante ; car elle implique l’idée que le mort a pu posséder pendant sa vie quelques-unes des statuettes qu’on a déposées avec lui dans le tombeau 2.

L L’inscription ’Apiaiîv/j, sur un socle carré au-dessus duquel on distingue deux pieds et le bas d’une draperie, nous avait fait d’abord penser que ce nom, au nominatif ou au datif (sans iota souscrit) pouvait désigner le sujet môme de la figurine. On sait que des représentations d’Ariane ont été découvertes à Myrina et qu’elles sont très fréquentes sur les sarcophages gréco-romains. A l’appui de cette explication, on pourrait citer l’inscription Zwt sip« (v. p. 173, n° 5) qu’on lit sur le revers d’une statue d’Artémis, à laquelle convient cette épithète; mais les faits de ce genre sont trop rares — il n’y en a véritablement qu’un seul de certain, celui que nous venons de rappeler — pour justifier l’hypothèse que nous nous contentons d’indiquer sous toutes réserves: les possesseurs de statuettes représentant Artémis et Ariane les auraient consacrées il ces divinités en les désignant par leurs noms, comme les céramistes inscrivaient sur les vases les noms des personnages mythologiques qu’ils figuraient.

2. Sur celte question, cf. E. Pottier, Quarn ob causam Græci figlina sigilla in sepulcris deposuerint, Paris, 1883; S. Reinach, Manuel de Philologie classique, tome II, Appendice, p. 73-74, Paris, 1884.

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