I. Cf. plus haut, p. 78-89 et p
Nous nous contenterons ici de signaler les objets les plus remarquables et de décrire les types généraux auxquels se rapportent tous les autres. Cette revue rapide du mobilier des tombes de Myrina, complétant celle que nous avons consacrée aux figurines, donnera une idée assez exacte de l’art industriel de cette ville, en même temps qu'elle fournira quelques renseignements nouveaux sur les usages funéraires de ses habitants.
L'étude des figurines, nous l’avons vu, soulève une double question : 1° Ces objets sont-ils tous de fabrication indigène? 2° Ont-ils été fabriqués spécialement ou exclusivement pour orner les tombes où ils étaient déposés? Ces deux problèmes se posent de nouveau et dans les mêmes termes pour les vases, les verreries et les divers ustensiles de métal que les fouilles de la nécropole ont mis au jour. Nous avons admis, en ce qui concerne les statuettes, qu’elles ont été fabriquées à Myrina, bien que parfois à l’aide de moules importés de Grèce ou obtenus par le surmoulage de figurines étrangères b En second lieu, il nous paraît que les statuettes ont pu servir parfois à décorer les demeures des vivants avant d’être ensevelies dans celles des morts, ou du moins qu’elles ont dû souvent être fabriquées comme de simples ex-voto religieux, sans destination particulièrement funéraire 1 2. Pour les autres objets, la seconde question est facile à résoudre. En dehors d’un petit nombre de pièces, où l'idée de la substitution paraît avec évidence et que nous ferons connaître plus loin, la grande majorité des trouvailles se compose d’objets d’usage journalier qui sont assurément identiques à ceux qu’employaient les habitants de Myrina. Il en est ainsi, d’ailleurs, dans toutes les nécropoles de la Grèce et de l’Italie. Ceux qui maintiennent la destination exclusivement funéraire des statuettes sont obligés, si l’on peut dire, de faire un sort à part à ces figurines 3; nous pensons au contraire que le mobilier de la tombe, quelle qu’en soit la nature, s’explique par une seule et même idée religieuse, celle d’assurer au mort, dans