‹ La nécropole de MyrinaChapitre 160 sur 488 · Catal. n · texte numérisé non relu

Catal. n

mille IOC

La fréquence relative de ces petites plaques — plusieurs autres se sont brisées pendant les fouilles ou au cours du nettoyage — est un

1 . Dans l’œillet à gauche de cette plaque était passé un bout de ficelle conservé sur une longueur de 0“,03.

LE MOBILIER FUNÉRAIRE

trait caractéristique do la nécropole de Myrina; nous ne croyons pas qu’on les ait rencontrées ailleurs en aussi grand nombre ni avec une signification si précise1. Chacune d’elles porte un nom propre suivi du nom du père au génitif. Il est à remarquer que les formes éoliennes se trouvent presque partout, bien que l’£ et le ( lunaires empêchent d’attribuer à ces inscriptions une grande antiquité 2. Fixées sur la poitrine ou au bras du mort, elles rappellent les tessères judiciaires athéniennes ou tablettes d’IIéliastes 3 (xwdaia Sotawrixâ), qui sont également munies d’œillets et ont été souvent découvertes dans des tombeaux Aristophane paraît faire allusion à la coutume de les placer dans les tombes des Iléliastes par ces vers du P lutus 5 :

’Ev zq iropoi vuvl ï.v.yjfj zb ypûp.p.ct itou 8 c/.v.'Çsvj ,

<j\j 3' où jSarj'tÇîiç ; o 3s Xkowv z'o uùp.8b\oo 3i3o>afj.

« Maintenant que la lettre do ta tablette te désigne pour juger dans le cercueil, tu ne pars pas? Yoilà Charon qui te présente l’insigne! » On ne peut affirmer que les plaques de bronze do Myrina aient eu une destination analogue à celle des tablettes d’Héliastes, dont elles diffèrent notamment par l’absence de timbres; toutefois il est remar-

\ . Sur les plaques de bronze, portant le nom du défunt, qui auraient etc scellées sur chaque tombe phénicienne à Carthage, dans la nécropole du Djebel Khaoui, cf. Beulé, Fouilles à Carthage , p. 137; Perrot et Chipiez, Hist. de l'Art, t. III, p. 229. Aucune de ces plaques n'a été retrouvée. Stackelberg signale quelques lamelles de plomb (y.olùS3ivx sh/.zuxza) découvertes dans les tombeaux grecs ( Græber dcr Hellencn, Einleit. p. 12); mais il ne dit pas qu’elles portent des inscriptions. On trouve dans Pacho (Voyage dans la Cyrénaïque, Atlas, pl. 66) des spécimens d’inscriptions analogues; mais l’ouvrage ne donne aucune indication sur la matière ni sur la provenance. A Kertch, on a découvert une inscription grecque gravée sur une petite plaque de plomb (Compte-Rendu de Saint-Pétersbourg p. 1867, p. v). 'Raoul Rochette, dans les Mémoires de l’Institut (Acad, des Inscriptions et Belles-Lettres, t. XIII, 1838, p. 573 et 575), signale plusieurs lames de bronze, de plomb ou d’or, portant des inscriptions et trouvées en Grèce, en Italie et en Sicile. Sur l’une d’elles (p. 575) on lit le nom d’une femme au génitif (Atxataç). Parmi les autres inscriptions sur petites plaques de métal, qui sont assez souvent gravées en pointillé, on peut citer celles de Dodone, publiées par M. Carapanos, celles de Slyra en Eubée (Roehl, Inscriptiones antiquissimae, n° 372), quelques lames d’or recueillies dans des tombeaux ( Corp . inscr. graec. 8577, 8578), etc. Cf. Reinach, Traité d’épigr. grecq., p. 300 et 470.

2. Il faut dire pourtant que les indices chronologiques tirés de la forme de ces lettres sont très incertains quand il ne s’agit pas de textes lapidaires; cf. Traité d’épigraphie grecque , p. 208 et note 2.

3. Girard, Bulletin de Corresp. Ilellén., t. II, p. 524; Ravet, Annuaire de l’ association pour V encouragement des études grecques, 1878, p. 205; Corpus inscr. attic., t. II, nos 875 et suiv.; 'Éfyiispiç àpycnol., 1883, p. 105.

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