IV. Poteries
1° Poterie commune
Nous commençons l’étude de la céramique de Myrina par celle de la poterie commune, dont les fouilles ont donné plusieurs milliers de spécimens et qui doit être le produit d’une fabrication indigène. La terre des vases est rouge clair, très souvent revêtue d’une couverte
Fig. 25.
Fig. 27.
Fig. 26.
brune ou noire; les formes, qui sont très variées, sont assez élégantes. Les figures ci-jointes (25, 26, 27) reproduisent les trois
1. Cf. Saglio, Bict. des Antiq., p. 1548, fig. 2034 ( Coticula ). Objets semblables trouvés en Crimée, Compte-Rendu de Saint-Pétersbourg p. 1862, p. iv, ix; 1866, p. vi; 1867, p. ix. C’est peut-être la Tvhvdiç qu’on trouve énumérée parmi les instruments d’un écrivain public dans une épigramme de V Anthologie, VI, 296.
2. Cf. plus haut, dans les procès-verbaux de fouilles, p. 97, n° 110.
formes les plus fréquentes à Myrina 1 ; elles se sont rencontrées également à Gymé 2, à Pitane et dans la petite nécropole de Doumanli-Dagh, voisine de Myrina3. La forme de la fig. 26, dont on a trouvé un nombre considérable d’exemplaires, est celle de la bouteille commune; elle est fréquente dans presque toutes les nécropoles du monde antique.
Quelques vases atteignent de très grandes dimensions. Une amphore à vin ou à huile, terminée en pointe, a 0m,98 de hauteur : elle était couchée au-dessus des plaques d’un tombeau. Trois amphores à long col et à très petite embouchure, trouvées dans une même tombe, ont 0m,39 de haut. Les vases de 0ra,-35 et 0m, 40 ne sont pas rares. On a fréquemment découvert, au-dessus des plaques, les restes de grandes amphores qui ont dû servir aux libations et être brisées au moment de l’inhumation4. En général, les vases communs se trouvent assez souvent en dehors de la sépulture, comme si on les avait déposés sur la tombe déjà refermée et à moitié remplie de terre. Des vases soignés, des verreries et des terres-cuites se sont rencontrés dans les mêmes conditions 5.
Outre les trois types que nous avons fait reproduire, ceux qui paraissent le plus souvent sont les suivants 6 : le cratère, l’oxybaphon et le canthare de petites dimensions, la pyxis (sous forme de petit pot cylindrique avec couvercle), l’alabastre et ses variétés, l’aryballe, l’oenochoé, la phiale, et différentes sortes de plats. On n’a découvert ni rhytons, ni lécythes proprement dits 7; mais les lécytlies aryballisques sont assez nombreux. De petits alabastres et plusieurs poteries communes, du type de la figure 25, offrent cette particularité que l’intérieur n’est pas évidé ; ce sont des simulacres de vases à