Catalogue, n
LE MOBILIER FUNÉRAIRE
profil. Getto peinture archaïque ne manque pas d’intérêt : on pourrait la rapporter à la légende d’Achille arme par Thétis h
Les vases noirs à figures rouges ne sont guère plus nombreux et sont pour la plupart insignifiants 2. Un fragment assez remarquable, qui a du faire partie d’un grand vase, représente les jambes d’un satyre, mouchetées de points blancs. Un lécytbe aryballisque de travail négligé porte sur la panse une tête de femme vue de profil; c’est un des types les plus communs de la céramique à figures rouges 3. Sur un autre vase semblable (haut. 0ra,07) on voit un enfant à moitié eouché, appuyé sur les mains3. Quelques autres vases ou fragments de vases présentent simplement des ornements rouges sur fond noir : un petit prochous (haut. 0ra,04) avec spirales à la partie supérieure ; un lécytbe avec palmettes (haut. 0m,13) ; un grand fragment (haut. 0ra,12; long. 0ra,06) ayant appartenu à l’anse d’une coupe, orné d’une palmette; trois lécytlies aryballisques avec palmettes; plusieurs aryballes traversés de bandes rouges transversales. Aucun de ces objets n’a la moindre valeur artistique.
Quelques coupes d’époque plus récente sont ornées à l’intérieur de
1. Cf. Heydemann, Griechische Vasenbilder, pi. vi, fig. 4; Collignon, Catalogue des vases peints, n° 231. A Cymé, nous avons recueilli un fragment de vase rouge à figures noires, où l’on voit la tète et le buste d’un joueur de flûte muni de la fopSsic/.. A Nimroud-Kalessi (Ægae), M. Clerc a découvert une œnochoé à bec trilobé (II. Om,lî) qui porte sur le devant de la panse, dans un cadre quadrangulaire réservé sur le fond rouge de l’argile, un sujet très fréquent sur les vases de style corinthien et dont le Musée du Louvre offre plusieurs spécimens : un cygne, les ailes déployées, entre deux sphinx à tète de femme et à ailes recoquillées qui se font face. Mais le dessin en est assez lâche et ne reproduit pas la silhouette arrêtée des types vraiment archaïques.
2. M. Clerc a trouvé dans un tombeau d’Ægae une grande coupe à figures rouges, fort bien conservée, qui est assurément le plus important spécimen de ce genre de peinture que l’on ait encore recueilli en Asie-Mineure (diam. 0m,23 ; haut. 0m,10). A l’intérieur et dans un cercle orné d’une grecque noire, on voit un éphèbe debout, drapé, tenant de la main droite un objet recourbé (ôt^ùî âxpx ? Cf. Benndorf, Griech. und Sieil. Vasenbilder, pl. 43, pl. 27, 3; Annali. 1837, p. 231) qu’il va déposer sur un autel allumé à droite; à gauche, une base de colonne cannelée indique sans doute l’intérieur d’un édifice. Sur le pourtour extérieur, deux scènes de banquet se font pendant. D’un côté, un homme barbu étendu sur un lit joue de la lyre entre deux éphèbes, dont l’un, à gauche, le regarde et tient dans sa main gauche un fruit allongé, tandis que l’autre tourne le dos. De l’autre côté, un homme barbu étendu sur un lit joue de la double llùte ; l’éphèbe ù, droite le regarde et lève le bras droit, tenant de la main gauche une grande coupe; l’éphèbe à gauche, tournant le dos, tient de la main gauche une coupe semblable et a le bras droit posé sur sa tôle. Dans le champ, de part et d’autre, guirlandes, sac et autres objets suspendus ; près de la tête des lits s’élève une sorte de hampe ou de perche qui représente peut-être le support d’une lampe allumée pour éclairer le banquet.
3. Catalogue, n° 363. Type fréquent; cf. Benndorf, Gr. u. Sieil. Vasenb., pl. 36, no 3.
LA NECROPOLE DE M Y R 1 N A
peintures rapidement exécutées qui, par le style et par l’emploi de la couleur blanche sur la couverte noire, nous reportent à une période de décadence, voisine de l’époque romaine. Dans l’une, on voit un cygne blanc avec le bec et les pattes en rouge vermillon, entouré d’une zone de dauphins rouges et de palmettes blanches alternant h Deux autres présentent au centre une élégante rosace avec un encadrement de fleurons et de palmettes 2.
Il faut mentionner à part deux vases d’une forme particulière, à panse large et basse, à col très élancé et à une seule anse (haut. 0m,25 et 0m,27), décorés sur la panse de guirlandes et de dauphins en jaune d’ocre et en brun rouge qui se détachent sur une couverte jaune clair 3. Les vases de ce type ne se sont rencontrés jusqu’à présent en grand nombre que dans les nécropoles de la Cyrénaïque4; il est possible qu’ils aient été fabriqués dans ce pays et répandus par le commerce en Italie et dans le monde grec. Deux vases presque identiques à ceux que nous venons de signaler ont été découverts, en 1881, dans la nécropole voisine de Cymé.
Les tombeaux de Myrina appartiennent à une époque où la fabrication des vases peints à figures noires et rouges avait déjà cessé ou tombait en désuétude. A l’ancienne céramique peinte, prête à disparaître avec les derniers ateliers grecs 5, se substituait la poterie à reliefs, plus appréciée du monde gréco-romain, improprement appelée poterie samienne , du nom de l’île de Samos où, d’après la tradition, elle aurait pris naissance6, bien qu’on n’en ait pas encore découvert de spécimens dans cette île. Jusqu’à présent, on en a trouvé princi-