‹ La nécropole de MyrinaChapitre 196 sur 488 · Catalogue, n · texte numérisé non relu

Catalogue, n

ou à parfums. Une coquille du même type, mais en bronze, a été trouvée à Cymé; on en a signalé d’autres analogues en bronze et en or b Les coquilles sont donc de simples objets de toilette et non pas, comme on l’a prétendu, les symboles de la mer que doivent traverser les bienheureux ou des à-oTpo7w<ua équivalents au phallus, à cause du double sens du mot pecten , x-efi, qui désigne à la fois certaines coquilles et l’attribut du sexe féminin1 2. Un petit vase que nous avons décrit plus haut, dont la panse imite une coquille bivalve3, vient à l'appui de notre opinion. Le fard et les parfums ont disparu sans laisser de traces; mais on a recueilli plusieurs morceaux de pierre ponce, objet indispensable à la toilette de la femme antique, un petit fragment de couleur rouge qui paraît être du cinabre et, dans un étui de bronze, une matière blanche qui devait servir à la toilette 4. On sait que des découvertes analogues ont été faites à plusieurs reprises dans les tombeaux 5. Parmi les figurines recueillies à Myrina, nous signalerons deux Eros dont l’un porte un miroir ouvert et l’autre un coquillage, c’est-à-dire deux objets de destination analogue.

Il nous reste à étudier deux groupes d’antiquités dont on a re-

1. Cf. Stephani, Compte-Rendu de Saint-Pétersbourg p. 1872, p. xvi; Antiquités du Bosphore Cimmérien, pl. xxiv, n° 26; Museo Borbonico, t. VI, pl. 44; Gori, Monum. Etruschi, Mus.Guarnacci , t. I, pl. 38; Coole, Archaeologia , t. XIII, p. 322.

2. Cf. Saglio, Bict. des Antiq., t. I, p. 236, col. B. Cette extravagance a été longuement développée par H. C. Coote dans l’ Archaeologia, t. XLII, p. 322 et suiv. On a trouvé des coquilles dans les nécropoles de la Gaule et de la Bretagne ainsi que dans celle de Ilallstatt (Sacken, das Grabfeld von Ilallstatt, p. 19), dont les habitants ne parlaient certainement pas le grec et ne pouvaient pas jouer sur l’équivoque du mot xrstç.

3. Catalogue , n° 396. Cf. Froehner, Catalogue Barre, n° 338 ; Catalogue Pourtalès, nos 799, 874, 1332. Dans un tombeau de femme au Pirée, on a trouvé quinze coquilles contenant des couleurs ( Catalogue 0. Ray et, p. 43, n° 191 ; actuellement dans la collection de M. Bellon à Rouen). M. Stephani en signale aussi dans des tombes de Crimée ( Compte-Rendu de Saint-Pétersbourg, p. 1871, p. 27). Si quelques espèces de coquilles, en particulier les oursins, ont été portées comme pendeloques ou amulettes — usage qui se constate déjà dans les stations des temps préhistoriques et qui semble avoir inspiré le système d’ornementation des Phéniciens (Castellani, Gazette archéologique, 1879, p. 168) — il est certain que les coquilles plates ont servi à contenir des onguents et des parfums, comme les textes suffiraient à l’attester (Horace, Carm., II, 7, 28; Martial, Epigr., III, 82, 27; Pline, Hist. Nat., IX, 109; Jul. Paullus, Sentent., III, 6, 83). Cf. Boettiger, die Aldobrandinische Hochzeit, p. 32; Annali dell’ Instituto, 1863, p. 402; Furtwaengler, Collection Sabouroff, pl. 129.

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