‹ La nécropole de MyrinaChapitre 209 sur 488 · V. plus haut, p. 19 et suiv · texte numérisé non relu

V. plus haut, p. 19 et suiv

2. Sur Vénus groupée avec Éros, Adonis, Arès, Anchise, Paris, cf. Bernouilli, Aphrodite, p. 387 et suiv. Comparez le mouvement de bras et de tête d’une déesse nue assise, Clarac, il lus. de Sculpt., pl. 410 B, n° 1715 B.

assise, comme on peut en juger d’après la direction du bras gauche élevé et de la tète qui regarde en l’air. On pourrait encore supposer qu’ Aphrodite tenait de sa main élevée un vase à verser et de la main droite un récipient; mais l’attitude générale de la figure et le détail de fabrication que j’ai noté me paraissent s’opposer à cette hypothèse. Comparez le geste de l’éphèbe dans le grand groupe de la planche xl.

2. Déesse assise, à bras articulés. — Voy. Catalogue, n° 1 h Nous l’avons déjà signalée comme un type dérivé de quelque idole fort ancienne, qui devait représenter l’Aphrodite orientale 2. Peut-être est-il permis de préciser davantage en comparant cette figurine aux statuettes de l’Anaïtis ou Artémis perse et babylonienne, divinité lunaire, caractérisée par le croissant 3 que l’on retrouve précisément ici dans les ornements du diadème à jour porté par la déesse; son culte s’est perpétué dans ces contrées jusqu’à l’époque romaine 4 et nous aurions dans les terres-cuites de Myrina une sorte de dégénérescence d’un type extrêmement ancien 5. On y reconnaît une fabrication relativement récente à ce que les traits du visage n’offrent rien d’archaïque; mais tout, dans la pose hiératique du corps, dans la raideur des jambes collées l’une à l’autre, dans l’aspect monumental de la coiffure, dans la profusion des ornements jetés sur la poitrine et sur les jambes, décèle l’imitation d’un motif beaucoup plus ancien et sans doute d’une idole asiatique 6. On pourrait cependant objecter que cette statuette a des bras articulés qui la font rentrer dans une catégorie d’objets généralement reconnus comme jouets d’enfants 7 et que l’attitude assise, sans siège, contribue

1. V. pour la découverte les procès-verbaux des tombeaux nos 85, 100, p. 89, 95. Cf. p. 4, n° G, les terres cuites décrites pur M. Hirschfeld.

3. Ileuzey, Catalogue des figurines antiques de terre cuite du Musée du Louvre, p. 44; Lenormant, Gazette Archéologique , 1876, pl. v, vx.

4. V. une inscription d’IIypæpa nommant un prêtre d’Artémis Anaïtis, Revue archéologique , 1883,11, p. 103. L’Artémis persique est mentionnée dans les inscriptions de Lydie, Movo-sïov r«ç Eùayy. nyjAnq, 1886, p. 28, 33, 51. Les textes épigraphiques relatifs à Artémis Anaïtis sont réunis dans la Revue archéol., 1885, il, p. 107 ; 1886, x, p. 156.

5. C’est aussi l’opinion de M. Kékulé, Die Terracotten vo?i Sicilien , tig. 69, p. 31.

6. M. Frœhncr, Collection Gréau, pl. 22, voit dans le diadème une imitation de la coiffure égyptienne d’Isis, p. 20, 21.

7. On a trouvé des poupées en terre cuite à bras et à jambes articulés dans un grand nom-

DESCRIPTION DES PLANCHES

encore à lui donner Faspect d’une poupée : on a trouvé dans un tombeau de Myrina un petit siège en terre cuite 1 qui s’adapte parfaitement à une figurine nue du même genre et dont la destination de jouet paraît bien probable. Il est possible, en effet, que chez les My rinçons, à une époque voisine de l’ère chrétienne, la signification symbolique de ce motif oriental ait presque complètement disparu et qu’on en ait fait alors une simple poupée. Mais le caractère religieux du type primitif ne nous paraît pas contestable. On pourrait même croire, comme Fa remarqué M. Heuzey en s’appuyant sur un texte curieux de Servius 2, que la mobilité des membres articulés appartenait à l’idole orientale elle-même et qu’elle était destinée à frapper les imaginations par une- apparence de vie réelle. Enfin, nous voyons ce type de déesse complété par une série de figurines non articulées, mais dans la position assise et nues comme la précédente, qui font le geste connu des divinités courotrophes en plaçant une main sur leur sein 3. Il n’y a donc pas à douter du sens religieux que ces petites idoles ont dû primitivement avoir; l’origine de ce geste nous reporte, comme le costume, aux traditions asiatiques venues de la Babylonie et de la Ghaldée 4.

Le type de la femme nue, assise dans une attitude hiératique, n’est pas particulier à la fabrique de Myrina; on Fa découvert en plusieurs points du monde grec 5.

bre de nécropoles; le Musée du Louvre en possède plusieurs spécimens, Heuzey, Figurines de terre cuite pl. 3, n° 1 ; 40 bis, nos 5, 6 ; Catalogue, p. 43. Cf. d’Agincourt, Recueil de fragments de sculpture en terre cuite , p. 61, pl. xxii; R. Rochette, Mémoires de l’Institut (Acad, des Inscript.), t. XIII, 1838, pl. vin, n° 4; Birch, Ancient Pottery, i, p. 183; Ilermann-Blümner, Lehrbuch der gr. Privatalt., 1882, p. 293, note 3; Baumeister, Denkmàler des klass. Altertums, fig. 830; de Witte, Collection Janzé, pl. 8, H ; nombreux exemplaires au Musée Britannique (A Guide to the second vase nom, 1878, p. 61, Table Case K), qui proviennent d’Athènes, Corinthe, la Cyrénaïque, Rhodes, Cnide et autres localités grecques; au Musée de Bruxelles, Musée de Ravestein, 1884, p. 220, n° 817, de Nola; au Musée d’Athènes, Martha, Catalogue des figurines en terre cuite , nos 521-523, 695-697, 796=805, etc.

1. Catalogue , n° 403. Cf. le n° 7 où l’on voit une figure de femme nue moulée avec le siège même qui n’est pas mobile. Biardot a cru à tort que les sièges de ces figurines assises avaient disparu, étant d’une matière plus fragile ( Les terres-cuites grecques funèbres , notice de la

pl. XIX.)

2. Heuzey, Catalog. des fig. p. 43 et 45, note 1 ; Servius, Ad Æneid. vi, 68.

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