‹ La nécropole de MyrinaChapitre 229 sur 488 · Frœhner, Terres cuites d’Asie-Mineure, pl. 25 et p · texte numérisé non relu

Frœhner, Terres cuites d’Asie-Mineure, pl. 25 et p

madones dans l’art chrétien Nous avons déjà signalé l’influence de la sculpture attique du ive siècle sur les coroplastes de Myrina 1 2 : c’est un point sur lequel nous aurons plus d’une fois à revenir.

Le fait que l’enfant, dans le groupe de Myrina, était ailé — les ailes brisées se voient encore distinctement — suffit-il pour que nous lui donnions le nom d’Éros? Pouvons-nous reconnaître Aphrodite dans la figure sévèrement drapée qui le porte dans ses bras? Les deux questions sont connexes, les deux interprétations s’impliquent ou s’excluent l’une l’autre. On ne saurait chercher, vu le manque d’attributs, quelque explication mythologique différente : si ce n’est pas Éros avec Aphrodite, c’est du moins Éros dans les bras d’une jeune femme. On sait combien l’association d’Éros avec les mortelles est fréquente sur les vases peints, où il joue le rôle d’un génie de la toilette ou du gynécée 3. Il y a là une difficulté d’exégèse qui se représente continuellement dans l’étude des terres cuites. Cette difficulté ne devait-elle pas exister pour les anciens eux-mêmes ? Le type de la femme portant l’enfant une fois créé, il suffisait des modifications les plus légères, telles que l’addition d’ailes ou d’une corne d’abondance, pour transformer l’enfant en Éros ou en Ploutos, et du même coup la femme qui le porte en Aphrodite, en Eiréné ou en Tyché 4. On sait que, dans l’art des coroplastes de Myrina, les figurines d’enfants et d’éphèbes ont comme une' tendance à devenir des Éros, à passer ainsi, suivant le caprice d’un coroplaste, du monde réel dans celui de l’idéal. La courotrophe mythologique est le prototype des groupes comme le nôtre; c’est aussi la conception divine dont ils se rapprochent, après s’être transformés et rajeunis par l’imitation de sujets analogues appartenant à la sphère plus modeste des scènes de famille. Aphrodite et Éros deviennent la mère et l’en-

1. Cette observation a été suggérée à Friederichs par le groupe de Munich, avant que Brunn n; l’eût rapporté à un original de Cépliisodote ( Bausteine , t. I, p. 229.) Le rapprochement que nous indiquons est particulièrement sensible dans un autre groupe de Myrina, n° 52 de notre Catalogue. Cf. Biardot, Terres cuites, pl. 20, 3.

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