Overbeck, Schriftquellen, nos
leurs textes peuvent être résumés en peu de mots. La déesse était debout, entièrement nue, cachant sa nudité d’une main l. S’agit-il de la main droite ou de la main gauche? L’auteur des Amours % qui donne seul une indication à ce sujet3, semble plutôt attribuer le geste pudique à la main gauche, mais les archéologues modernes, depuis Visconti, ont toujours parlé, à ce propos, de la main droite 4. Deux vers d’Ovide, qui ont échappé à M. Overbeck, paraissent venir à l’appui du texte des Amours :
Ipsa Venus pubem, quolies velamina ponit ,
Protegitur læva semireducta manu 5.
Aucun texte ne fait allusion au vase, aucun ne mentionne le mouvement de l’autre main. Dans les monnaies et les statues du Vatican et de Munich, le vase est à gauche de la déesse; c’est la main droite qui couvre la nudité. La tête, tournée vers la gauche et vue de profil sur les monnaies, paraît au contraire de trois quarts dans les répliques de la statuaire; mais cette différence s’explique par les nécessités de la gravure, où la tête ne pouvait guère être indiquée que de profil, et ne paraît point avoir l’importance qu’on a voulu quelquefois lui attribuer 6.
Les coroplastes de l’Asie-Mineure s’étant inspirés de l’école attique du ive siècle, et en particulier des œuvres de Praxitèle 7, on devait s’attendre à trouver, parmi les terres cuites de cette provenance, des répliques de l’Aphrodite des monnaies cnidiennes. On en a découvert,
L Pline, Hist. Nat., xxxvi, 20; Pseudo-Lucien, Amores, xm; Anthol. Palat., xvi, 160.
2. Amores, xm; Cedrenus, Comp. Histor., p. 322 B (pôvnv rr,'j v.iSû rfj yjp'i nipiarôlovaa..)
3. Amores, loc. laud. : Uàv iï'i rô xaFXoç ccj rÿç «.it-ukum ov oùocuiaç ItQvjtoç ùp.myoû'T'nç ysyùu.vco- -at, 7r ïr,v o(7« rrj ê-épy. yjipi t//v uiiïü leXyôÔTwç èirixpvirrsiv, 'Et ipv. yjip signifie généralement la main gauche et non pas l’une des mains. Hésychius : hspov noiïa, rov bu ttoJk tôv evûvv[iov et ïzspo'j • upitTTspôv. Il n’y a que de rares exemples de la même expression employée pour désigner la main droite; cf. Pape-Benseler, Griech. Deutsches Woerterbuch, s. v.
4. Bernoulli, Aphrodite, p. 14 : Nach den alten Schriftstellern ... bedeckte sie mit der rechten die Scham. Cf. Overbeck, Geschidde der Plastik, t. II, p. 30: Wcihrend sie mit der rechten Hand den Schooss bedeckte.
5. Ovide, Ars. amat., II, v.612. C’est le geste de la Vénus de Médicis, oùM. Stephani serait tenté de reconnaître le motif de l’Aphrodite de Cnide ( Compte-Rendu p. 175, p. 138.)
6. Bernoulli, Aphrodite, p. 210; Friederichs, Praxiteles, p. 40. Cf. Visconti, Mus. PioClem., I, p. 64; Overbeck, Gesch. der Plastik, 3° éd., t. II, p. 171.