‹ La nécropole de MyrinaChapitre 26 sur 488 · TI.CAESAR.DIVI.AVG.F · texte numérisé non relu

TI.CAESAR.DIVI.AVG.F

AVGVST.P.M.TR.POT.

X X 1 1 1 1 in medio S . C .

CIVITATIBVS. ASIAE . RESTITVTIS

Irnpcrator logatus capite laureato sedens pedibus scabello fultis dextrapateram, sinistra hastam. — Celte pièce a été restituée par Titus. Eckhel remarque que la statue colossale de Rome et celle de Puteoli devaient être identiques à celle que représente la médaille en question. Cf. Jahn, op. laud., p. 123 et pi. II.

2. Tacite, Annales, IV, 13 : Factaque, auctore eo ( Tiberio ), senatusconsulta ut civitati Cibyraticac apwl Asiarn, Ægiensi apud Achaiam, motu terrae labefactis, subveniretur remissione tributi in tricnnium.

3. « Iiphesus gangue ciusmodi elade affecta est anno 29 vel 30; nam ante hune annum Ephesum ruisse ex noslra ha c basi intelligilur, post a. 28 id accidisse inde sequitur , quod annales Taciti

HISTOIRE DE MYRINA

Nous avons fait reproduire ici une des figures de ce remarquable monument, dont l’intérêt est encore accru par le fait que les noms des villes représentées sont inscrites au-dessous de chacune d’elles. On remarquera que plusieurs [cités, Cibyra, Éphèse,

Apollonie, Hiérocésarée, paraissent sous la figure

et Myrina, qui sont aussi des villes amazoniennes, sont symbolisées par des types tout différents. Myrina, debout entre Cibyra et Éphèse, est représentée vêtue d’une longue robe, dans l’attitude d’une prêtresse, le bras gauche appuyé sur le trépied fatidique d’Apollon et serrant contre elle une branche de laurier, d’ailleurs peu distincte (fig. 1) h C’est que Myrina, à l’époque de Tibère , était surtout célèbre à cause du temple d’Apollon Grynien qui faisait partie de son territoire. Le nom de Grynium devait être familier aux Romains depuis que Virgile avait fait invoquer par Énée le dieu de cet antique sanctuaire 2. Nous avons vu plus haut que Martial parle des champs de Myriua comme d’un des séjours favoris d’Apollon. Myrina avait frappé des monnaies d’argent à l’effigie du dieu ; quelques-unes de ces pièces présentent au revers une figure de femme tenant une branche de laurier à la main, qui rappelle la personnification de la ville éolienne sur la hase de Puteoli 3. C’est une prêtresse d’Apollon, et non pas une Amazone, qui symbolise la voisine de Grynium, la ville arrosée par le Pythicus 4. Dès le ve siècle,

de leurs Amazones éponymes, tandis que Cymé

eatenus servati de eu re tacent. » (Mommsen, ad Corpus inscriptionum latinarum , t. X, n° 1624). Les auteurs postérieurs, Eusèbe et Nicéphore Galliste, énumèrent Éphèse parmi les villes détruites par la première catastrophe.

1. O. Jahn, op. laud., pl. I. Winckelmann ( Werke , II, p. 470, 588; Monumenti Inediti, II, p. 187) et Cavedoni ( Spicil . Numismat ., p. 158), veulent que Myrina tienne une branche de myrte, par allusion à son nom. O. Jahn pense que la statue de Myrina représente la prêtresse d’Apollon rendant un oracle et qu’elle tenait une patère dans la main droite.

2. Virgile, Enéide , IV, v. 345. Cf. Bucoliques, VI, v. 72 et le commentaire de Servius.

3. Mionnet, Supplément, t. VI, p. 35, n<> 222; Jahn, op. laud., p. 139.

4. Il est très vraisemblable, comme l’a déjà remarqué Forbiger (Handbuch der alten Geographie, t. II, p. 154), que la rivière de Myrina doit son nom à Apollon Pytbien. M. Fabricius

comme le prouvent les registres des tributs dont il a été question plus haut, Grynium n’était qu’une bourgade insignifiante; ravagée par Parménion, le général d’Alexandre 1 , elle semble avoir disparu de bonne heure en tant que cité indépendante. Strabon l’appelle « petite ville des Myrinéens », ttoTL/viov Muoivaîwv; à l’époque de Pline, ses ports sont abandonnés et le naturaliste parle d’elle comme d’une ville disparue : Fuit et Grynia. Mais nous avons vu par le Discours Sacré d’Aristide que son temple continuait à être l’objet de pèlerinages 2, dont le point de départ obligé était Myrina; celle-ci participait au caractère religieux du sanctuaire qui dépendait d’elle et devint à son tour la ville cliérie d'Apollon 3.

Sous le règne de Trajan, en 106, un nouveau tremblement de terre détruisit une seconde fois Myrina \ Elle se releva comme après la première catastrophe, mais paraît avoir perdu toute importance avec le déclin du paganisme 5. La Table de Peutinger, qui ne mentionne pas Grynium, place Marinnci entre Cymé et Pergame. Le géographe anonyme de Ravenne lui donne les noms de Mirina et de Mirimna 6. On lit dans la géographie de Guido : Directe

a récemment publié une dédicace à Apollon XpvjtrrÂpioç, découverte dans un temple près de Nimroud-Kalessy, sur la rive gauche du Pythicus en amont de Myrina ( Mitlheilungen des deutschen Instituts, X, p. 272). Nous avons signalé plus haut (p. 48) les rapports entre le sanctuaire apollinien de Delphes et ceux de l’Éolide.

1. Diodore de Sicile, XVIII, 7 : "A y a (Ts toûtoiç nparroyAvou; Ilapyevi'wv rpévsiov ysv nôhv élùv Y.'j.-i/. y.ov.-oç èçrjvopct.Koa iaa.ro.

2. Ce temple possédait aussi le droit d’asile (Servius, ad Vergil. Bucol. , VI, 72; cf. une inscription qui doit paraître dans le Bulletin de Correspondance Hellénique de 1886).

3. La tète et les attributs d’Apollon sont fréquents sur les monnaies de bronze de Myrina (Mionnet, Description, III, nos 133, 136, 138, 139, 140, 144, etc.). Sur le revers d’une impériale grecque de Julia Domna ( ibid ., n° loi), on voit un temple hexastyle au milieu duquel Apollon est debout devant un trépied. Une monnaie de Gordien et Tranquillina (ibid., 132) présente aussi la figure d’Apollon, debout dans un temple hexastyle, tenant une patère et une branche de laurier.

4. Orose, VII, 12 : Terme motu IV urbes Asiae subversae, Helea (Elaea), Myrina, Pitana, Syme

(Cyme) et. Graeciae civitatcs duae, Opuntiorum et Oritorum. — Syncelle, éd. de Bonn, p. 653 ([). 347 A) : ’Atrta; 4’ ttoXei; xaTS7rnûÔ7jiTav, Mvpn/a, îlv-zvn '/.où. Kûyvj, 'EDÙâSoç ds ’OtïovvtIz

•/j/. \ "Llpiroc.

5. La sd-rie des monnaies impériales de Myrina ne descend pas au-delà de Tranquillina (Mionncl, Description, III, n° 133). — C. Alexandre a rétabli par conjecture le nom de Myrina dans la série des villes grecques dont la destruction est prédite par les oracles sybillins (III, \. 344).

6. Anon. Ravenn., éd. Pinder et Parthey, p. 107, 16 : Juxta mare magnum sunt civitates .

Teon, Sinurna, Tcinurn, Cymme , Mirina, Helea, Pitana. — Ibid., p. 312, 5 : Cime, Mirimna , Elea.

HISTOIRE DE MYRINA

quoque civitas est Cistron, Colophonea, Lebedon, Teum, Smirna, Tennon, Sime, Mirea , quam divïnus pontifex supra dicta Paiera oriundus Sanctus Nicholaus illuminât b L’ignorant compilateur a confondu Myrina en Éolide avec Myra en Lycie, dont saint Nicolas a été évêque au rve siècle 2.

Pendant le Bas-Empire, Myrina fut le siège d’un évêché dépendant de celui d’Éphèse. On la trouve citée jusqu’à la fin de l’Empire grec, dans les listes d’évêchés qui nous sont parvenues de cette époque 3. Nous connaissons les noms de quelques-uns de ses évêques, Dorothée (431), Proterius (451), Jean (553) et Cosmas (787) 4. Puis elle disparaît de l’histoire après une existence obscure de dix-sept siècles,- et ses débris servent à construire les bourgades voisines de Klisé-Keui, de Tchandarly et d’Ali-Aga.

1. Guidonis Geographica, à la suite de l’Anonyme de Ravenne, p.528.

Page 1