Bernoulli, Aphrodite, p
7. Nous en avons publié un catalogue plus étendu dans la Gazette Archéologique de 1887.
Musée du Louvre, découverte en 1650 à Fréjus 1 et connue sous le nom de Vénus Genitrix. Nous n’en donnerons pas ici un nouveau catalogue, mais nous indiquerons seulement les statuettes en terre cuite, presque toutes inconnues de M. Bernoulli, qui répètent le même motif avec des modifications peu importantes.
i-6. Ce sont les nos 26 b/s, 27, de notre Catalogue, et les nos 627, 628, 678, 788 du Catalogue du Louvre, Terres cuites et autres Antiquités. Le n° 678 provient d’Aegæ en Éolide, le n° 788 (figurine vernissée) de Smyrne, les autres de Myrina.
7-10. Figurines découvertes à Myrina, que j’ai dessinées sur place, mais qui ne figurent pas au Musée du Louvre :
7. Haut. 0m,24, socle de 0m,05. Terre rouge. Manque le bras gauche à par¬
tir du coude. Le sein gauche est découvert. Au revers du socle, lettres 0€ (voy. plus haut, p. 182, n° 127.) Travail peu soigné.
8. Haut. 0m, 1 6; socle de 0m,04. Terre rouge. La main gauche est à peine ébau¬
chée. Le sein gauche est découvert. Travail sommaire.
9. Haut. 0m,23; socle de0m,015. Terre rose. La draperie moule les formes du
corps avec plus de fidélité que dans les autres répliques. Les cheveux, tressés régulièrement, sont surmontés d’un bandeau dont les extrémités découpées retombent sur les épaules. Le sein gauche est découvert. Travail soigné.
10. Haut. 0m,13; socle de 0m,02o. Terre rouge. La tête a beaucoup souffert.
Travail médiocre 2.
11-12. Deux répliques du même sujet au Musée d’Athènes, provenant deMyrina (nos d’inventaire 1263, 1269; n03 6 5 7 et 664 du catalogue inédit de M. Paris, faisant suite à celui de M. Martha.)
13. Statuettede Smyrne (?), trouvée avec une réplique de l’Aphrodite de Cnide. —
Frœhner, Terres cuites d’Asie-Mineure, p. 49, pi. 22.
14. Terre cuite du Musée de Berlin acquise à Athènes. Réplique très libre. —
Friederichs, Arch. A/izeiger, 1865, p. 64; Bernoulli, Aphrodite , p. 90, 29° 3.
15. Terre cuite de Mégare, Collection Lecuyer. Réplique très libre. La main gauche est élevée, la main droite placée sur le milieu du corps. — Cartault, Collection Lecuyer, pl. V3.
t. Clarac, Musée, pl. 339, n° 1449; Frôhner, Notice, n° 135; Villefosse et Thêdenat, 7nscriptions romaines deFréjus, 1884, p. 18 (= Millia, Voyage dans les départements du Midi, t. II, p. 491.)
2. Dans mon Catalogue du Musée impérial de Tchinly-Kiosk, nos 638 et suiv., j’ai signalé (leux répliques du môme type provenant de Myrina (639, 640); je ne sais si elles ne sont pas identiques à deux de nos n01 7-10.
3. M. Bernoulli croit cette figurine identique au n° 10 de l’inventaire de l’Antiquarium. J’en ai vu une semblable et de même provenance portant le n° 4878.
DESCRIPTION DES PLANCHES
La célébrité do ce motif dans l’antiquité n’est pas seulement attestée par le nombre et la diffusion des répliques l, mais par le fait qu’on le retrouve sur les revers des monnaies impériales de Sabine qui portent la légende veneri genetrici 2. Cette Venus Genitrix est l’aïeule de la famille des Jules 3, et l’on sait que César lui avait élevé un temple à Rome ; Arcésilas, vers 46 avant J.-C., avait sculpté la statue de la déesse pour ce sanctuaire4. Visconti, se fondant sur les monnaies do Sabine, crut reconnaître la Vénus d’Arcésilas dans les statues d’Aphrodite drapées d’une étoffe transparente5; cette opinion fit fortune 6, et le nom de Vénus Genitrix est resté attaché à ce motif de la statuaire. On ne tarda pas cependant à soupçonner, comme l’avait déjà fait Visconti, qu’il devait remonter à un original grec plus ancien que le ier siècle avant notre ère. L’argument tiré des monnaies n’a qu’une valeur médiocre, puisque la même légende se retrouve auprès de types entièrement différents \ Les surnoms do Vénus, Félix , Victrix , Genetrix , étaient souvent inscrits sur les monnaies sans allusion précise à des œuvres d’art connues. Depuis que l’art attique a été étudié plus exactement, on a cessé de voir dans la transparence des étoffes et dans les draperies qu’on appelle mouillées un argument contre l’ancienneté des statues 8 : la statue dite Iris du Parthénon, les Victoires de la balustrade de l’Acropole, pour ne citer que ces exemples, prouvent assez que cette mode,
L L’une d’elles, un petit bronze d’un beau travail, a été découverte en Suède (Montelius, Antiquités Suédoises, Stockholm, 1873-75, p. 109, n° 369 et vignette.)
2. Müller-Wieseler, Denkmaler, ii, n° 263 a ; Visconti, Mus. Pio Clem., ni, pl. c, n° 2; cf. ibid., pl. 8; ii, pl. 2; Frôhner, Notice de la sculpture du Louvre, p. 167; Cohen, Méd. Imp., ii, p. 238, 24; p. 261, 79, 82. Le même type sans inscription paraît sur des monnaies de Philadelphie, Nouv. Galerie mythologique, pl. 16, 1.
3. 'ils àp/ïjyc'rtJo; roü ysvouç «ùroü oîctïj; (Dion, xxxxm, 22); cf. Appien, Bell. Civ., il, 68, 76, 102; Wissowa, De Veneris simulacris romanis, Vratislaviæ, 1882, p. 23. Vénus Genitrix est identique à Vénus Victrix (Mommsen, Corp. inscr. lat., i, p. 397; ReifTerscheid, Annali, 1863, p. 367); cf. la notice de la pl. vu, n° 5, p. 306-307.