‹ La nécropole de MyrinaChapitre 277 sur 488 · Campana, Anlichc opère in plastica, pl. xi · texte numérisé non relu

Campana, Anlichc opère in plastica, pl. xi

DESCRIPTION DES PLANCHES

à l’oie (pl. xlii, nos 4 et 5), le buste nu d’Aphrodite de la planche précédente et une coupe en verre de grande dimension ( Catalogue , n° 525). Au moment de la découverte, les traces de coloration étaient assez vives : la housse et la tour étaient peintes en rouge, les deux bossettes placées sur la tour en bleu. Ces couleurs ont beaucoup pâli depuis cinq ans. On peut voir par l’héliogravure que le modelé des figures est assez sommaire et que le groupe, une fois sorti du moule, n’a subi qu’un petit nombre de retouches.

L’éléphant, comme l’indique la forme de l’oreille et la saillie de la bosse frontale, appartient à la race de l’Inde *. Il porte au cou une grosse clochette, destinée, dans la pensée dos anciens, à l’exciter par le bruit dont elle accompagnait sa marche 2. Les bandes parallèles que l’on voit entre l’oreille et la naissance de la trompe, ainsi que les stries horizontales indiquées à la partie inférieure des jambes, sont peut-être des lames de métal destinées à protéger l’animal ou simplement la reproduction exagérée des plis de la peau, très prononcés chez les pachydermes 3. La longue housse rouge placée sur le dos de l’éléphant est mentionnée par un texte ancien 4; c’était moins une défense qu’une parure, qui ajoutait à l’effroi inspiré par ces animaux lorsqu’on les voyait s’avancer en phalange serrée. L’indication de la tour est très rare dans les monuments figurés 5. Elle était en bois,

1 . Cf. Berger, Gazette archéologique, 1877, p. 24; Perrot et Chipiez, Histoire de l’art, t. Il, p. 271; Lenormant, Zeitschrift für ægyptische Sprache, 1870, p. 21.

2. Cf. une monnaie dans Mionnet, Description, I, p. 103, n° 60 (F. de Domenicis, Répertoria numismatico, 1826, I, p. 238); une pierre gravée décrite par Toelken [Verzeichniss, p. 402); un poids d’Antioche publié par Longpérier ( Monumenti dell’ Instit., IV, pl. xlv, nos 11 et 11 b; Longpérier, Œuvres complètes, III, p. 211.) Sur les clochettes en général, cf. Stephani, Compte-Rendu p. 1864, p. 179.

3. Mômes indications sur une monnaie de Juba II dans Muller, Numismatique de l’Afrique, t. III, p. 103, et sur une monnaie de César dans Cuper, De elephantisin nummis obviis, reproduite par Sallengre, Novus Thésaurus, t. III, p. 168. Les éléphants étaient tantôt cuirassés entièrement (x«TXfp«xTol, loricati), tanlôt caparaçonnés en partie (Eckhel, Doctrina, t. VII, p. 19; Cuper, loc.cit., p. 206,211; Hirtius,De Bell. Africano,c. lxxii.) Une belle tète en bronze d’éléphant caparaçonné a fait partie des collections Durand ( Catalogue , n° 1940), Pourtalès (Catalogue, n° 694), et Gréau (. Bronzes de la Collection Gréau, n° 118); elle a été publiée dans le Catalogue illustré de cette dernière collection et dans la Gazette des Beaux- Arts, 1866, t. XX, p. 171. Cf. Gerhard, Antike Bildwerke, pl. 120; Armandi, Histoire des éléphants, pl. i, p. 550; Lacroix, lies de la Grèce, pl. 6, etc.

4. Los éléphants d’Antigone, au témoignage de Plutarque ( Eumène , xiv), étaient recouverts de housses en drap rouge.

5. Une tessère de plomb publiée dans le Bulletin de Correspondance Hellénique (t. VIII, pl. i, n° 10) représente un éléphant tourrelé. Sur une pierre gravée publiée par La Chausse

haute d’un mètre environ, protégée contre les coups qui pouvaient ébranler sa paroi longitudinale par deux bossettes circulaires en métal. Les tours portées par les éléphants, qui les ont fait souvent comparer à des murailles en marche *, servaient d’abri à des soldats armés de javelots et de llèches 2. Sur une pierre gravée du Cabinet des Médailles 3, un éléphant de guerre, enlevant un homme avec sa trompe, porte une espèce de bàt muni d’un parapet peu élevé audessus duquel on aperçoit deux guerriers tournés l’un à droite et l’autre à gauche h Le guide, assis comme les cornacs de l’Inde actuelle sur le cou de l’animal 5, le dirigeait à l’aide d’une espèce de harpon nommé ap~/i 6.

La nationalité du guerrier terrassé, que l’éléphant saisit au cou par sa trompe, soit pour le projeter au loin, soit plutôt pour l’écraser sous ses pieds 7, est indiquée avec une précision qui ne laisse place à aucun doute. Sa grande taille, sa nudité complète, la forme particulière de son épée et surtout son énorme bouclier ovale 8, caractérisent

(Recueil, t. II, pi. 129) et reproduite dans P Histoire des Romains de M. Duruy (t. VI, p. 488), on voit deux éléphants traînant un char et portant une double tour à deux étages. Mais l’authenticité de cette pierre paraît suspecte (cf. Toelken, Ver:eichniss, p. 27.) Une tour imparfaitement indiquée se voit sur une monnaie de Juba II (Muller, Numism. de l'anc. Afrique , t. III, p. 108; Supplém., p 63.) Les représentations d’éléphants tourrelés dans Potier ( Archæo logia Græca , t. II, pi. i de l’éd. allemande de 1776 et tome XII, p. 439, du Thésaurus de Gronovius) sont dessinées d’après le texte et de pure fantaisie. Pour les témoignages des anciens, voj. Cuper, dans le Thésaurus de Sallengre, t. III, p. 80-82.

1. Silius Italicus, ix, v. 239; Quinte-Curce, vin, 12, 7; 14, 13; ix, 2, 13.

2. Pline, Hist. Nat., vm, 9. Cf. Armandi, Histoire militaire des éléphants, p. 239.

3. Duruy, Histoire des Romains, t. I, p. 349; Dosson, édit, de Quinte-Curce, 1882, p. 474 (Chabouillet, Catalogue, n° 1911.) Le dessinateur n’a pas indiqué le bât, qui est très distinct sur l’original.

4. Les témoignages des auteurs varient sur le nombre des soldats qui prenaient place dans les tours. Cf. Armandi, op. laud., p. 260.

3. Armandi, ihid., p. 233. Cf. une statuette en plomb du Musée de Dresde, Revue archéologique, 1887, I, p. 103.

6. Montfaucon, Antiquité expliquée, Supplément, t. III, pl. 224, pl. 90 (diptyque du consul Basile.) Cf. Miiller, Numism. de l’anc. Afrique, III, p. 16 et Supplém. p. 63, qui renvoie aux textes antiques sur la dforn. Les cornacs s’appelaient éléphantistes (Aristote, Hist. Anim., ii, 1) ou êléphantagogues (Pollux, t, 140). Polybe (r, 40, 13; ni, 46, 7 et 1 1 ; xi, 1, 2) et Tile- Live (xxxvm, 14, 2) leur donnent aussi le nom d ’Indi, sans doute parce que la plupart arrivaient de l’Inde avec les éléphants qu’ils étaient chargés de conduire.

7. Plin. Hist. Nat., vin, 9; Diodorc, ir, 16, 17, 18; Quinte-Curce, vm, 14, 27.

8. Diodore, v, 30, 2 (ottIqiç de ypùvrcu Ovpeoïç Kv3poy.riv.ein)' Strabon, îv, 4, p. 163 Didot (Qvpeô; y.rj.v.poç) ; Virgile, Enéide, vm, 662 ( sentis protecti corpora longis). Ces boucliers se voient sur les monnaies gauloises, sur les monnaies de familles romaines frappées en l’honneur de victoires sur les Gaulois, sur la statue du guerrier Gaulois trouvée à Avignon, sur les

avec netteté un do ces Galates qui furent la terreur de l’Asie-Mineure au me siècle av. J. G. L’art grec de l’époque hellénistique s’est complu dans la représentation de ces guerriers redoutables; il suffît de rappeler ici le Galate mourant, dit Gladiateur du Capitole, le groupe du Galate vaincu tuant sa femme, dit Arria et Fœtus , et les répliques partielles du groupe consacré par le roi Attale sur l’acropole d’Athènes h

La nécropole de Myrina a fourni elle-même une seconde figure de Galate, également reconnaissable à ses cheveux pendants, à sa nudité, à son bouclier long et ovale, qui rend d’une façon encore plus complète la physionomie d’un de ces barbares si redoutés. Nous en donnons ici une reproduction (fig. 43) 2 . On s’assurera qu’elle est

trophées de Parc d’Orange, etc. Cf. M>3 de Lagoy, Recherches de numismatique sur l'armement et les instruments de guerre des Gaulois, Aix, 1849, pl. n, nos 2, 3, 7, 8, 10, 11, 12; Desjardins, Géographie delà Gaule, t. II, pi. ix; Reinach, Catalogue du Musée de Saint-Germain, p. 21,22, 107, 167; Caristie, Monuments d’Orange, 1837; Catalogue Castellani, 1884, n° 403 et vignette ; Revue archéologique, 1872, t. I, p. 133 (interprétation de F. Lenormant, contestée depuis) ; Ulrichs, Reisen und Forschungen, t. I (1840), p. 38; Longpérier, Œuvres, t. II, p. 374; Wolters, Jahrbuch des Instituts, 1886, p. 86.

1. Wolters, Gipsabgüsse, nos 1411-1413; Brunn, Annali, 1870, p. 292; Fôrster, Archaôl. Zeitung, 1874, p. 101; Kliigmann, ibid., 1876, p. 33; Thrïimer, die Siégé der Pergamener liber die Galater, 1878; Lucy Mitchell, History of ancient sculpture, fîg. 231, 232; Overbeck, Geschichte der Plastik, t. H, fig. 124. Pour d’autres statues de Gaulois, v. Wolters, Jahrb. des Instituts, 1886, p. 83-87. Le Musée Britannique possède un petit bronze représentant une femme gauloise ornée du torques', deux groupes en terre cuite du Musée de Berlin, découverts à Pergame, figurent peut-être des guerriers Galates ( Revue Archéologique, 1887, I, p. 103.) Un cavalier en terre cuite, provenant de Tarse, porte un bouclier oblong qui paraît gaulois (Frœhner, Musées de France, pl. 31, 6.) Il y a peut-être des représentations de Galates parmi les grotesques et les esclaves; cf. notre Catalogue du Louvre, Terres cuites de Myrina et autres antiquités, n° 817, et Furtwængler, Collection Sabouroff, notice de lapl. 138.

Page 1