‹ La nécropole de MyrinaChapitre 278 sur 488 · Voy. notre Catalogue, n · texte numérisé non relu

Voy. notre Catalogue, n

tout à fait analogue à la figure du guerrier renversé sous les pieds de l’éléphant et que les deux personnages appartiennent bien à la même race.

Nous ne connaissons encore qu’ imparfaitement l’histoire des ouerres que les princes syriens d’abord, puis les rois de Pergame, soutinrent contre les Galates au me siècle avant notre ère h L’autel de l’acropole de Pergame, élevé probablement par Eumène II, a perpétué le souvenir des victoires d’Attale Ier et de son successeur ; ces victoires avaient été précédées d’une autre, dont le retentissement ne fut pas moindre dans le monde grec, celle qu’Antiochus remporta sur les Tectosages en Phrygie. Lucien nous a conservé un récit de cette bataille, emprunté sans doute à un témoignage contemporain 2. Les seize éléphants d’Antiochus décidèrent du sort de la journée. « Les éléphants, dit Lucien, foulent aux pieds les Galates renversés, les lancent en l’air avec leurs trompes ou les font prisonniers, les perçant de leurs défenses ; en un mot, ils font remporter à Antiochus une victoire complète. » Le roi ordonna que sur le trophée on ne sculptât que la figure d’un éléphant.

Cette victoire valut à Antiochus le surnom de Soter et fut accueillie avec transports dans toute l’Asie. Il est probable que les éléphants des princes grecs ne jouèrent pas un moindre rôle dans les guerres qui suivirent. Le trophée d’Antiochus était comme un exemple donné aux artistes, en particulier dans cette région voisine de Pergame qui avait tant eu à souffrir des invasions galatiques et qui prit naturellement une grande part aux triomphes des Attalides3. Le peintre Pythéas de Bura, au témoignage d’Étienne de Byzance, était l’auteur d’un éléphant que l’on voyait à Pergame 4. C’était l'époque où de nombreux artistes travaillaient à consacrer le souvenir des victoires d’Attale et d’Eumène II sur les Gaulois 5.

L lvoepp, Rheinisches Muséum, t. LX (1885), p. 114 et suiv.

2. Lucien, Zeuxis, èd. Teubner, l. I, p. 398. Cf. Armandi, Histoire militaire des éléphants, p. 69 cl suiv.

3. Myrina faisait alors partie du royaume de Pergame (voy. p. 48).

4. Stepli. Byz. s. V. BoO pu, izoht; ’A^ataç... h. raûr yj; >)v n vOict; Çwypvpoç, oo êtrriv spyov oh IlSjOyàyw èléfxç.

5. Pline, Ilist. Nat., xxxiv, 84; Pausanias, i, 25, 2; Urlichs, Pergamenische Inschriften, p. 21 et suiv.; Loewy, Inschriften griechischer Bildhauer, p. 113 et suiv.

DESCRIPTION DES PLANCHES

Nous n’affirmerions pas que le motif de l’éléphant foulant aux pieds le Galate ait été traité par la grande sculpture d’alors h Mais il est né assurément sous l’influence des mêmes événements; il se rapporte aux victoires des princes grecs de l’Asie sur les Galates, et mérite à ce titre d’occuper une place à côté des trophées d’Attale et d’Eumèno exhumés sur l’acropole de Pergame.

2. Aphrodite jouant avec des Éros. — Voy. Catalogue , n° 47. Les imitations en terre cuite d’objets en bronze sont relativement rares à Myrina. Le groupe que nous décrivons appartient évidemment à cette classe : tant par la forme générale que par le caractère du relief, il fait songer aux miroirs métalliques historiés dont on a trouvé d’assez nombreux spécimens en Grèce 2 . Il rappelle aussi un autre motif très fréquent, Aphrodite sortant d’une coquille ou se détachant sur une coquille qui sert de fond 3. Le geste d’Aphrodite est le mouvement bien connu qui consiste à relever un coin du pé riblèma pour le rabattre sur la poitrine; ici, la draperie est absente, ce qui semble indiquer une imitation sommaire d’un modèle de bronze plus délicatement travaillé.

Aphrodite groupée avec plusieurs Éros est un motif de la peinture qui a passé de là dans les bas-reliefs 4. Celui-ci, à en juger par les trous de suspension pratiqués dans une saillie du revers, était destiné à décorer une paroi comme un ex-voto (wîva£.) C’est, à notre connaissance, le seul médaillon de ce genre qui ait été découvert à Myrina ; la forme et le motif en sont également nouveaux.

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