CHAPITRE II
LES TOMBEAUX
En fouillant la nécropole de Myrina, notre but n’a pas été seulement de découvrir des spécimens authentiques des terres cuites d’Asie; l’exploration méthodique des tombeaux nous offrait encore un autre intérêt. On sait que jusqu’à présent les travaux de ce genre ont trop souvent manqué de direction scientifique. Presque partout les fouilles ont été faites clandestinement par des paysans ou par des marchands, sans autre but que le négoce. En Grèce même, où la vaste nécropole de Tanagre fournissait un incomparable champ d’observations multiples, les fouilles n’ont guère été que la source d’un commerce d’antiquités qui peu à peu a épuisé la nécropole, sans que la science pût en tirer profit. Il est vrai de dire que, dans ces dernières années, la Société Archéologique d’Athènes a envoyé à plusieurs reprises quelques-uns de ses représentants 1 pour assister à l’ouverture de tombeaux chez
1. En 1 876, on fouilla à Tanagre du 27 février au 16 juillet, sous la surveillance de MM. Slamatakis et Dimitriadis; déjà, en 1873 et 1874, la Société avait fait exécuter quelques travaux, mais moins importants. Cf. Haussoullier, Quomodo sepulcra Tanagraei decoraverint, p. 62 et note 1.
des propriétaires qui avaient obtenu régulièrement le droit de fouilles, ou pour faire des explorations à ses propres frais; mais les rapports envoyés à ce sujet sont encore manuscrits, et rien n’en a été publié jusqu’à ce jour. Le seul travail d’ensemble qui existe sur cette nécropole est la thèse latine d’un membre de l’École Française, M. Haussoullier, qui, pondant un long séjour à Tanagre, a soigneusement recueilli toutes les informations qu’on pouvait obtenir des habitants, étudié remplacement de la nécropole, et vu ouvrir quelques tombeaux h Malgré ce travail consciencieux, qui a réussi seulement à sauver pour la science les épaves d’un si riche butin, on ne peut pas dire qu’une nécropole grecque ait encore fait l’objet d’une exploration méthodique et nous avons lieu d’espérer que les observations recueillies à Myrina, pendant trois années de fouilles, sur un nombre de quatre à cinq mille tombeaux, seront bien accueillies des archéologues.