‹ La nécropole de MyrinaChapitre 288 sur 488 · Ross et Schaubert, Der Tempel der Athéna Nike, pl. ii, a · texte numérisé non relu

Ross et Schaubert, Der Tempel der Athéna Nike, pl. ii, a

DESCRIPTION DES PLANCHES

féminines. Il se rapproche alors de Dionysos et d’Hermès, dont il ne se distingue plus que par les ailes ; comme eux, il est l’idéal éphébique, tel qu’on le concevait dans l’entourage de Platon, avec cette différence que l’art, en rajeunissant les deux autres divinités, lui a au contraire ajouté les quelques années qui séparent le melléphèbe de l’adolescent. Dès l’époque de Praxitèle, un nouveau dieu vient s’ajouter au même groupe : Apollon, archer comme Eros, tend à se confondre avec lui l. L’Apollon Sauroctone est un Eros auquel la fantaisie du sculpteur a coupé les ailes, et l’on a pu supposer qu’une jeune fille avait posé pour la charmante image du jeune dieu 2.

Dans l’aspect androgyno do ces représentations d’Eros, il faut se garder de voir un souvenir des vieilles conceptions de l’art oriental, ni même le type proprement dit de l’Hermaphrodite, qui ne se développa qu’assez tard en tant que création indépendante et prit facilement un caractère licencieux 3. Ce qui nous paraît étrange dans le type d’Eros hermaphrodite est précisément ce qui choque les idées modernes dans quelques dialogues de Platon : l’assimilation de la beauté virile à la beauté féminine, les hommages adressés à celle-là qui ne nous semblent convenir qu’à celle-ci 4. Le développement des mœurs éphébiques, en ce qu’elles avaient de plus élevé, peut seul expliquer Platon et Praxitèle, ou plutôt le philosophe et l’artiste s’expliquent et s’éclairent mutuellement. Pas plus que Phèdre ou Charmide, l’Éros de Praxitèle n’est hermaphrodite : il est beau de la double beauté de l’homme et de la femme ; c’est le chef-d’œuvre, ce n’est pas une erreur de la nature.

Même chez le peuple le plus délicat de la terre, les idées des philosophes et des artistes illustres deviennent difficilement celles du grand nombre. Une pente rapide conduit des jeunes dieux de Praxitèle aux représentations sensuelles de l’Hermaphrodite. L’influence des religions orientales, à la fois mystiques et grossières, et surtout la décadence des mœurs, dénaturèrent l’idéal que la civilisation athénienne avait conçu. L’hermaphroditisme ne fut plus la synthèse de deux

L Le peintre Pnusias représenta Éros avec la lyre d’Apollon (Pausanias, n, 27, 3.)

2. Rayet, Monuments de l’art antique , t, II, pl. 43, p. 10 de la notice.

3. Voy. Kieseritzky, P Ermafrodita Costanzi, dans les Annali dell’ Instituto, 1882, p. 243-273.

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