Voy. le préambule du Charmide de PlatoD
beautés, mais celle de deux sexes. On sait par quel raffinement l’hermaphrodite Borghèse résume cette équivoque en la précisant.
Avec les coroplastes de Myrina, nous ne sommes plus dans l’Académie de Platon, mais nous ne sommes pas encore à Pompéi. Sauf quelques exceptions, leurs Bros adolescents appartiennent à la lignée des éphèbes de Praxitèle, dont ils rappellent, avec des allures plus vives, le sourire discret et la grâce un peu rêveuse.
2. Êros hermaphrodite, jouant de la double flûte. — Voy. Catalogue , n° 58. Nous venons de dire que la sculpture du ive siècle avait rapproché le type de Dionysos de celui d’Eros adolescent *. Les divinités inférieures du cortège dionysiaque éprouvèrent une transformation analogue : il suffit de rappeler les Satyres de Praxitèle, inspirés par le même sentiment que ses Eros. Il n’est pas étonnant qu’Éros, à son tour, ait emprunté aux suivants de Dionysos quelques-uns de leurs attributs. A vrai dire, il ne s’agit plus ici d’Éros, mais de divinités secondaires, qui sont au dieu de l’amour ce que les Satyres sont à Dionysos. Tel est le joueur de double flûte découvert à Myrina, que l’instrument dont il joue (sans doute une double flûte en métal1 2), la nébride passée en bandoulière sur son torse, la couronne de pampres, feraient plutôt ranger parmi les Satyres, si la figurine n’avait pas été destinée à recevoir des ailes. On pourrait l’appeler un Eros bacchant, mais cette dénomination n’est pas antique. L’époque des coroplastes de Myrina est celle du syncrétisme, où les types plastiques, en se développant avec liberté, brisent les cadres étroits de l’ancienne mythologie. Les désignations primitives cessent d’être exactes : mais avons-nous le droit d’en inventer de nouvelles ?
1. Pausanias signale, dans un temple d’Athènes, un groupe de Thymilos représentant Dionysos et Éros (i, 20, 2). Ce rapprochement des deux divinités paraît surtout dans les peintures de vases (Furtwaengler, Eros in der Vasenmalerei, p. 39 et suiv.) On en aperçoit les premières traces sur les vases attiques du vc siècle ( ibid ., p. 36.) Voy. la notice de la pl. vii, n° 1.
2. Sur les accessoires métalliques des terres cuites, voy. la notice de la planche vi, n° 1. Sur la double flûte et la yopGsix, bandeau qui assujettissait les extrémités supérieures des deux flûtes, voy. Caylus, Recueil, t. VI, pl. 87, f, p. 276; Gerhard, Antike Bildw., pl. 86 ; Gartault, Collection Lecuyer, notice de la pl. Aq Rayet, Monum. de l'art ant., pl. 17; Heuzey, Catal. des figurines du Louvre, p. 159, 216; Monumenti dell’ Instit., 1849, pl. 10; 1880, pl. 24, etc.
DESCRIPTION DES PLANCHES