Voy. le procès-verbal du tombeau 114, p
11. Cf. p. 172, note 1, n° 2; p. 178, nos 57, 58; p. 189; Catalogue, nos 82, 83.
d’Élis 1 qui représentait Éros tenant à la main une palme que son adversaire Antéros s’efforcait de lui arracher. Le culte d’Antéros était spécial aux Éléens; ce dieu avait un autel particulier dans leur gymnase 2. Nous connaissons l’aspect du monument d’Elis par un bas-relief d’ischia qui est tout à fait conforme à la description de Pausanias 3. Braun y remarque 4 la différence des ailes, qui ont la forme usitée chez l’un des deux antagonistes et qui sont recoquillées chez l’autre, comme par un souvenir de la plastique ancienne, docile aux traditions de l’art asiatique et assyrien, où les ailes de ce genre sont données aux sphinx, aux griffons, aux chevaux ailés, etc. 5 Cette forme s’est perpétuée jusqu’à une époque tardive et nous la voyons appliquée plusieurs fois aux figurines de terre cuite, sans qu’on puisse toujours y voir une signification très spéciale 6. Pour le groupe des Éros lutteurs on pourrait supposer que les coroplastes, à l’imitation des sculpteurs, ont cherché à marquer la différence des deux personnages : Antéros aurait les ailes contournées comme les Gorgones, les Harpyes, l’Artémis Persique et d’autres divinités venues d’Orient, auxquelles les Grecs ont voulu prêter un caractère bizarre et effrayant. Le groupe symboliserait la victoire d’Eros sur Antéros, de l’amour chaste et légitime sur l’amour contre nature. Si le sens primitif a été tel, il n’en est pas moins certain que les fabricants de terres cuites, à l’époque hellénistique, n’attachaient plus beaucoup d’importance à ces détails, car nous possédons un spécimen où les ailes des deux adversaires sont pareilles 7. On voit aussi que l’aspect général de la composition s’est modifié. Ce n’est pas une