PLANCHE XXI
1. Niké volant. — Voy. Catalogue , n° 171. Nous avons donné ce nom à une série nombreuse de figurines que leur attitude et leur style rapprochent des Éros éphèbes (pl. xi à xv) dont elles paraissent copier les gestes mouvementés et dont elles sont, en quelque sorte, le pendant féminin 4. Elles dérivent évidemment du type de la Victoire portant une couronne ou une bandelette, qu’on vient de voir dans la planche précédente (nos 1, 2, 3), et c’est pourquoi nous leur conservons ce nom. Mais elles prennent ici un caractère de fantaisie plus libre qui appartient en propre à l’art hellénistique. Elles portent des accessoires qui n’ont plus rien de commun avec le rôle ordinaire do la Victoire, un canthare, des crotales, un coquillage5, et elles prennent place avec leurs compagnons, les Eros, dans le tbiase joyeux d’Aphrodite et deBacchus. M. Cartault a publié une figurine de Myrina analogue à la nôtre, en acceptant la désignation que nous proposions et en y joignant un commentaire intéressant sur le rôle nouveau de Niké dans la poésie alexandrine 6. Nous ferons seulement remarquer que la Niké danseuse existait déjà dans l’art du ve siècle : le trône du Jupiter Olympien était orné de quatre Victoires « yopsuou tôv TOxpe^opisvai cyry.a ' . » Ce type n’est donc pas né de l’imagi-
1. Terres cuites d’Asie- Mineure, pl. G; cf. Collection Gréau, pl. 37, 99.
2. Decharme, Mythologie de la Grèce antique, p. 508; cf. les textes dans Pauly, Rcalencyclopaedie, art. Gymnasium, p. 988.