Frœhner, Annali dell’ Inst., 1884, p
DESCRIPTION DES PLANCHES
semblance générale des figures endormies dont les statues et les bas-reliefs gréco- romains offrent tant d’exemples. Les personnages mythologiques qui ont été représentés dans cette attitude sont principalement Ariane l, les Satyres 2 et les Bacchantes 3, Hermaphrodite 4 et Éros. Éros endormi symbolise la mort sous deux aspects principaux 5: tantôt il est debout, les jambes croisées, appuyé sur une torche renversée, modèle que nous avons rencontré à Myrina 6; tantôt il est couché avec différents attributs, la torche 7, les pavots, le lézard, la peau de lion et la massue d’Héraklès 8. La figure qui nous occupe s’éloigne de ce dernier type parce qu’Eros ne paraît pas sous les traits d’un enfant, mais comme un adolescent; elle se rapproche beaucoup, on revanche, du type traditionnel d’Ariane endormie, si fréquent sur les sarcophages, et de celui du Satvre dormant, dont le Faune Barberini et le Satvre en bronze d’Herculanum sont les spécimens les plus célèbres. Dans ces deux dernières œuvres, le corps est moins penché, mais la position des bras est fort analogue 9. Cette attitude seule suffirait à prouver que notre figurine n’est pas un Éros funéraire et n’a qu’un rapport très éloigné avec les représentations de cette nature. Elle appartient au contraire, si l’on peut dire, à la même famille que le Satyre d’IIercu-
1. Voy. la prétendue Cléopâtre du Vatican, Baumeister, Denkmàler, fig. 130 ; Mus. Pio Clem., ii, pl. 44; Wolters, Gipsabgüsse, n° 1372. Pour les très nombreuses répliques de ce type dans la peinture et la sculpture, cf. Stark, Berichte der sachsischen Gesellschaft, 1860, p. 26 et suiv.; Raoul-Rochette, Choix de peintures , p. 30 et Monuments inédits, p. 23; Reinach, Catalogue du Musée de Constantinople, p. 90-91; Stoll, dans le Lexikon der Mythologie Bq Roscher, I, p. 343-546; Heuzey, Catalogue des figurines du Louvre , p. 43-46.
2. Satyre dormant de Munich, dit Faune Barberini, Lützow, Mùnch. Antiken, pl. 30, p. 51; Wolters, Gipsabgüsse, n° 1401. Satyre dormant d’IIerculanum , Mus. Borb., x, pl. 61; Rayct, Monuments de l’art antique, pl. 60. Cf. Clarac, Musée de sculpture, pl. 704 A, n° 1689 A; pl. 713, nos 1698, 1699; pl. 715, n° 1706; pl. 716 B, n° 1722 A; pl. 720, n° 1722; pl. 738, nos 1754 A, 1762 A; pl. 741, n» 1784.
3. Clarac, Musée, pl. 703, nos 1667, 1668, 1669; Milchhœfer, n xp-jxnnôç, 1880, 3° livr.
4. Clarac, Musée, pl. 668, n° 1347; pl. 303, n° 1332; Kieseritzky, Annali, 1882, p. 245.
5. Cf. Furtwængler, art. Éros, dans le Lexikon der Mythologie, p. 1369.