‹ La nécropole de MyrinaChapitre 329 sur 488 · Voy. p · texte numérisé non relu

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DESCRIPTION DES PLANCHES

cuites, comme les marbres et les bronzes, représentent assez souvent la figure de Psyché, mais de préférence en compagnie d’Éros l.

2. Bacchante assise. — * Voy. Catalogue , n° 184. Cette figurine forme un pendant digne de l’autre, mais elle procède d’une école d’art différente. Les formes du corps sont pleines et vigoureuses, la taille forte; dans certaines parties, comme dans le bras droit, on sent même l’exagération de la complexion robuste que l’artiste a voulu rendre. Il a dépassé le but, comme il arrive souvent dans ces œuvres d’art industriel, et il n’a pas su garder la proportion entre le corps un peu massif et la tête qui paraît trop petite, perdue qu’elle est sous une volumineuse coiffure de pampres et de baies. Malgré ces défauts, on ne saurait trop admirer le mouvement noble et aisé du corps, la chute des draperies largement traitées dans la partie inférieure et qui rappellent la facture des meilleures œuvres de l’époque classique. On est tenté, au premier abord, de prendre pour une négligence d’ouvrier la forme bizarrement effilée qui est donnée à la main gauche ; mais l’attitude générale fait voir que la femme devait tenir un miroir dans lequel elle se regardait avec coquetterie. Le coroplaste a pincé fortement l’extrémité do cette main quand l’argile était encore fraîche, pour l’allonger et y coller un accessoire qu’il a négligéensuite d’ajouter, oubli que nous avons déjà constaté plusieurs fois 2.

Non moins que ces détails, le choix du sujet présente à l’esprit un problème qu’il importe d’examiner. Nous ne pouvons pas douter que cette femme ne soit une Bacchante : les pampres qui ornent sa coiffure, la peau de panthère jetée sur le rocher qui lui sert de siège, ne laissent subsister aucune incertitude 3. Mais reconnaissons-nous dans cette coquette personne, si occupée de sa parure et de son visage,

1. Psyché seule est assez rare; outre les deux statuettes de Myrina que nous venons de citer et celles du Catalogue , nos 176, 177, on n’en connaît que peu d’exemplaires; Arch. Zeitung, 1848, p. 278, n° 18; Clarac, Mus. de sculpt., pl. 634, nos 1302, 1303; Collection Lecuyer, pl. E4, no 5. Pour Psyché groupée avec Éros, voy. la notice de notre pl. xxxn et la lîg. 30.

2. Voy. les notices des pl. vi, n° 1 ; pl. xm, no 1 ; pl. xxi, no 1.

3. Cf. Collection Lecuyer , pl. Q3. Une admirable ligure de Bacchante debout, provenant de Tanagre, faisait partie de la collection de M. Bayet ( Catalogue , n° 86; Gazette des Beaux- Arts, sept. 1878, p. 361, vignette); elle appartient actuellement à M. de Rothschild. Voy. une série de femmes drapées, couronnées de pampres, interprétées comme Bacchantes par Clarac,

Mus. de sculpt., pl. 701, n® 1661; pl. 702, nos 1662 à 1663.

la sœur des Ménades bachiques qui conduisaient autour de Dionysos leur ronde affolée et se livraient à de furieux et sangdants ébats? On ne pensera pas que le nom d’Ariane lui convienne mieux. Cette coquetterie un peu maniérée n’est pas dans le caractère de l’épouse délaissée de Thésée, recueillie par Dionysos; la peau de panthère n’est pas non plus un symbole qui lui soit propre. Nous sommes plutôt porté à y voir un nouvel exemple de combinaisons de types et d’arrangements familiers à l’art hellénistique. Le motif d’Aphrodite à sa toilette 1 avait donné naissance à une foule de répliques gracieuses, représentant une jeune femme assise et se mirant, dont les coroplastes du ive siècle ont fourni de nombreux exemplaires 2. L’artiste de Myrina a sans doute pensé le rajeunir et lui donner un attrait nouveau en prêtant à la femme les attributs d’une Bacchante.

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