‹ La nécropole de MyrinaChapitre 328 sur 488 · PLANCHE XXIV · texte numérisé non relu

PLANCHE XXIV

i. Psyché assise. — Voy. Catalogue , n° 175. Assise et accoudée sur une éminence aux formes tourmentées, la jeune femme paraît se réveiller d’une longue rêverie et faire un geste de surprise en apercevant un personnage que nous ne voyons pas et qui est peut-être Eros b Nous ne chercherons pas à serrer de plus près le sens de cette gracieuse composition, qui ne perd rien à rester dans le vague. Elle appartient à la série connue des représentations do Psyché assise seule et rêvant 2. Le haut de la tunique est défait et glisse doucement sur le sein droit qui reste découvert : c’est un motif intermédiaire entre les figures entièrement drapées qui remontent au ive siècle et les représentations gréco-romaines, où l’on arrive à représenter Psyché complètement nue 3. Les ailes de papillon sont elles-mêmes une invention postérieure à l’art de la belle époque grecque qui donne souvent à Psyché des ailes d’oiseau, comme à Eros 4. La couronne en bourrelet dont elle est coiffée est également un attribut qui lui vient d’Eros 5. La longueur du torse un peu grêle est un des caractères propres à la technique de Myrina qui s’est formée sous l’influence du canon de Lysippe 6. Les terres

7r apoàovpyêç ou 7 zrr/vtrléç, dans lequel les bandes de pourpre, pcüêSoi, étaient placées de chaque côté, c’est-à-dire verticalement. Nous avons cité plus haut (p. 138, note 4) l’exemple rare d’une figurine dont la tunique porte une large bande de couleur placée verticalement. Les bandes verticales deviennent classiques dans l’habillement romain sous le nom de laticlave et d ’angusticlave; cf. lleuzey, art. Clams dans le Dict. des Anliq., de Saglio, I, p. 1242.

1. Voy. Psyché assise en face d’Éros sur un relief de miroir du ive siècle; Collignon, Bull, de Corr. hellén ., 1884, pl. 13; cf. Furlwængler, dans Roscher, Lcxüion der Mythol., p. 1370.

2. Cf. Collignon, Mythe de Psyché, p. 23 (p. 309 de la Bibliothèque des Êc. d’Ath. et de Rome.) La pierre gravée publiée par Millin ( Galerie Mythologique , I, p. 44, pl. 47, n° 195) est le monument qui offre avec le nôtre le plus de rapports; cf. Clarac, Mus. de sculpt., pl. 654, n° 1503, terre cuite de la collection Durand. Le Musée de la Société Archéologique d’Athènes possède une terre cuite de Myrina qui reproduit notre sujet avec de légères modifications : Psyché est assise sur un siège posé sur le rocher; sa jambe droite pend, son pied gauche relevé est appuyé sur le rocher; le torse est nu; couronne en bourrelet sur la tète, ailes de papillon; les bras sont endommagés; P. Paris, Catalogue des figur. du Mus., n° 678 (inédit).

3. Cf. Furlwængler, l. c.; voy. dans Collignon, op. I., le Catalogue des monuments figurés qui représentent le mythe de Psyché.

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