Collection Lecwjer, notice de la planche G
3. Voy. les réflexions de M. Collignon sur un relief de miroir, Bull, de Corr. hellén ., 1883, p. 249.
hellénistique paraît avoir été habile dans ce genre de procédé.
Un autre détail nous montre encore l’adroit parti que l’artiste a tiré des types connus : c’est le bras droit levé qui repose sur la tête de Bacclius. Ce geste s’harmonise parfaitement avec l’ensemble du groupe; il convient à l’attitude pleine de langueur et d’abandon du jeune dieu qui, laissant échapper de sa main gauche le canthare où il vient de puiser l’ivresse, laisse retomber sa tête alourdie sur l’épaule de sa jeune compagne. Ce geste qui pourrait passer pour une trouvaille de l’artiste n’est qu’une réminiscence. Rien n’est plus fréquent dans la statuaire de l’époque gréco-romaine que les figures de Bacchus et d’Apollon qui, debout ou assis, posent ainsi le bras sur leur tête 1 ; la même attitude est donnée aussi très souvent à Ariane dormant, comme on le voit dans la célèbre statue du Vatican et dans bien d’autres monuments 2. Cette attitude n’est même pas, comme on pourrait le croire, particulière à l’époque hellénistique : on en a des exemples dès le ve siècle sur les peintures de vases 3.
La panthère, placée aux pieds du jeune couple, est, comme le cantliare et la couronne de pampres, un attribut usité de Dionysos que nous avons déjà signalé 4.
Ces deux groupes sont encore instructifs par un curieux détail de fabrication dont nous ne connaissons pas d’autre exemple. Chacun d’eux porte au revers trois petits tenons de terre cuite, percés d’un trou central, qui ont été fixés après coup dans la pâte par le procédé connu sous le nom de chiquetage , dont la trace est encore visible autour de ces saillies. Ils sont disposés assez irrégulièrement, comme le montrent les figures 45 et 46, au revers de chaque groupe où ils forment en quelque sorte trois anneaux de suspension. Nous avons
L Cf. Clarac, Mus. de sculpt., pl. 476 C, 477, 479, 480,493, 678 B, 690, 693, 694, 695, etc.
2. Mus. Pio Clement ., n, pl. 44; Clarac, iv, pl. 689, n° 1622; Müller-Wieseler, Dcnkm. d.alt. Kunst, n, pl. xxxv, nos 417, 418, 419; Mus. Borb., ni, pl. 6 ; Helbig, Wnndg. Camp., n° 1235; Matz et Dulin, Antik. Bildw.in Rom, nos 2256, 2259, 2261, 2263; Dütschke, Ant. Bildw. in Oberitalien, r, n° 52; ii, nos 50, 191 ; ni, n° 352, etc. Comparez les figures de Satyres dormant, la statue dite le Faune Barberini, le bronze du musée de Naples, etc.; Müller-Wieseler, il, pl. xl, n° 470; pl. xliii, n° 529. Voy. la notice de la pl. xxn, n°2.
3. Cf. Furlwângler, Annali, 1877, p. 89etsuiv., tav. d’agg. i; article Apollon dans leLexikon dcr Mytholog., de Uoscber, p. 461.