‹ La nécropole de MyrinaChapitre 337 sur 488 · Platon, Phædr., p. 230 B ; cf. Philostrate, Imag., n · texte numérisé non relu

Platon, Phædr., p. 230 B ; cf. Philostrate, Imag., n

3. Nous avons noté qu’à Myrina les figurines se trouvaient non-seulement à l’intérieur des tombeaux, mais aussi en dehors. Voy. p. 101.

4. Nous adoptons celte dénomination, et non celle de Faune, qui est d’un usage très fréquent, mais qu’on applique à tort à nombre de statues célèbres, le Faune à l'enfant, le Faune dansant, etc. Ce dernier nom est purement latin; il désigne une ancienne divinité italiole, Faunus, dont le type n’a rien de commun avec celui des Satyres (cf. Preller, Rom. Mytholog., 3e édit., I, p. 379 et suiv.; Reifferscheid, dans les Annali del! Inst. Arch., 1866, p. 224; Baumeister, Dcnhm. d. klass. Alterl., p. 323). Plus tard, comme dieu champêtre, protecteur des troupeaux et des bergers, on le confond avec d’autres divinités rustiques, comme Silvanus, et enfin avec les Silènes, Pans et Satyres, importés de Grèce dans le Panthéon romain. Ici nous avons affaire à une œuvre grecque, pour laquelle le nom de Faune serait tout à fait impropre. Il ne faut pas confondre non plus le Satyre, jeune et imberbe, avec Silène, barbu et plus âgé, ni avec Pan aux pieds et aux cornes de chèvre. Il y a eu pendant longtemps de lâcheuses

DESCRIPTION DES PLANCHES

goût très sûr ne le trompait pas; cette statuette mérite une attention spéciale. Elle occupe une place intéressante dans l’histoire des types de la plastique grecque et, dans la fabrique de Myrina, c’est une de celles qui se rapprochent le plus par la facture des grandes oeuvres sculpturales, où les coroplastes d’Asie-Mineure puisaient si librement leurs modèles. Nous avons fait reproduire 1a. terre cuite sous deux aspects pour qu’on puisse bien juger de l’expression de la ligure vue de face et qu’en même temps on se rende compte exactement du mouvement des jambes vues de profil.

A quelle période de l’art cette statuette appartient-elle? Comme nous l’avons dit, elle se distingue entre toutes celles de Myrina par une exécution très soignée et par un sentiment des formes plastiques qui fait visiblement effort pour s’élever à une exécution aussi parfaite que possible. Le modeleur est ici un véritable artiste et, si l’on ne peut lui attribuer l’invention du sujet, on sent du moins qu’il a lutté avec son modèle pour en reproduire toute la finesse et l’élégance.

Ce souci de la forme nous invite à reculer la date de cette statuette un peu plus que nous ne l’avons fait pour l’ensemble des autres terres cuites de Myrina, attribuées à une époque voisine de l’ère chrétienne 2. On pourrait peut-être remonter pour celle-ci au 11e siècle avant notre ère, et même au me siècle, à une époque où la fabrique de Myrina devait être dans tout l’éclat de ses débuts et où elle subissait l’influence directe et voisine des œuvres de la grande école de Pergame 3. En effet, nous sommes trop au courant des habitudes de la céramique ancienne pour supposer qu’un simple modeleur ait, de lui-même et de toutes pièces, créé cette ingénieuse et élégante composition 4. C’est évidemment un modèle, et sans doute un modèle devenu courant dans les ateliers, que le coroplaste a eu sous les yeux

confusions entre tous ces tenues dans les travaux archéologiques (cf. Becker, Augusteum , Dresde, n, p. 81-82; Visconti, Mus. Pio-Clement., ni, p. 54; Annali dell’ Inst, arch ., 1843, p. 273 ; ibid; 1877, p. 184-245, 447-450. La môme question avait été touchée par A. Veyries dans ses Figures Criophores, p. 40-43).

1. Elle a été publiée en vignette par M. Babelon, Gazette Archéologique , 1886, p. 306, avec un intéressant article sur le type du Satyre dansant.

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