‹ La nécropole de MyrinaChapitre 338 sur 488 · Voy. p. 166 et suiv., et la notice de la pl. x, n · texte numérisé non relu

Voy. p. 166 et suiv., et la notice de la pl. x, n

4. On trouvera quelques pages très fines de A. Veyries, Figures criophores, p. 35-38, sur les procédés de travail des coroplastes et sur leurs emprunts à la plastique.

et dont il s’est inspiré. Dès lors, la question de date change et se pose, non plus pour la figurine de terre cuite, mais pour la statue de marbre ou de bronze qui en a été le prototype. Pour celle-là, nous ne croyons pas qu’il soit nécessaire de remonter plus haut que le ni0 siècle.

Tous les détails de ce joli groupe s’accordent avec les caractères de l’art de cette époque, qu’on a appelé hellénistique , plus chercheur que naïvement inspiré, curieux des attitudes neuves et des contrastes piquants, merveilleusement habile et minutieux dans l’interprétation des formes. Nous avons comme point de comparaison une fort belle statuette de bronze du Musée de Berlin, trouvée dans les fouilles de Pergame, sur l’emplacement d’une maison antique où elle devait être fixée sur un meuble *. C’est également un jeune Satyre, debout sur la pointe des pieds, mais les jambes écartées, dans l’attitude d’un homme qui bondit en arrière, le bras droit levé au-dessus de la tète et prêt à porter un coup, sans doute avec le pedum qu’il tenait dans la main 2 ; le bras gauche abaissé porte une nébride dont l’extrémité flotte par derrière entre les jambes, et la main tient une syrinx à sept tuyaux à peu près égaux. Le sujet est, comme on le voit, différent do celui de Myrina; mais, dans le détail, on retrouve beaucoup de traits communs : les cheveux courts et drus, aux mèches rudes, le nez écrasé, l’arcade sourcilière très prononcée, la bouche largement fendue et grimaçant un rire qui découvre les dents 3, enfin une physionomie épatée et bestiale, avec un certain air de jovialité et de bonne humeur qui est sensible dans les deux œuvres ; dans l’une et l’autre, le personnage ne touche la terre que par la pointe des pieds, ce qui fait cambrer la jambe et saillir les muscles du mollet; dans toutes deux, le torse est curieusement fouillé ; enfin, l’attitude du bras gauche, qui tient ici le pan du manteau, là une syrinx, est sensiblement la même. Les deux œuvres sont, à mon avis, congénères ; elles procèdent des mêmes principes d’art, de la même recherche d’atti-

L A. Furtwængler, Der Satyr aus Vergamon (Vierzigstes Programm zum Winckeimannsfeste), Berlin, 1880, pl. i.

2. Il était probablement représenté jouant avec une panthère; on sait combien ce sujet est fréquent dans l’art grec. Cf. ibid., p. 6-7.

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