Id., n°s
8. Varron, De ling. latin. V, 23 : « Et quod terra sit liumus, ideo is humatus mortuus qui
Festus n’est-il pas plus explicite encore en disant qu’on coupait un membre du mort, en général le doigt, pour l’ensevelir selon les rites usités, pendant que le reste du corps était brûlé1? Ces prescriptions nous font voir que dans la plus ancienne période de la vie religieuse des Romains, l’ensevelissement du corps dans la terre même a dû être une règle constante; plus tard, quand l’usage s’introduisit de brûler les corps, on fut obligé de trouver un expédient pour ne pas enfreindre les lois du rite ancien, et l’on eut recours à cet étrange cérémonial de l’os resectum 2. Mais comme cette espèce de mutilation du mort devait éveiller quelque sentiment pénible chez les assistants, elle fut bientôt abrogée, en 450 avant J. -G., par la loi des Douze Tables dont le texte, assez obscur d’ailleurs, est cité par Cicéron 3. Néanmoins, il est à remarquer que cette même loi fait une exception pour les cas où la mort a lieu à la guerre ou en pays étranger 4. Il était donc permis dans ces circonstances exceptionnelles de détacher une partie du corps et de la rapporter aux parents qui l’ensevelissaient selon les rites. M. de Sacken 5 cite fort heureusement un trait de l’histoire de saint Arnulf qui montre que cette coutume avait persisté à travers les âges jusqu’au vne siècle de notre ère chez les populations païennes de l’Europe septentrionale : en 621, le parent d’un haut personnage, qui accompagnait le roi Dagobert dans un voyage en Thuringe , tomba gravement malade en route et l’on pensa qu’il n’avait plus que quelques heures à vivre; comme le voyage ne pouvait souffrir aucun retard , on décida qu’on brûlerait le corps et que lui ayant
terra sit obrutus... Ab co, quom Romanus combustus est, si in sepulcrum ejus abjecta gleba non est, aut si os exception est mortui ad familiam purgandam, donec in purgando humo est opertüs (ut Ponlifices dicunt, quod iuhumatus sit), familia funesta manet. » CL Cicéron, De lerjib. III, 22, 57.
1. Festus, Ep. p. 148 : « Mcmbrum abscidi morluo dicebatur, quom digitus ejus der.idebatur, ad quod servalum justa fièrent reliquo corpore combusto. »
2. L’expression est de Cicéron, De legib. II, 22, 55. Cf. Ilelbig, Annali delV List, arch., 1884, p. 126-127.
3. l)e legib. II, 24, 00 : « Cetera enim funebria, quibus luctus augetur Duodecim sustulerunt. Uomini, inquit, morluo ne ossa legito , quo post fuaus faciat. Excipit bellicam peregrinamque mortem. » Cf. Marquardt, Privatleben der Rômer, I, p. 363 et note 3.