‹ La nécropole de MyrinaChapitre 35 sur 488 · Tombeau n · texte numérisé non relu

Tombeau n

4. Et. Compte-Rendu de Saint-Pétersbourg p. 1867, p. x. D’après les textes des auteurs il devait Cire formellement interdit de mettre un corps étranger dans la tombe; cf. Démosthènes, Contre Euboulos, 28, p. 1078; Contre Macartatos , 79, p. 1307; Plutarque, Vies des orateurs, p. 838; Cicéron, De legilus, II, 26. Pour les inscriptions, cf. Vidal-Lablache, De titulis funebribus, p. 41-42.

LES TOMBEAUX

moutons. Parmi ces débris, quelques-uns peuvent appartenir aux mets que l’on plaçait à côté du mort dans son tombeau ; mais on sait aussi que l’habitude d’enterrer à part ou avec le mort certains animaux domestiques est familière à l’antiquité h

Pendant le cours de nos fouilles, nous avons noté au sujet des ossements une particularité qui, au premier abord, nous avait paru tout à fait étrange; mais, le fait se renouvelant à plusieurs reprises, il a fallu se rendre à l’évidence et reconnaître que plusieurs corps inhumés étaient privés de têtes 2. Nous avons depuis constaté que cette observation a été faite ailleurs, notamment dans la nécropole d’Hallstatt, en Autriche, où M. de Sacken a remarqué plusieurs fois ce qu’il appelle la crémation partielle 3. Elle y offre plus de variétés qu’à Myrina; tantôt c’est la tête seule qui manque au squelette 4 , tantôt la tête et les pieds 5; ailleurs, le corps tout entier a été brûlé, sauf la tête qui reste intacte 6, ou bien, au contraire, toute la partie supérieure du corps a été incinérée et les ossements des jambes restent seuls visibles 7. Le double procédé d’inhumation et d’incinération, appliqué au même corps, est donc un fait authentique, dont on doit tenir compte dans l’histoire des rites funéraires de l’antiquité, si étrange qu’il paraisse. On en trouve d’ailleurs la trace dans les textes anciens. Qu’est-ce, en effet, que cette loi des Pontifes à Rome, citée par Varron et Cicéron, qui prescrivait à la famille du mort, sous peine de rester souillée (funesta), de réserver un ossement du mort, quand il devait être brûlé, et de l’ensevelir dans la terre même, pour qu’il fût bien réellement inhumains 8?

1. Cf. Hermann, op. L, p. 381; Kaibel, Epigr. graeca, 329, 332, G23-627; Antholog. Palat. VII, 207, 208, 209, 21 1 et passim; Compte-Rendu de Saint-Pétersbourg p. 1861, p. x; 1862, p. xiv; 1866, p. xvm; Bullettino delt’ Instituto, 1878, p. 47; Dressel, Annalidell’ Instituto, 1884, p. 226, voit dans les ossements incinérés recueillis dans la nécropole d’Alife les restes du silicernium ou repas funèbre, ce qui est admissible pour les débris trouvés dans les terres avoisinant le tombeau, mais non pas pour ceux qui sont contenus dans le tombeau même.

2. Nos ouvriers avaient fort bien saisi d’eux-mêmes cette anomalie et disaient que c’étaient des tombes de zàswTatç (brigands) à qui l’on avait coupé la tète avant de les enterrer.

3. Von Sacken, Bas Grabfeld von Hallstatt in Oberôsterreich, Wien, 1868, p. 13-17, pl. IV.

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