PLANCHE XXXI
Personnage en costume phrygien tenant un fruit ou une fleur. — Yoy. Catalogue , n°215. L’interprétation de cette figurine soulève des difficultés sérieuses. Le costume phrygien, le bonnet et les anaxyrides 2 conviennent à une représentation d’Atys, dont le culte, répandu de bonne heure en Ionie8, a laissé des traces dans de nombreux monuments, entre autres dans les terres cuites de Myrina 4, de Tarse et d’Italie 5. L’ambiguité du sexe, accusée par la forme de la poitrine, est conforme aux idées que les anciens se faisaient de l’amant de Cybèle 6 ; on la retrouve d’ailleurs dans une statue découverte à Ostie, dont l’attribution est confirmée par un texte épigraphique, et qui représente Atys nu couché, avec tous les caractères d’un hermaphrodite 7. Il est moins aisé de rendre compte des trous pratiqués au revers des épaules et destinés à l’insertion des ailes. Faut-il les expliquer par une distraction du coroplaste, ou par la prédilection des artistes de Myrina pour les figures ailées, alors même que rien, dans
mythol., pl.97, n°374 Compte-Rendu p. 1864, p. 31. Sujet analogue sur une lampe de bronze, Montfaucon, Antiq, expliquée, t. V, pl. 165.
1. Stephani, Compte-Rendu p. 1864, p. 32. On trouve au contraire Éos et Séléoé avec des chevaux ailés, ibid., p. 47, 48. Ajoutons que le trou accidentel qui se voit sur l’épaule du cheval, dans la terre cuite de Myrina, n’a pas pu servir à l’insertion d’une aile mobile.
2. Cf. notre Catalogue, n0B 279 bis, 280, 281, 366; les nos 766, 796 du Catalogue des terres cuites et autres antiq. du Louvre; Clarac, Musée de sculpt., pl. 213, n° 779 ; pl. 214, m 506; pl. 559, n° 1189; pl. 560 A, n°s 1189 A, B ; pl. 827, n° 2083; pl. 828, n° 2076; pl. 829, n° 2078. Le même costume est attribué à Adonis, à Mithra, à Mèn et à Paris. Sur le costume phrygien, voy. le Dictionnaire des Antiq. de Saglio, t. I, p. 673.