Annali dell’ Inst., 1869, p
12. Porphyre cité parEusèbe, Præp. Evangel., ni, 11, p.110 c; Saint Augustin, De civit. Dei, vu, 23; Firmicus Malernus, Bc errore, 2; Macrobe, Satura., i, 21.
13. Sur le pavot, cf. Stephani, Compte-Rendu p. 1869, p. 19, 47-49; 1874, p. 14.
DESCRIPTION DES PLANCHES
une tête de pavot que la statuette de Myrina tient à la main. On pourrait aussi penser à la section d’une grenade, mais ce fruit n’offre pas les compartiments et les cupules si nettement indiqués par le coroplaste dans l’attribut d’Atys l.
On sait que le pavot est une des plantes sacrées de Déméter et joue un rôle important dans ses mystères 2. Sur un bas-relief en bronze du Musée de Berlin, représentant Cybèle et Atys, la déesse tient de la main droite une tête do pavot 3 ; l’analogie entre Déméter et Cybèle explique suffisamment cet emprunt. Le pavot avait-il été mis en relation avec Atys par quelque légende qui ne nous est pas parvenue ? Il n’est pas interdit de le supposer. A l’époque romaine, cette fleur qui donne le sommeil, soporiferum papaver , est très fréquemment attribuée à Ilypnos 4. Or, des divinités orientales identiques à Atys paraissent souvent, à la même époque, sur les pierres tombales, comme symboles du sommeil ou de la mort 5 6. A quel siècle remonte, en Asie-Mineure, la conception d’Atys comme divinité funéraire? C’est ce qu’il nous est impossible de préciser®, mais cette conception une fois répandue, il était naturel de compter la fleur du pavot parmi les attributs du dieu Phrygien. Atys n’est qu’un doublet de Mên, avec lequel il s’est confondu de bonne heure 7 ; or, une inscription récemment découverte à Iconium, où est mentionné M-qv xaTcr/Qovto;, a définitivement établi la nature funéraire de ce dieu 8. S’il nous
1. M. Léo Errera, professeur de botanique à l’Université de Bruxelles, me fait savoir que le plateau surmontant la tête du pavot cultivé, papaver somniferum, est marqué de 10 à 12 rayons (stigmates.) D’après A. de Candolle ( Origine des plantes cultivées, 2e éd., p. 320), il est possible que l’on ait cultivé d’abord la forme appelée papaver setigerum, avec huit rayons stigmatiques seulement. Les échancrures alternant avec les rayons sont un détail intéressant, car le plateau du pavot présente des échancrures toutes semblables. Quant au nombre des stigmates, il a pu être réduit par le coroplaste soit au tiers, soit à la moitié du chiffre réel.