‹ La nécropole de MyrinaChapitre 372 sur 488 · PLANCHE XXXII · texte numérisé non relu

PLANCHE XXXII

1. Groupe de deux enfants avec un oiseau. — Voy. Catalogue , n° 306. Les deux enfants semblent considérer avec attention l’oiseau posé sur le bras du plus petit *. Leur attitude pleine de grâce n’a pas besoin d’être expliquée 1 2 3. La main posée sur le sommet de la tête est un motif assez rare dans les terres cuites de Myrina, mais dont l’art de l’époque hellénistique offre de nombreux exemples pour exprimer la rêverie ou le repos sans contrainte4 5.

2. Melpomène. — Voy. Catalogue , n° 203. Une tradition datant de l’époque alexandrine et attestée par d’assez nombreux monuments prête à la Muse de la tragédie, Melpomène, l’attitude qui caractérise notre figurine s. L’attribut de Melpomène est généralement un masque tragique, tantôt porté à la main, tantôt posé sur le revers de la tête. Le bras droit de notre statuette était sans

1. Dans la légende d’Atys, l’idée de la mort est étroitement liée à celle de la résurrection (Salluste, De diis et mundo ,4; Plutarque, De lside et Osiride, 69; Firmicus, De errore, 3.) C’est ce qui explique sa présence sur les monuments funéraires romains. Cf. Rapp, dans le Lexikon der Mythologie de Roscher, p. 718 et suiv. ; Ilenzen, Annali dell' Instit., 1856, p. 1 12.

2. Sur l’association des enfants et des oiseaux, voy. les listes de monuments dressées par Hermann, Der Knabe mit dem Vogel, Gœttingue, 1847; Raoul-Rochette, Monuments inédits, p. 233; Stephani, Compte-Rendu de Saint-Pétersbourg p. 1863, p. 53; Frœhner, Vases du Prince Napoléon, p. 41.

3. Le geste familier qui consiste à poser la main sur l’épaule d’un compagnon ou d’une compagne, particulièrement fréquent dans les groupes dionysiaques et dans ceux de Déméter avec Coré, a été plusieurs fois étudié par M. Stephani, Der ausruhende lier utiles, p. 205; Compte-Rendu p. 1859, p. 35; 1861, p. 39, 50, 131; 1862, p. 8, 60, 117; 1864, p. 147; 1868, p. 56; 1870, p. 162, 188; 1873, p. 9, 37, 251; 1874, p. 24; 1876, p. 188.

4. Ce geste se trouve dans de nombreuses statues d’Apollon, de Dionysos, d’Ariane, très souvent dans les figures d’Hypnos, une fois môme dans une statue romaine de Jupiter (Museo Borbonico, t. VI, pl. 52.) Voy. Stephani, Der ausruhende Herahles, p. 132 ; cf. les notices des planches xxn, n° 2 et xxv.

5. Museo Pio Clementino, t. I, pl. 19; Baumeister, Denkmàler des klass. Alterth., fig. 1183; Clarac, Musée de sculpture , pl. 205; pl. 506 B, n° 1045 A; pl. 512, n° 1039; pl. 513, n° 1045. Pour des terres cuites d’un mouvement analogue, voy. de Wilte, Cabinet Janzé, pl. x, 2; Kékulé, Terracottcn von Sicilien, pl. xlii, 1, 3, 4; Furtwængler, Collection Sabouroff, pl. 114; Frœhner, Collection Hoffmann, n° 62.

DESCRIPTION DES PLANCHES

doute appuyé sur le genou relevé et l’on peut supposer qu’il tenait un masque, comme dans quelques autres terres cuites représentant des Muses *. Les sandales épaisses et élevées sont une imitation sommaire du cothurne tragique 1 2.

Le geste du « pied relevé > est un de ceux que la statuaire hellénistique a empruntés à la peinture et aux bas-reliefs 3. Sauf dans un petit nombre de cas où il s’explique par une circonstance matérielle, tel que le fait d’attacher ou de détacher une sandale 4 et la présence do degrés 5, il sert à exprimer, d’une manière aussi simple que frappante, la réflexion mêlée d’un peu de rêverie. C’est pourquoi il a surtout été attribué à Poséidon 6, dont la physionomie a souvent quelque chose de sombre et de préoccupé, à Melpomène, à Hermès et aux divinités allégoriques. Lysippe, auquel on a fait remonter l’introduction do ce motif dans la statuaire, paraît l’avoir prêté à un portrait d’Alexandre 7. La signification primitive en est bien marquée dans l’Antiloclios décrit par Pausanias que Polygnote avait représenté parmi les peintures de la Lesché de Delphes 8. De nos jours il a été donné par Ingres, avec la même nuance de sentiment, à l’Œdipe interrogé par le Sphinx de la collection Duchâtel 9.

3. Bacchant et Bacchante . — Vo y. Catalogue , n° 183. Ce groupe bachique doit être rapproché de ceux qui ont été décrits plus haut

1. Frœhner, Terres cuites d’ Asie-Mineur e, p]. 24; Collection Gréau , pi. 20, 55; Heuzey, Figurines du Louvre, pl. 31, 3; Cartault, Collection Lecuyer, pi. C2.

2. Voy. l’art. Cothurnus dans le Dictionnaire des Antiq. de Saglio, p. 1543-1547.

3. Overbeck, Kunstmythologie , t. III, p. 247; K. Lange, Bas Motiv des aufgestützten Fusses in der antilien Kunst , Leipzig, 1879; Furtwængler, Collection Sabouroff , pl. 114 et 115; Stephani, Compte-Rendu de Saint-Pétersbourg p. 1875, p. 33. Pour les représentations les plus anciennes en peinture et dans les bas-reliefs, cf. Gerhard, Auserlesene Vasenbilder, pl. 144; Akademische Abhandlungen, pl. xvui, 2 et les deux premières références de la note suivante.

4. Overbeck, Geschichte der Plastik, t. I, fig. 82 (Nilcé Aptère); Michaelis, Der Parthenon, pl. 9, nos 12, 29; Lambeck, De Mercurii statua vulgo Jasonis habita, 1866; Wolters, Gipsabgûsse, a0 1533; Frôhner, Notice de la sculpture antique, t. I, p. 210 (motif décrit par Ghristodore, ”Exyp«o\, 297-302); Kékulé, Terracotten von Sicilien, pl. xlii.

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