Monumenti dell’ Instituto, t. VI, pl
6. Clarac, Musée de sculpture, pl. 743, 744; Overbeck, Kunstmythol., Atlas, pl. xn, n°s 16, 22, 29-31, pl. xiii, n° 10. Le plus bel exemple est le Poséidon colossal découvert en 1879 à Milo et encore inédit.
7. Cf. l’Alexandre de Munich, gravé dans les Denhnàler de Baumeister, fig. 46.
8. Pausanias, x, 30, 3 : 'Avruo%oç tov ptev jftEpov sni nér p«ç twv noiïüv, ro dî 7rpô<rw7rov t r;v xtfcDyv èni r«ïç %epah «ptyori ’patç e^gjv.
9. Gravé par Gaillard, Les Beaux-Arts à l’Exposition de 1878, t. I, p.227.
(pl. vii, n° 3 et pl. xxv), mais l’analogie des trois compositions n’est que très générale. Chacune se distingue par un sentiment différent et par des détails particuliers.
Lorsque l’on jetait une pomme à une femme et qu’elle la gardait, c’était signe qu’elle acceptait les offres d’amour dont la pomme était
la messagère et le symbole L Est-ce pour cela que notre coroplaste a donné une pomme à la Bacchante? Nous n’oserions pas l’affirmer; peut-être n’en voulait-il pas dire si long 2. Le geste par lequel le Bacchant lève sa draperie a été souvent interprété comme nuptial ou érotique, comme impliquant, suivant l’expression de F. Lenormant, « une idée d’hiérogamie ». Aussi Lenormant n’hésitait-il pas à voir un Aphroditos dans une statuette d’éphèbe de terre cuite faisant le même geste 3. Notre groupe ne contredit pas l’interprétation proposée, mais nous ne pensons pas qu'on doive en exagérer la valeur : la langue des gestes n’a qu’une grammaire indécise, où le caprice et la fantaisie restent toujours les maîtres.
Le caractère amoureux paraît d’une manière plus claire encore dans le groupe que Fig. 50. " l’on a reproduit ici par la gravure (fig. 50), le
dépôt calcaire dont il est entièrement revêtu ne permettant pas de le faire figurer sur nos planches L Au premier aspect on reconnaît une
L Cf. Stephani, Compte-Rendu de Saint-Pétersbourg p. 1860, p. 86; 1872, p. 160; 1873, p. 17. Voy. surtout Diogène Laërce, ni, 23 :
T<ii u.'rïtM [Scillu et, <yù <?’ ci psv éxoütra va}, tic; ut, iïsEuy.é'Jï), r/jç enjç nupôsviyç p.ETat?o;.
2. Théocrite, dans un passage assez obscur ( Idylles , ii, v. 120), parle des pommes de Dionysos comme de symboles érotiques, y.oÙM p'ev h xolnoiei Atcowo’oio yvkdacruiv.
3. Lenormant, Gazette archéologique, 1878, p. lal-152 et pl. 27. Cf. Cartault, Collection
Lecuyer, pl. V3.
4. Pour la description, voy. le Catalogue, n° 273. Un autre groupe presque identique, où les personnages sont également sans ailes, a été découvert au cours de nos fouilles, mais il ne fait pas partie de la Collection du Louvre. Un troisième, où la tête d’Éros manquait, a été signale plus haut, p. 83, n° 3.
DESCRIPTION DES PLANCHES
de ces nombreuses répliques d’un motif célèbre dans la sculpture gréco-romaine, dont le groupe en marbre du Capitole, appelé Eros pA Psyché , est certainement la plus remarquable b Ces œuvres d’art ont été plus d’une fois énumérées 1 2, mais toujours d’une manière incomplète, et les découvertes de terres cuites, faites au cours de ces dernières années, apportent un complément notable à la liste publiée par M. Stepbani en 1880 3. La comparaison des monuments de cette série suggère plusieurs observations. Dans les plus anciens, les deux amants ont des ailes d’oiseaux4; dans les plus récents, on voit paraître les ailes de papillon attribuées à Psyché, mais souvent aussi les deux figures ne sont pas ailées ou bien les ailes ne sont données qu’à l’une ou à l’autre. En second lieu, malgré l’incontestable parenté de toutes les répliques, on peut distinguer quelques variantes. Tantôt les deux jeunes gens sont simplement juxtaposés, tantôt ils s’enlacent, tantôt enfin ils échangent un baiser. La femme est complètement drapée, ou demi-nue, ou sans aucun vêtement. L’àge des personnages varie également : ce sont le plus souvent des adultes,
1. Foggini, Mus. Capitol., t. III, pl. 22; Bouillon, Mus. des Ant., t. I, pl. 34; Clarac, Mus. de sculpt., pl. 653, n° 1501; üaumeister, Denkmàler des kl. Altert., fig. 1576.
2. Jahn, Archæol. Beitraege, p. 121; Leipziger Berichte, 1831, p. 153; Collignon, Essai sur les monuments relatifs au mythe de Psyché, 1877, p. 369 et suiv.; Stephani, Compte-Rendu de la commission de Saint-Pétersbourg p. 1877, p. 160. Cf. Wollers, Archciol. Zeit., 1884, p. 1-22; Frœhner, Collection Gréau, t. I, p. 35; Furtwængler, art. Éros dans le Lexikon der Mythol. de Itoscher, p. 1270.
3. Répliques en terre cuite : Bottier et Reinach, Catalogue des terres cuites et autres antiq., n° 639 (groupe de Myrina, Éros seul est ailé); Musée de la société archéol. d'Athènes, n° 1278 de l’inventaire, 642 du Catalogue inédit de M. Paris (Myrina); même collection, n° 1287 = n° 640 duCatal. inédit (Smyrne); Frœhner, Terres cuites d’ Asie-Mineur e, pl. 21, p. 50 (Smyrne); Collection Gréau, p. 54 (vignette) et pl. 62 (Asie-Mineure; cf. pl. 75, Éros avec papillon); Reinach, Mélanges Graux, p. 151, nos 24, 23 (Smyrne); Frœhner, Musées de France, pl. 32, nos 3 et 4 (fragments de Tarse); Lenormant, Revue archéol., 1878, t. II, pl. 19, p. 137 (Asie-Mineure); ibid., p. 138 (deux groupes de Tanagre signalés); Cartault, Collection Lecuyer, pl. B, n° 8 (identique à l’un des précédents); Furtwængler, Collection Sabouroff, pl. 133 (Asie-Mineure); Kékulé-Rohden, Terracotten von Pompeji. pl. 43, n° 3; Kékulé, Terracotten von Sicilien, pl. 49, n° 2; de Witte, Catal. Durand, n° 1643; Newton, Second vase room, t. II, p. 28, n° 224; Lenormant, Catalogue Raifé, n° 1073; Stephani, Antiquités du Bosphore Cimmérien, pl. 64, n° 9; Compte-Rendu p. 1877, p. 5; ibid., p. 167; Biardot, Terres cuites antiques, pl. 26, no 2 (cf. pl. 23). Il faut ajouter quelques groupes où l’échange du baiser est exprimé sous une forme tout à fait passionnée et érotique (Stephani, Compte-Rendu p. 1877, p. 180) : Minervini , Monum. di Barone, pl. 2, n° 4; Biardot, Terres cuites, pl. 25, n° 2; Lützow, Mùnchener Antiken, pl. 22, n° 2 et p. 39; de Witte, Cabinet Janzé, pl. 43.
4. Archæol. Zeitung, 1884, pl. I; Bull, de Cor r. Hellén ., 1884, pl. 15; Furtwængler, Collection Sabouroff, pl. 133. Voy. la notice de la pl. xxiv, n° 1.
parfois des enfants. Ces différences s’expliquent tant par le développement de la conception première que par celui des figures prises isolément. Nous avons déjà vu que le dévoilement du torse marque la transition entre les figures voilées et la nudité complète 1 ; nous avons vu aussi que l’art hellénistique et gréco-romain représente volontiers Éros et les éphèbes sous les traits de jeunes enfants 2. Le passage de la juxtaposition à l’enlacement, dans un groupe auquel l’idée de l’amour n’a jamais été étrangère, s’explique, sans qu’il soit besoin d’insister, par le goût croissant de l’art antique pour les images expressives de la passion.
La forme des ailes, leur présence ou leur absence, soulèvent des questions plus difficiles. Le papillon se disant en grec il était naturel d’attribuer les ailes de cet insecte à la personnification de l’âme dont le papillon devint le symbole. De quelle époque date cette personnification? C’est ce que le manque de textes ne permet pas de dire avec certitude. Les ailes de papillon furent parfois aussi données à Éros3, sans doute par analogie avec celles de sa compagne; on n’est pas -autorisé à croire que le génie ailé ou eïàwXov, l’Eros funéraire représentant l’âme, ait reçu des ailes de papillon par allusion au mot C’est seulement sur les sarcophages romains que le groupe d’Éros et Psyché a pris une signification funéraire, dont il n’y a pas trace dans les monuments antérieurs. Les plus anciens exemplaires de la série montrent qu’à l’origine ce fut Psyché qui reçut des ailes d’oiseau par analogie avec Éros. La jeune fille, en effet, n’est d’abord qu'un parèdre féminin du dieu, sans personnalité mythologique précise; c’est une création de l’art au même titre que les Centauresses, les Panisques4, les Nikés si fréquentes dans les terres cuites de Myrina et qui ne sont, comme nous l’avons dit plus haut5, que des Éros femelles, des génies de la beauté et de la toilette. Le développement de la légende d’Éros et Psyché, à laquelle 1 q Phèdre et le Banquet