Voy. p. 146 et
DESCRIPTION DES PLANCHES
de Platon peuvent avoir donné naissance l, eut pour résultat, dans le domaine de l’art, la constitution du type de Psyché avec les ailes de papillon qui lui sont propres 2. L’amante anonyme d’Éros reçut un nom et des attributs distincts.
Nous avons vu que ce type, parfaitement caractérisé, figure dans la série des statuettes de Myrina (pl. xxiv, n° 1) 3; il devint très fréquent à l’époque romaine, tantôt isolé, tantôt groupé avec Éros. L’absence des ailes, dans un grand nombre de représentations \ tient d’une part au désir des sculpteurs de supprimer ces accessoires incommodes qui n’étaient pas indispensables à l’intelligence d’un motif connu" de tous, de l’autre, à cette tendance de l’art grécoromain, que nous avons déjà souvent signalée 5, de rapprocher les sujets mythologiques des sujets de genre, de diminuer l’intervalle entre le monde des dieux et celui des hommes, de traiter les enfants comme des Éros sans ailes, les Eros comme des enfants idéalisés0. On a pu se demander 7 si le motif primitif, créé probablement au ive siècle et que M. Brizio 8 voudrait attribuer à Gépbisodote le Jeune, fils de Praxitèle, ne représentait pas simplement une scène de tendresse juvénile sans allusion au couple d’Éros et Psyché. Nous ne pensons pas que cette opinion soit soutenable. Le hasard a voulu que l’histoire de Psyché ne parût que fort tard dans les œuvres de la littérature qui nous restent, mais certains indices permettent de penser que la conception primitive, sinon la légende tout entière, remonte à une époque assez ancienne 9. L’art attique du ive siècle a
1. Furtwængler, art. Éros dans le Lexikon der Mythol. de Roscher, p. 1 370; Wolters, Archaol. Zeit., 1884, p. 6. Il ne s’agit pas de la légende telle qu’elle est racontée par Apulée, mais seulement de la personnification de l’âme associée à la personnification de l’amour.
2. Dans les peintures de Pompéi, on trouve encore Psyché avec des ailes de papillon ou des ailes d’oiseau. Cf. Wolters, loc. laud., p. 6; Helbig, Wandg. Camp., n08 835, 84!, 842 etp. 166.