Voy. p. 138 et note
C. Klein, Arch. epigraph. Mittheil. ans Œsterreich, 1883, pl. 4.
DESCRIPTION DES PLANCHES
Collection Lecuyer : ces deux exemplaires 1 paraissent provenir aussi d’Asie-Mineure. Le modèle est évidemment emprunté à une oeuvre de sculpture, dont les répliques ne sont pas rares parmi les statues que nous avons conservées 2. Athénée rapporte que le sculpteur Lesbothémis avait fait une statue de Muse tenant la harpe (aatÆ’jKfi) qui se trouvait dans la ville do Mytilèno, à Leshos 3. Les portraits de Saplio, la fameuse poétesse de File, devaient être également connus des coroplastes de Myrina. Les sources d’inspiration ne leur manquaient donc pas : aussi les voyons-nous à plusieurs reprises s’exercer dans la représentation des Muses et varier avec aisance leurs compositions 4. La lyre est un attribut qui désigne habituellement Érato, la Muse de la poésie lyrique 5 ; cependant on trouve aussi cet instrument entre les mains de Melpomène 6 et de Terpsichore 7 : il n’y a sans doute pas de règles très précises à cet égard dans les œuvres de l’art alexandrin. En tout cas, c’est bien une Muse que nous verrions dans ces figurines, et non point une hétaïre, comme le veutM. Cartault 8 : la sévérité de l’ajustement et la dignité de l’attitude leur donnent une grâce chaste qui convient à des divinités. Un caractère un peu différent et des gestes plus mouvementés se voient dans une série de statuettes qui représentent la joueuse de lyre debout, en marche ou avec le pied posé sur une éminence, et paraissant chanter 9 ; on y pourrait reconnaître ces femmes poètes et musiciennes qui avaient acquis tant de célébrité en Béotie et à Lesbos.
1. Cartault, Collection Lecuyer, pl. D5, n° 2. Cf. Biardot, Terres cuites grecques funèbres , pl. xi, n° 2; Gazette archéologique, 1876, p. 91.
2. Clarac, Musée de sculpture, pl. 617, nos 1056, 1057; pl. 518, n° 1059; pl. 520, n° 1074 A; Museo Pio Clernentino, i, pl. 21.
3. Athénée, iv,80, p. 182 F; Overbeck, Schriftquell., n° 2083.
4. Voy. Catalogue, n"s 203, 204, et les notices des pl. xxxii, u° 2; xxs.iv, n° 6.
5. Antholog. Paint., ix, 505. Cf. la peinture de l’ompéi, au Louvre, a\ec l’inscription ’Epurù ÿo'.ÏToiocv ; Helbig, Wandgem. Campaniens, n° 865 ; Miiller-Wieseler, Denkm. d.alt. Kunst, n, pl. 58, n° 738.
6. Antholog. Palat., I. c., 504. Voy. la notice de la pl. xxxiv, n° 6.