Voy. p. 141 et suiv. et les notices des pl. xxn, xxxix
DESCRIPTION DES PLANCHES
vre d’art, mais où il est fort difficile de démêler si le coroplaste a eu, comme ses prédécesseurs, une intention religieuse : bien souvent on voit qu’il aboutit au sujet de genre ou même à la caricature. Cette fantaisie, qui n’exclut pas le souvenir d’un type plus ancien et plus sérieux, fait le charme de notre figurine. Quand la jeune Coré fut enlevée par le dieu des Enfers, elle folâtrait avec les Océanides et cueillait dans une verte prairie « les roses, la fleur de safran et l’berbe des prés, le glaïeul, l’hyacinthe et le narcisse que par les conseils de Zeus la Terre fit naître pour séduire la vierge au teint frais et favoriser les desseins de Pluton 1 ». De nombreux reliefs de sarcophages, qui retracent cet épisode, montrent à côté de la jeune fille agenouillée ou déjà saisie par son ravisseur une petite corbeille ou un vase en forme de calatlios, qui gît à terre renversé et d’où s’échappent les fleurs que venait de cueillir la déesse 2. Cet accessoire offre beaucoup de ressemblance avec celui qu’on voit dans le monument myrinéen; nous ne doutons pas que les représentations si fréquentes de l’enlèvement de Coré n’aient inspiré l’oeuvre du coroplaste. Mais il y a introduit une variante : la jeune fille fait le geste de verser sur ce vase rempli d’herbes et de fruits le contenu d’une fiole en forme d’alabastre qu’elle tient dans la main droite.
Cette variante même est, à mon avis, empruntée à une cérémonie religieuse qui, dans le culte alexandrin, a des rapports intimes avec la légende de Déméter et de Coré : ce sont les fêtes d’Adonis et d’Aphrodite, ’AScévsia ou ’ASdma. M. Saglio a résumé avec beaucoup de netteté 3 ce qui a trait à ces fêtes célébrées avec solennité dans presque tous les pays grecs à l’époque alexandrine, c’est-à-dire au moment même où fleurissait la fabrique de Myrina. Un des rites particuliers de ce culte consistait dans l’offrande de corbeilles (appi^oç, xocpivo;), de vases d’argile (ôsTpobua, ^Apa) ou même de simples tessons (yacrTpai, yàçrpia) dans lesquels on avait fait germer toutes sortes de