Sur la découverte, voy. p. 36C
DESCRIPTION DES PLANCHES 45 9
le nom de Faune à V enfant L Peut-être faut-il voir dans ces monuments la reproduction d’une statue qu’on admirait à Rome, au temps de Pline, et qui représentait un Satyre apaisant la soif cTun petit enfant avec un cratère , en compagnie de trois autres Satyres dans des attitudes analogues 1 2. Des peintures de vases nous montrent le jeune dieu confié par Hermès à Papposilène, mais avec une composition différente 3 4. Plusieurs peintures de Pompéi représentent aussi le vieux Silène tenant dans ses bras son jeune nourrisson b Enfin dans les terres cuites d’Asie-Mineure nous connaissons déjà quelques représentations de Silène groupé avec Bacchus enfant 5. Mais celle de Myrina est la première qui se rattache directement à un type de plastique connu. Nous ne pouvons cependant pas affirmer, à cause de l'état de mutilation de cette figurine, qu’elle ait reproduit dans toutes ses parties le groupe sculptural. Les jambes manquent et il est possible que la partie inférieure du corps ait été terminée simplement en forme de gaine ou de terme, comme on le remarque précisément dans une autre statuette de Silène barbu de très beau caractère, trouvé à Myrina (pl. vin, n° 2). Tel qu’il est, ce fragment de groupe compte au nombre des plus intéressantes trouvailles de A. Veyries. Il montre encore une fois l’imitation intelligente de la grande plastique qui est un trait propre aux coroplastes d’Asie-Mineure 6. L’exécution en est tout à fait fine et soignée. L’artiste s’est inspiré de la grande tradition du ive siècle qui a embelli
1. Bouillon, Mus. des anliq ., i, pl. 54; Clarac, Mus. de sculpt ., ht, pl. 333, n° 1556; Millin, Gai. mytholog., î, pl. 59, ri0 231 ; Frôhner, Notice de la sculpture ant., n° 250. Cf. encore Mus. Chiaramonti , n, pl. 12; Matz et v. Duhn, Ant. Bildwerke in Rom, nos 471, 472. Nous avons dit plus haut (p. 372, note 4) pourquoi la dénomination de Faune n’était pas bonne. Celle de Satyre ne conviendrait même pas ici, h cause de l’àge du personnage: c’est un Silène. La même attitude est cependant parfois prêtée à de jeunes Satyres; ef. Clarac, op. I., iv, pl. 708, n° 1680 C.
2. Pline, xxxvi, 5 (8). « Multa in eadem schola sine auctoribus placent : Satyri quattuor, ex quibus unus Liberum Patrem palla velatum humeris præfert, alter Liberam similiter, tertius ploratum infantis cohibet, quartus cratere alterius sitim sedat. »
3. Voy. par exemple Stackelberg, Grciber der Hellen., pl. 21; Mus. Etrusc. Gregor., ii, pl. 26, n° 1 a; Ileydemann, Vasensamml. Neapel, n° 2231; Santangelo , n° 283; Furtwângler, Vasensamml. im Antiquarium, nos 2055, 2925.