‹ La nécropole de MyrinaChapitre 445 sur 488 · Cf. notre Catalogue, n · texte numérisé non relu

Cf. notre Catalogue, n

8. Champfleury, Essai sur la caricature antique, 1867, et Lettre à M. Mérimée, dans la Gazette des Beaux- Arts, 1809, i, p. 269; Chassang, La caricature et le grotesque dans la poésie et l'art des Grecs , dans l’ouvrage intitulé : le Spiritualisme et l’Idéal dans l'art et la poésie des Grecs, 1808; Wright, IListory of caricature, 1875, trad. par O. Sachot, 1878 ; Parton , Caricature in ail limes, 1877; Panofka, Parodien und Karrikaturen, 1851; Flôgel, Geschichte des Grotesk-komis- >hcn, 2e édit., 1862. Cf. Lcnormnnt et de Witte, Élite des monuments céramographiques, i, ]i. 93 et note 3; Perrot, Monuments grecs publiés par l'Association pour l’encouragement des Études grecques, 1876, p. 25 et suiv.

DESCRIPTION DES PLANCHES

ont mis au jour un nombre considérable de terres cuites, qu’on peut considérer comme les chefs-d’œuvre du genre et qui étaient inconnues il y a vingt ans. Sans avoir la prétention d’épuiser une matière qui demanderait de longs développements, je profiterai des figurines rassemblées sur cette planche et sur la précédente (nos 1, 2, 3) pour présenter quelques observations d’ensemble sur cette intéressante question.

On a recherché si la caricature, très usitée dans] la céramique, avait ses origines dans la grande peinture. On a invoqué différents textes des auteurs anciens comme des témoignages |de la liberté spirituelle que se permettaient déjà certains artistes du ve et du ive siècle. Je ne crois pas, pour ma part, qu’une lecture attentive de ces passages confirme l’opinion généralement reçue et je n’y trouve aucun indice sérieux qui indique, à cette époque, l’emploi de la caricature au sens propre du mot. La plus ancienne allusion à ce genre se trouve dans l’histoire du poète satirique Hipponax qui aurait, par l’âpreté de ses sarcasmes, forcé à se pendre les sculpteurs Boupalos et Atbénis, coupables d’avoir exposé au public un portrait qui ridiculisait ses traits 1 2 : la première œuvre de caricaturiste daterait donc du vie siècle. Outre les faits légendaires contenus dans ce récit, dont l’exagération est évidente, on remarquera qu’il s’agit là d’une vengeance isolée qui n’a pas eu pour effet de créer un genre particulier et que d’ailleurs la physionomie du poète, au dire de Pline, prêtait par elle-même au ridicule*. Le vrai créateur de cet art satirique serait Pauson, contemporain d’Aristophane3. Mais que dit Aristote à propos de ce peintre? Qu’il représentait les hommes plus laids que nature (-/eîpou;), tandis que Polygnote les faisait plus beaux (xperrrou;) et Denys tels qu’ils sont (ôaoiou;) 4. N’est-ce pas ce que nous appellerions de nos jours un peintre réaliste , qui se plaît à représenter le type humain dans ses laideurs et ses difformités, et ne voit-on pas que le comparatif xpeî-rrou; s’oppose à cet idéal de Polygnote que le

1. Pline, Hist. Nat., xxxvi, H ; Overbeck, Schriftquellen, n° 314,

2. Pline, l. c. « Hipponacti notabilis fœditas vultus erat. »

3. Cf. Champfleury et Panofka, op. I. ; Perrot, l. c., p. 31 et note 1; Gebhart, Essai sur ta peinture de genre, 1868, p. 5.

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