Helbig, Wandgem. Campaniens, n
romaines. Mais, pour expliquer ce goût dans la peinture alexandrine elle-même, il faut tenir compte de deux éléments importants : la fable qui occupe une place assez importante dans la littérature de l’époque gréco-romaine et la tradition venue des œuvres de l’ancienne Égypte qui n’avait pas dédaigné la bouffonnerie, comme l’attestent les papyrus satiriques qu’on attribue à la xixe dynastie l.
2° Personnages à têtes d’animaux. Citons comme spécimens une femme à tête de truie qui joue du tympanon 2, des hommes à tête de singe, de rat et de grenouille 3. Une célèbre caricature de Pompéi représente Énée portant son père Anchise et conduisant par la main son fils Ascagne, tous trois avec des têtes de singes ou de cliiens 4. Il est probable que les cérémonies du culte isiaque, qui de l’Égypte s’étaient répandues dans tout le monde grec, ont contribué à vulgariser ces types qui sont empruntés aux plus anciennes représentations de la religion égyptienne et qui plus tard ont fait partie des mascarades sacrées, formant cortège aux divinités alexandrines 5 ; mais il ne faut pas oublier que, de leur côté, les chœurs comiques du théâtre grec avaient donné naissance à des combinaisons moitié humaines et moitié animales dont l’art a dû également faire son profit.
3° Types ethnographiques. Il était d’usage chez les riches, dans la Rome impériale, d’avoir des serviteurs nègres. Cette mode était venue d’Alexandrie, centre important pour les marchés d’esclaves éthiopiens et libyens c. Aussi trouve-t-on dans les monuments de l’art alexandrin quelques figures qui montrent que les traits de la race noire ont été curieusement étudiés par les artistes de cette région 7. On rapporte à l’époque hellénistique quelques admirables
1 . Voy. Perrot et Chipiez, Histoire de l’art, i, p. 802 et suiv. ; Champfleury, op. I., p. 5 et suiv.