‹ La nécropole de MyrinaChapitre 455 sur 488 · Ibid., pl · texte numérisé non relu

Ibid., pl

DESCRIPTION DES PLANCHES

figures de bronze qui offrent tous les caractères du réalisme puissant dont les Alexandrins ont été sans doute les créateurs l. Les terres cuites de Grèce et d’Asie reproduisent assez fréquemment la figure du nègre 2 et la nécropole de Myrina en a fourni un exemplaire qui a été étudié précédemment (pl. xlvi, n° 2). A côté de ces Éthiopiens on peut placer certaines figurines qui reproduisent un type barbare dans lequel on voudrait reconnaître des Galates 3; elles proviennent toutes d’Asie-Mineure.

4° Caricatures d’hommes et de femmes du peuple, bateleurs, esclaves, paysans, marchands et soldats. C’est la série la plus riche et celle où l’esprit satirique des modeleurs s’est donné le plus librement carrière 4. Il semble qu’ils n’aient eu qu’à regarder autour d’eux,

1. Rayel, Monuments de l’art antique , pl. 57, 58; Chabouillet, Catalogue général, nos 3078,

2. Heuzey, op. L,pl. 55, n° 6; Collection Lecuyer , pl. I5, n° 2; Stackelberg, Græber der Hellenen , pl. 49, n° 3; Panofka, Cabinet Pourtalès, pl. 30, n° 3; Pottieret Reinach, Catalogue des terres cuites et autres antiquités du Louvre, nos 687, 786, 787 ; Martha, Catalogue des figur. d’Athènes, nos 958, 962. M. Perrot ( Monuments grecs, 1876, p. 46) a remarqué que le type libyen a été donné à la Victoire qui conduit le char d’Hercule sur le vase du Louvre trouvé en Cyrénaïque. Cf. S. Reinach, Gazette des Beaux-Arts, t. XXXV, 1887, p. 332, où sont cités les ouvrages à consulter sur le type du nègre et voy. la notice de la pl. xlvi, n° 2.

3. Furtwængler, Collection Sabouroff, notice de la pl. 138; Catalogue de la Collection Rayet, n° 117; Schlumberger, Collection Lecuyer, pl. Z. Je ne suis pas, pour ma part, frappé de la ressemblance de ces types, du moins dans les monuments que j’ai vus, avec les statues connues de Galates mourant ni avec les terres cuites qui ont été publiées plus haut (pl. x, n° 1 et fîg. 43.) Cf. une figure de barbare, publiée par Rohden, Terracotten von Pompeji, pl. 36, n° 3.

4. Hommes grotesques. — Ficoroni,Le maschere sceniche, 1748, pl. ix, n°2 (bronze); pl. vm, n° 9, xxvi, n° U, xxxiv, xxxv et lxxxii, n° 2 (pierres gravées); pl. lxxix, n° 2 (lampe); Compte-Rendu de Saint-Pétersbourg p. 1869, pl. ii, n0B 4, 7, 8, 10,11; pl. iii, n° 14; 1870-71, pl. v, nos 9, 10; 1873, pl. iii, nos 6, 7, 8; 1874, pl. i, n° 8; 1877, pl. v, n° 11 (tète); Campana, Opéré antiche in plastica, pl. 115; Furtwængler, Collection Sabouroff, pl. 138 (4 têtes); Heuzey, Figurines antiques du Louvre , pl. 54, n° 3; pl. 56, nos 5, 6; Martha, Catalogue des figur. d'Athènes, nos 64, 66, 423, 677, 927, 931, 932,937 à 944; Pottier et Reinach, Catalogue des terres cuites et autres antiq. du Louvre, nos 705 à 7Î)8, 769 à 781, 832; Schone, Gr. Reliefs, n03 139, 141 ; de Witte, Cabinet Janzé, pl. H; Panofka, Terracott. im kônig. Mus., pl. xxxv, n°2; Stackelberg, Graber der Hell.,- pl. 79; Kékulé, Terracotten von Sicilien, pl. 51, 52; Rohden, Terracotten von Pompeji, pl. 36, 40, 41, 50; Collection Lecuyer, pl. Z, Q2, n° 2, D4, E4, n° 4, G4, n° 6, G5, n° 3, I5, n°s 1, 5, 6, 7, L*; Arch. Zeitung, 1863, pl. 173 ; 1883, p. 272; Arch. Anzeiger, 1854, p. 453; Catalogue Bayet, n°s 114 à 118, 129 à 134; Rayet, Monuments de l’art antique, ii, pl. 87, 88, 89; Riardot, Terres cuites grecques, pl. vu, xv, n°* 2 et 4; Frœhner, Collection Gréau (terres cuites), pl. 43, 54, 64, 69, 82, 98, 105 ; Collection Gréau (bronzes), nos 266, 267, 348, 383, 387, 388, 983 à 986 et pl. 33; Musées de France, pl. 31,n°3; LenormSint, Collection Raifé, nos 1189àll91 (deux de ces terres cuites proviennent d’Alexandrie); Catalogue des objets antiques trouvés à Arsinoé de Chypre * 1887, nos 204, 205;

dans les rues et sur la place publique, pour saisir sur le vif toutes ces physionomies triviales ou comiques qu’ils ont rendues avec la verve la plus amusante. Ils en exagèrent la laideur par des procédés différents de ceux qu’on observe sur les personnages de comédie et sur les masques scéniques. Le crâne, généralement chauve, est presque toujours déformé, étroit et pointu, démesurément allongé en arrière. Point de sourcils arqués et relevés avec des prunelles rondes, comme dans les figures d’acteurs, mais de petits yeux bridés et fendus en amande, dont le regard, indiqué par un coup de pointe d’ébauchoir, paraît vivant et expressif sous la paupière tombante h Le nez n’a pas la forme aplatie et retroussée de la majorité des masques comiques; il a un développement beaucoup plus exagéré et est généralement crochu. La bouche, à peine entrebâillée ou largement ouverte par un cri, se contourne et grimace, au lieu d’avoir la régularité conventionnelle des masques scéniques. Les oreilles, souvent énormes et détachées de la tète, ressemblent à deux anses qui encadrent la physionomie joviale ou piteuse du personnage. La différence n’est pas moins accusée dans l’exécution du corps. Dans les figurines nues, il est souvent d’une maigreur excessive qui fait saillir les côtes de la poitrine; les bras et les jambes s’agitent comme des fils que le moindre heurt va rompre. Tous ces traits caractéristiques se retrouvent dans les jolies figurines de bronze, provenant d’Alexandrie, queM. Schreiber a publiées 2. On est frappé, en même temps, de la ressemblance que présentent ces grotesques

Sacken, Antike Bronzen , pl. xlvi, n08 5 et 6 (bronzes). Voy. aussi au Cabinet des Médailles deux bronzes, nos 3681, 3688, qui ne sont pas dans le Catalogue de M. Chabouillet ; Musée de Ravestein, à Rruxelles, n° 001 (bronze). — Femmes grotesques. Chabouillet, Catalogue général , n° 3098 (tête de bronze); Martha, Catalogue des figur. d’Athènes, n06 67 , 68 , 401, 640, 033 à 939; Pottier et Reinack, Catalogue des terres cuites et autres antiq. du Louvre, n08 7 8 3 à 783 (têtes); Collection Lecuyer, pl. G-4, n° 2; Schône, Griech. Reliefs, noS 138, 140, 142. Nous parlerons plus loin de l’attribution de certains de ces types de femmes au cycle de Déméter. — Masques grotesques. Monumenti dell' Inst., 1880, pl. 18; 1881, pl. 32. J'y vois des masques de grotesques et non d’acteurs. On a fait des oscilla perces de deux trous de suspension avec les têtes de ce genre, comme avec les masques scéniques.

1. Comparez dans l’ouvrage de M. Martha, Catalogue des figur. d'Athènes, le n° 3 de la pl. vi avec les nos 1 et 4 qui sont des têtes d’acteurs.

2. 0/>. pl. 10 et H. Comparez une plaque de terre cuite, au Musée du Louvre, où l’on voit des bateliers et des portefaix grotesques dans un paysage égyptien; Campana, Opcre antiche in plastica, n, pl. 113; Champfleury, op. I., p. 174.

DESCRIPTION DES PLANCHES

avec le Géras grec qu’on voit sur les vases à figures rouges f. La personnification de la vieillesse débilitée par la débauche, qu’ont imaginée les peintres attiques, a eu certainement quelque influence, comme nous l’avons dit, sur ces productions de l’art hellénistique. L’exagération du phallus, qui est commune à la plupart de ces figurines, est un détail qui accuse encore plus la ressemblance avec le type grec : il est certain, en outre, que ce trait comique avait été popularisé depuis longtemps par le costume des acteurs de comédie 2. Par un contraste facile à comprendre, les coroplastes ont mêlé aux grotesques maigres des sortes de nains aux jambes courtes, aux formes lourdes et empâtées par la graisse. Ceux-là paraissent dériver du type des Pygmées qui se rencontrent également sur les peintures de vases et sur les fresques 3. M. Heuzey a démontré qu’il fallait aussi tenir compte des imitations comiques du dieu égyptien Ptah, qui a produit les Patèques et qui est devenu pour les Grecs une sorte de nain grotesque \

5° Caricatures de magistrats, fonctionnaires et grands personnages. Cette catégorie présente les caractères du type que nous venons d’analyser en dernier lieu. Ce sont des personnages à jambes courtes, pourvues d’un embonpoint majestueux et d’un visage replet qui atteste les habitudes de la bonne chère. Il s’y joint dans l’attitude un certain air de solennité burlesque qui les distingue de la tourbe criarde des gens du peuple. Plusieurs de ces grotesques appartiennent certainement à l’époque impériale. On reconnaît le fonctionnaire romain, proconsul ou préteur, à sa toge placée sur la tête, à la manière sacerdotale 5 ; on trouve même des caricatures d’empereurs, en particulier celle de Caracalla 6 dont les prétentions

1. Voy. plus haut, p. 481. Voy. aussi une coupe à figure rouge du Musée Grégorien qui représente un homme drapé, assis, à tête grotesque; Panofka. op. 1, pl. i, n° 10.

2. Aristophane, Nuées, 539: « .. roi; ■naiSioiç, ïV ç yeOwç ». Cf. Schol. ad. h. loc.

3. Voy. plus haut, p. 482. M. Lenormant a rapporté au Musée du Louvre une terre cuite de l’Italie méridionale qui représente un guerrier coiffé d’un casque, protégé par un bouclier et brandissant l’épée contre un coq, souvenir de la lutte des Pygmées et des Grues si fréquente sur les vases peints.

4. Catalogue des figurines antiq., p. 73 et suiv., 173, 231. Cf. Compte-Rendu de Saint-Pétersbourg p. 1869, pl. h, n° 12.

5. Froehner, Collection Gréau, pl. 54 et p. 49; Pottier et Reinach, Catalogue des terres cuites et autres antiq. du Louvre, n° 704.

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