‹ La nécropole de MyrinaChapitre 467 sur 488 · PLANCHE L · texte numérisé non relu

PLANCHE L

1. Support de rase en bronze avec ornements ciselés . — Voy. Catalogue ■, n° 492, et la notice de la pl. xlix.

2. Applique de vase en bronze ; éphèbe ailé sur un dauphin . — Voy . Catalogue , n° 488. Le vase auquel appartient cette applique a été trouvé dans un tombeau construit en pierres de taille, recouvert d’une seule plaque de tuf, qui mesurait 0m,52 en longueur et en largeur et 0m,65 en hauteur. Il était couché sur le flanc et l’orifice en était bouché avec un petit plat de terre cuite rouge sans ornements. La forme est la même que celle du xâ§ o; à hase pointue dont les anses ont été reproduites sur la planche précédente. L’intérieur était rempli de terre et d’ossements incinérés. A droite on a recueilli dans le tombeau cinq petites bouteilles en argile communes ; à gauche, des débris de feuilles de bronze, très minces et dorées, et environ deux cents grains de terre cuite dorés également. Sous le vase on a trouvé, séparées de la panse, l’applique de bronze qui fait l’objet de cette notice et deux anses de bronze sans ornements. Le peu de solidité de la soudure explique pourquoi ces objets d’applique sont généralement détachés des vases auxquels ils appartenaient l.

Moins grand et moins richement décoré que le précédent, le second •/.âSo; offre cependant une décoration intéressante. L’applique de bronze, représentant un éphèbe nu, ailé, appuyé sur un dauphin, s’adapte exactement à la courbure de la panse, à distance égale des deux anses. Cette plaque de bronze est fort mince; elle présente le travail ordinaire des pièces repoussées au marteau et découpées à l'emporte-pièce 2. Le groupe est supporté par une bande étroite, ornée de guillocliis en forme de postes. La plaque a souffert d’une très forte oxydation qui a produit une sorte de granulation sur toute la surface. Les détails sont moins travaillés et moins finis que dans l'autre vase: c’est évidemment un objet de moindre prix, mais qui ne laisse pas d’avoir son mérite. L’allure du groupe est élégante et hardie; les ailes déployées s’attachent d’une façon naturelle aux

L Cf. plus haut, p. 493 et note 3.

2. Cf. Saglio, Dictionnaire des Antiquités, art. Cælatura, t. I, p. 778 et suiv.

épaules du personnage nu; l’anatomie du corps est bien étudiée. Il y a pourtant une certaine lourdeur dans le dessin, principalement des jambes, et le mérite de l’exécution est inférieur à celui de la composition.

Les groupes où le dauphin est associé à Éros ou à un éphèbe comptent parmi les motifs favoris de l’art antique et s’expliquent par de nombreuses légendes, répandues dans les villes du littoral, qui attribuaient au dauphin une sollicitude affectueuse pour les hommes et en particulier pour les jeunes gens *. Les monuments de cette classe ont été énumérés plusieurs fois ils paraissent dériver de statues ou de peintures célèbres dont les anciens ont fait mention 3. L’éphèbe est tantôt ailé, comme sur les monnaies de Pæstum A et de Carteia en Bétique 5, tantôt sans ailes, comme sur celles de Tarente et de Corinthe. Les poses variées qu’on lui attribue dans ces images répondent aux différents épisodes de la légende que l’art avait figurés ; quelquefois ces variétés se rencontrent dans la série numismatique d’une même ville. Ainsi, sur les médailles impériales de Corinthe, l’éphèbe Mélicerte est à cheval sur le dauphin 5, debout ou étendu sur son dos 1 . Celles de Pæstum le représentent aussi à cheval et armé du trident8;

1. Plutarque, Sept. Sap. conv., 19; De solert. anim., 36; Lucien, Dial. Marit., 8; Athénée, Deipnosoph., xnr, p. 606 D; Pline, Hist. Nat., ix, 24; Aristote, Hist. Anim., ix, 35; Aulu-Gelle, Noct. Attic., vm, 8; Oppien, Halieut., v. 422. Les textes ont été réunis par M. Stephani, Compte-Rendu p . 1864, p. 204 et suiv.

2. Cf. plus haut, p. 339, note 8, et en particulier Stephani, Compte-Rendu de la commission de Saint-Pétersbourg p. 1864, p. 206-230, 245 ; 1870, p. 100, 135 ; 1873, p. 44; 1877, p. 110, 133, 142; 1880, p. 113; de Witte, Gaz. Archéol., 1879, p. 218; de Domenicis, Repertorio numismatico, 1826, t. I, p. 216; t. II, p. 5.

3. Hérodote, i, 24; Pausanias, ni, 25, 7; n, 30, 2; x, 10, 8; Dion Chrysost., t. II, p. 102, éd. Reiske. Cf. Stephani, Compte-Rendu p. 1864, p. 210 et suiv.

4. Poole, Coins of ancient Italy in the British Mus., p. 274. Cf. une monnaie impériale de Lampsaque, Mionnet, Description, t. II, p. 566, n° 335.

Page 1